PREAMBULE
SI j'avais à vous entretenir sur le patriotisme de De LoNGureir. : sur les actions valeureuses de ses dignes frères, d'IBERVILLE et de Ste. HELENE : sur le dévouement surhumain de DozLARD des Ormeaux et de sa spartiate bande de héros : si J'avais à vous faire admirer le zèle évangélisateur des Pères JoGces, de Bresœrur et LALLEMAND ; l'héroisme du vieux comte de FRONTENAC répondant à l'amiral Phipps par lu bouche de ses canons, aussi bien que d'autres preux dont les carrières constituent, suivant l'heureuse expression d’un de nos estimés gouverneurs. Lord Elgin, ‘ère héroïque du Canada,” ma tâche serait facile et les matériaux nombreux.
Le fécond mais silencieux passé est rempli de grandes figures qui illustrent notre drame historique : il fourmille d'hommes qui se sont distingués pendant leur vie et sont morts dans la gloire,
Mais mon but n’est pas de vous raconter les prouesses des hommes que nous trouvons burinées dans les premières pages de notre histoire. Je veux simplement vous relater quelques épisodes mettant en lumière trois des plus pures, des plus braves et des plus dévouées femmes qui aient illustré la première période de nos annales historiques.
Nous avons chez nous, de même qu'il s'en trouve chez d’autres peuples, de ces femmes qui ont laissé l'empreinte de leur pied sur le sable des temps. (+)
(*) Cette conférence à dé publié: dans les CANADIAN LEAVES, recueil des lectures données devant le CANADIAN CLUR, en JuiVier 1SS7, et combpiléss par M, Geo, M. Fairchild, Jr., de New-York,
€) Who have left their footprints on the sand of time.
Madame de Chambplain.
Une des premières qui apparaît dans nos glorieuses annales est la compagne de l'intrépide fondateur de Québec, Hélène BouzLe, la jeune femme à laquelle CrramPLAIN fut uni, et qui vint, en 1620 égaver les habitants de la solitaire et sauvage Nouvelle-France.
C'est le 3 décembre 1610 que Champlain épousa mademoiselle Boullé, dont le père Nicolas Boulle, était secrétaire de ia maison du roi. Elle n'était alors que dans sa douzième année, et avait été élevée dans les croyances calvinistes, la religion de son père. Sa mère, Marguerite Alice, d'abord catholique, avait épousé les croyances de son mari. Mais nous verrons plus tard que la jeune Hélène ne tarda pas à embrasser le catholicisme et devint un modèle de piété,
Dame Rumeur insinuait dans le temps que l'audacieux fondateur de Québec n'avait pas seulement obtenu la main d’une belle et noble française mais aussi le cœur d'une héritière. Quatre mile cinq cents livres de sa dot de six mille furent immédiatement mises à la disposition de l'époux pour l'armement de ses vaisseaux.
Cependant, il appert qu'avant son arrivée à Québec, la jeune femme ne vit que très peu son mari, qui était constamment absent ; soit qu'il naviguit dans des mers éloignées, soit qu'il fût en explorations ou qu'i! combattit contre les Indiens.
Champlain passa deux années en France, et s'étant défait de tout ce qu'il possédait, il engagea sa femme, qui avait alors atteint sa vingt-deuxième année, à laccomparzner au Canada. Ce à quoi elle consentit gaïment, en amenant avec elle trois dames de compagnie.
Grande fut la joie de la petite colonie au retour de leur brave gouverneur, de leur puissant protecteur ; immense fut l'admiration qu'inspirât laimable et toujours souriante femme qui l'accompagnait.
La première femme qui ait foulé le sol du Canada comprit bientôt ce que c'était que vivre à Québec en 1620.
C'était alors pour les colons une vie d’alarmes incessantes, accompagnée de scorbut et de famines périodiques ; de scènes de gloutonne-
s est la LLE, la n 1620 CR
noisclle ison du été élea mère.
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ne femnt ; soit rations
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rie et de débauches de la part des sales et grotesques sauvages campés aux environs du fort,
Deux ans après l'arrivée de Champlain dans la colonie, une nombreuse bande d’Troquois fit son apparition aux alentours de Québec. La crainte salutaire du mousquet de Champlain, dont ils avaient encore souvenance, les empêchait seule de faire incursion dans la ville.
