MARCHE
La marche d'une hernie abandonnée à elle-même est forcément progressive : l'intestin est long et les enveloppes sont souples ; le premier ne se lassera pas de fournir et les secondes de recevoir. L'emploi d'un bandage n'aura souvent d'autre effet que de refréner ce développement indéfini.
Voilà ce que ne peuvent dire d'une manière générale, nos classiques les plus autorisés.
Il faut savoir cependant que le développement n'est pas indéfini dans les hernies congénitales, comme il l'est dans les hernies acquises.
Les hernies monstrueuses^ que nous avons observées chez les enfants de quelques mois, représentent un développement maximum^ et non pas l'état actuel d'un développement qui peut être poussé plus loin. Nous n'avons guère sous les yeux que la mesure des dimensions que présentent plus tard les hernies qui, sur le sujet devenu grand, paraîtront relativement petites.
C'est que ces hernies congénitales sont limitées aux dimensions du canal péritonéo-vaginal, dont le fond est marqué par le testicule, et dont le collet, fixé par l'entrecroisement du canal déférent et de l'artère épigastrîque, est incapable de subir le glissement péri-
supprime tout appareil. Les hernies sont guéries, ou plutôt elles ne donnent plus jamais lieu à aucua symptôme ni à aucun accident.
Quelque longtemps qu'on ait porté le bandage, il y a, dans bien des cas, des raisons pour craindre le retour du mal qui a disparu.
L'expérience nous apprend même, que, s'il doit reparaître, le danger sera d'autant plus grand que les apparences de guérison définitive auront duré plus longtemps, et qu'il vaudrait mieux, si une hernie ne devait pas être guérie, qu'elle récidive plus tôt, en pleine période de traitement ; on serait fixé au nfioins. Mais, nous l'avons dit, ce n'est pas la durée du traitement qui nous fixe.
A ce titre, on verra plus loin pourquoi nous préférons de beaucoup, à ces hernies dociles au traitement par le bandage et ne guérissant qu'en apparence, les hernies rebelles et progressives qui nous imposent d'emblée l'indication d'une intervention radicalement curatoire. Pour celles-là, on ne tarde pas à comprendre que les moyens de douceur n'ont rien à faire sur elles. On est fixé. Il n'y a pas d'illusion, mais il n'y aura pas de surprise.
La durée du traitement palliatif n'a effectivement qu'une signification très relative. En réalité, la raison de telle ou telle terminaison d'une hernie inguinale est tout entière dans son état anatomo-pathologique.
Les hernies qui présentent les malformations que nous avons décrites plus haut, ne reçoivent jamais du bandage pas même les apparences de la guérison; elles demeurent le plus souvent incoercibles, elles sont toujours incurables par les moyens de douceur; il n'y a que la restauration des parties malformées, que l'opération radicale, qui soit en état de les combattre avec succès.
Quant aux autres, elles guérissent par une sorte