Un jour que Champlain et la plupart de ses hommes étaient absents, le cri de guerre fut lancé : les femmes et les enfants s'enfermérent dans le fort : le couvent des Récollets, sur les bords de la rivière St. Charles fut attaqué.
Jugez de la stupeur de la gentille femme de Champlain, laissée seule dons le fort avec ses compagnes.
Pendant quatre hivers consécutifs, les colons eurent à subir les horreurs des tempêtes et le voisinage immédiat des sauvages, et néanmoins Madame de Champlain resta toujours ferme au poste du devoir.
Une de ses occupations favorites était de pourvoir aux besoins spirituels et temporels des enfants sauvages et de les visiter dans leurs wigwams. (*) Bientôt elle devint presqu'un dieu aux veux naïfs et reconnaissants des sauvages, et ils étaient portés à lui vouer une espèce de culte.
L'histoire fait mention des charmes de sa personne et de sa bonté afectueuse.
Dans ces courses à travers la forêt, elle portait ordinairement un article de toilette qui n'est plus de mode de nos jours : un petit miroir pendu au côté. Les sauvages prenaient un vif plaisir à regarder leur figure basannée se réfléchir dans la glace magique. L’eflet de réflexion produit par le petit miroir leur faisait dire tout naïvement : “Une femme aussi belle, qui prend soin de nous pendant nos maladies, et qui nous aime tant qu’elle porte notre image tout près de son cœur doit être plus qu’une créature humaine.” Les bénédictions et les présents l’attendaient chaque fois qu'elle rendait visite aux aborigènes.
La candide figure de la première dame canadienne rayonnant, sans faste, au sein des solitudes du St. Laurent, il y a plus de deux siecles, et y répandant une atmosphère radieuse, n’est-ce pas là un
@) Wigwams, cabane ou hutte où logent les sauvages,
tableau digne d'un grand peintre, et que la poésie devrait immortali-
ser comme modele de vertu, de pureté, d'abnégation 7
Les alarmes quotidiennes, la solitude, l'isolement commencèrent à désenchanter 1 solitaire châtelaine. Quatre années d'existence dans cette morne solitude étaient trop pour la noble dame habituée aux charmes des srions parisiens. Elle avait hâte de retourner à Paris.
Dans ces réves, elle entrevovait une autre solitude: la mystique solitude du eloitre où loin des agitations du monde, elle pourrait adresser ses prières au Fout-Puissant pour son mari absent.
Par une belle matinée du mois d'août 1624, (le 15,) tout Québec regardait à regret s'éloigner la barque à la blanche carêne eniportant dans ses flancs, vers des pays moins monotones, la captive mise en hHbherté.
Dix-neuf ans après li mort de son époux, Madame de Champlain fondait à Meaux, en France, un couvent des sœurs de Ste. Ursule où elle se retira.
Le 20 décembre 1654, elle laissa ce monde pour aller rejoindre làhaut, espérons-le, celui qui avait été son compagnon sur cette terre,
Elle avait alors cinquante-six ans.
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LES HEÉROINES DE LA NOUVELLE-FRANCE. à
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Madame de La Tour.
Transportons-nous des hauteurs de Stadacona à la SAUVASE MAIS fertile terre à laquelle L ongtelow à donné un charme impérissable : Acadie, maintenant la Nouve le-Ecosse.
Deux cents ans avant que les champs de blés dorés de Grand Pré émurent le cœur du poête Américain, vécut, aima et mourut sur Îles rives historiques de la rivière St Jean, au fort St Louis: une dame française accomplie, connue dans | haitibre sous le nom de Madame de La Tour.
Claude de St Etienne, sieur de La Pour, était allié à la noble maison de Bouillon, mais il avait perdu la majeure partie de ses biens dans les guerres civiles, Il vint en Acadie vers 1609 avec son fils Charles, alors âgé de quinze ans.
Charles, après la destruction de | ort-Roval par Areall, devint l'ami intime de Biencourt et vécut avec lui, menant tous deux une vic libre et inconsciente.
Biencourt réclamait des droits i importants dans Port- Royal, A sa mort, il légua ses droits au jeune Huguenot, Charles de La Four et le nomma son lieutenant et SUCCEsseur dans le gouvernement de la colonie, [lne pouvait pas choisir un plus intrépide et entreprenant chef,
En 162$ ou vers ce temps, Charles de La Four épousa la jeune femime dont je veux vous exquisser la carrière,
Peu de temps après son mariage, il établit ses quartiers à un fort qu'ilavait érigé près du cap Sable. [l avait nommé ce refuse fort St Louis, et il avait l'intention d'en Cure un dépôt Sûr et convenable pour la traite avec les sauvages,
Vers cette époque, les colons Français ettr: ivés de leur petit nombre et de leur faiblesse en cas d'agression tr: angère, envoyérent en France Claude de La Tour. pere de Charles, pour représenter au
gouvernement l'état de leur force et demander du renfort. Comme
celui-ci s'en revenait avec des munitions destinées à Québec et à
Port-Royal, son escadre et la flotte de Roquemont furent capturées, en 1628, par sir David Kirk, et Claude de La Tour fut fait prisonnier et envoyé en Angleterre.
Loin de perdre courage, 11 semble avoir utilisé sa captivité à poursuivre ses fins.
Huguenot marquant, il fut trèshien vu par les huguenots Français qui,sexilés de leur propre pays, avaient cherché un refuge à Londres, Le monarque anglais les considéraient comme d’utiles alliés.
Claude de li Tour fut présenté à la cour, Séprit d’une dame d'honneur de la reine Henriette Marie, (*) l'épousa et fut fait chevalier de lAcadie.
On lui octrova ainsi qu’à son fils qui commandait alors PAcadie, une concession de 4,300 milles de terre dans lt nouvelle colonie acadienne devant être fondée par sir William Alexander, à condition que Claude de la Tour ameña son fils à livrer son fort aux représentants du roi d'Angleterre.
Le père peu scrupuleux, en faisant connaitre à son jeuné et noble fils ce que coïteraient ces flatteuses distinctions et ces émoluments, s'aperçut bientôt qu'il v avait quelque chose de plus précieux que toutes ces concessions et ces octrois, et que cet avoir, cet héritage qui paraissait si cher à son fils Charles, n'était ni plus ni moins que honneur. Charles de Et Four accueillit avec mépris et indignation les offres de son père.
Charles fut en butte à bien des contrariétés lorsque d'Aulnay Charnisav, le lieutenant de Razely, vint en Acadie commander une autre colonie. Charnisay était insatiable, prétentieux, vindicatif.
“L'Acadie était trop petite pour deux hommes aussi ambitieux.”
De suite Charnisay se mit à l'œuvre auprès de la cour de France pour supplanter son rival, ce à quoi il réussit avec l’aide de puissants amis. Les odieuses calomnies eurent un plein succès. La commis-
sion de lieutenant du roi de Charles de La Four fut révoquée en 1641
et un vaisseau fut envoyé de France pour le ramener.
Conseillé par sa courageuse femme, Charles refusa de courber la tête sous l'aflront, convaincu qu'il était qu'on avait dû surprendre la bonne foi de Louis NII. IE fortifia son fort, demanda de l’aide à
C#) Henriette de France, fille de Henri IV'et de Marie de Mélé:is.
rées, en
anier et iuité à
s Franrefuse
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Acadie, nie aACaondition X repré-
et noble luments.
‘uix que héritage ins que lignation
l'Aulnay ider une catif.
iticux.” France Juissants commis- ‘en 1641
urber la irprendre
e l’aide ?
Boston et envoya un représentant aux huguenots de La Rochelle en lutte avec leur mortel ennemi, Richelieu. Pendant ce temps, Charnisay traversa en France pour poursuivre ses odieux plans de vengeance contre de La Tour. Une fois de l’autre côté, il apprit que Mme. de La Tour, qu'il redoutait avec raison, l'avait précédé, IT fit immédiatement émaner contre elle un mandat d'arrestation dans lequel il l'accusait de complicité dans la trahison de son époux.
Elle s'entuit en Angleterre et avant réussi à frèter un navire, elle le chargea de provisions et de munitions de
wuerre pour venir en aide à son mariau fort La Tour.
Le capitaine Anglais, au lieu de filer tout droit au fort, passa plusieurs mois à faire le commerce côtier. Pendant ce temps Charnisav n'était pas resté oisit. À son retour. il épia et réussit à arrêter le vaisseau : le capitaine fut obligé de cacher dans sa cale son intrépide passager, Mme. de La Four, et de faire croire qu'il faisait voile vers
3oston. Charnisay lui donna alors un message pour les autorités de Boston où il arriva quelques jours plus tard.
Ce changement d'itinéraire ajouté au fâcheux retard qui lui était déjà arrivé, fut un grave contre-temps pour Mme. de La Tour et elle résolut de s'en faire dédommager.
A Boston elle intenta une action en dommages de deux mille louis au capitaine anglais, réclamation qui lui fat accordée par le tribunal bostonnais. Elle fit saisir la cargaison et loua trois autres vaisseaux pour transporter ses munitions au fort La Four, où elle arriva en 1644 après une absence de plus de douze mois.
Charnisav, après avoir reprimandé le gouverneur Endicot et les autorités bostonnaises pour les secours qu'ils avaient donnés à Mme. de La Tour, résolut de prendre avantage de la faiblesse du fort et de l'absence de son chef pour en faire immédiatement l'attaque.
La garnison était peu nombreuse, ilest vrai, mais elle avait à sa tête une chevaleresque amazone, qui valait à elle seule tout un régiment: Mme. de La Four.
Au moment de l'assaut, elle se plaça sur le bastion, commandant elle-même la canonade et communiquant à ses guerriers son propre courage héroïque. Elle eut bientôt la satisfaction de voir le vaisseau de Charnisay obligé de s'atterrir sur une pointe, pour ne pas sumbrer, et de contempler en vainqueur vingt des assiégeants étendus
morts et treize de blessés. Ce fut en février 1645 que Charnisav essuva ce premier échec.
Le dernier siège du fort de La Tour, par d'Aulnav Charnisay eut lieu le 13 avril 1645, et l'attaque fut dirigée de terre. Malheureusement, le fort n'était pas dans de meilleures conditions que la première fois, et Charles de La tour, qui était à Boston, fut incapable d'arriver au fort, ca la baie Française (baie de Fundy aujourd'hui) était bloquée par les croiseurs de Charnisay.
Mie de La Tour, quoique désespérant de pouvoir résister avec succès, se décida cependant à défendre le fort jusqu'au dernier moment. (*)
Pendant trois jours et trois nuits consécutifs, assiégés et assiégeants échangèrent un feu vifs mais li défense était sibien conduite que les assiéveants, ne gagnant pas de terrain, furent obligés de <e retirer aprés avoir perdu plusieurs des leurs.
La trahison, cependant, acheva ce que la force n'avait pu faire. Charnisay réussit à corrompre une sentinelle suisse qui formait par-
tie de la garnison, et le quatrieme. jour qui tait le saint jour de PA ques, alors que tout le monde était en prières, le traitre laissa Fennemi s'approcher sins en donner Palarme. Les assiégeants escalade rent les murailles sans que les défenseurs du fort en eurent connais- SAnce.
Mine. de La Four se rua sur Pennemi à la tête de ses soldats et se battit avec tant de courage, que Charnisay avant déjà perdu douze de ses hommes à part plusieurs blessés, désespéra du suceës de son attaque, offrit aux assiégeants de capituler, leur promettant la liberté et la vie Si se rendaient.
Mine. de La Tour persuadée qu'il n’v avait pas de résistance possible et désireuse de sauver la vie de ceux qu'elle avait sous ses ordres, accepta les offres de Charnisar et Le laissa entrer dans le fort.
Ce fut là que Charnisay revéla toute li bassesse de sa natures en faisant pendre toute la garnison à l'exception d'un seul homme: et celui qu'il épargna fut forcé d'être le bourreau de ses compagnons
da:
() La carrière de Mine de Pa Four a servi de canevas au plus beau poème que John Green: leaf Whitier ait fait: Saint John, 16457, tel en est le titre.
La noble conduite déson mari refus unit aux sollietations de son père de rendre le fort qu'il commandait au roi d'Angleterre, fut immortalisés par Gécin-BLajoie dans un drame intitulé! Le Jeune La Tour.
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ICC posses or- * fort.
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e fort qu'il ntituié: Le
Le massacre de ces pauvres soldats ne parut pourtant pas satistiire sa soif du sang. S'il l'avait ose, il aurait
tres-certainement fait ä“ssassiner Mine de I
A Tour: mais il craignait que la cour de France
Malgré sa vénalité. ne tolérât un tel acte de barbarie. Il fit cependant quelque chose d'aussi vil d'aussi méprisable,
La femme héroïque fut obligée d'assister. une corde au cou, comme une condamnée, à l'exécution de ses vaillantssoldats.
Mine. de La Tour S'inquictait peu des plans de vengeance de son implacable rival. Rien ne pouvait plus l'émouvoir: son grand cœur était brisé,
Elle était loin de son mari à qui elle avait été si fidèle : elle n'osait plus espérer le revoir de nouveau. sinon captif comme elle,
Sa tâche dans la vie touchait désormais à sa fin et clle se sentait
née pour la captivité.
Elle s'atfiblit de jour en jour Jusqu'au moment où son âme héroique et pure quitta cette vallée de larmes.
Frois semaines après le siège du fort, elle f
utinhumée sur les vertes rives de la rivicr
e St Jean qu'elle avait tant aimée et oùuelle avait
vécu plusieurs années, laissant UN NOM aussi ficrement enchâsé dans
l'histoire acadienne. (dit un historien) que celui de n'importe quelle
eine régnante dans l'histoire curopéenne.”
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“à j NUE ÿ 7 Æ. * Re AUX OP HAN NE 6 AD "2 <! \v LAŸ 4 A IX AA SAV PAM NUL A \ NAS PA à CO Le LA
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Mademoiselle de Vercheres.
Retraçons maintenant un des plus énergiques caractères qui ait illustré une des plus belles époques de l'histoire canadienne : Père de Frontenac.
Vous avez tous entendu parler du brillant régiment de Carignan: que le grand monarque, Louis XIV, avait donné comme escorte en 1664 à son altier vice-rov, le marquis de Tracy. Ce régiment de soixante à soixante dix otticiers, dont plusieurs de la noblesse était commandé par le colonel de Salières. Quatre compagnies, Six cents hommes environ, qui furent divisées en escouades peu de temps après leur arrivée.
Les officiers et les soldats avaient été induits par des octrois de terres et de bétail, à se marier dans la Nouvelle-France.
Plusieurs d’entre eux Île firent et devinrent les chefs respectés de plusieurs des preraitres familles canadiennes-françaises. Parmi ces derniers on remarque De Chambir, © Sorel, # Du Gué, la Valtrie, * Verchères, * Berthier. # Grandville, Contrecœur, * De Méloises, Tarieu de la Pérade, * Saint-Ours, # De la Fouille, Maximin, Lobeau, Petit, Rougemont, Fraversv, De li Nouette, Lacombe et plusieurs autres, dignes compagnons d'armes de De Longueil, * de dTberville * et de De Ste. Hélène, * (#)
L'un d'eux, M: de Vercnères, obtint en 1672, sur les rives du St. Laurent, près de Montréal, un octroi de trois milles carrés de terre que le roi augmenta en étendue l'année suivante.
Dans ces temps de troubles, une maison de seigneur c'était un petit fort pour empécher les agressions des sauvasres.
Ces forts, dit Fhistorien Charlevoix, étaient de grands enclos, en- “tourés de palissades et de redoutes. L'église et lt maisondu seigneur
‘teuut en dedans les palissudes, et le fort était assez grand pour met-
C6) Les noms de ceux qui sont suivis d'un astérique (font laissé leur nom à quel ques villes ou paroisses,
jeun alu pas aux auti
(e fort acti en !
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étre en sûreté en cas d'attaques les femmes, les enfants et les bestiaux. ‘Une ou deux sentinelles montaient la garde jour et nuit. Avec quel- ‘‘ques petites pièces de canons ils tenaient en respect l'ennemi scal- “peur, avertissaient les colons de se tenir sur leurs gardes et les ap- ‘pelaient au secours du fort, Ces précautions étaient suffisantes pour ‘se mettre en garde contre les incursions.” mais pas dans tous les cas, comme nous le verrons par la suite.
Prenant avantage de Pabsence de M. de Verchères, les Froquois, toujours aux aguets, cerncrent un jour à la sourdine le petit tort et se mirent à escalader le: palissades,
En apprenant cette incursion, Marie-Madeleine de VERCHERES, la jeune fille du seigneur, stisit un mousqnet et fit feu. Les maraudeurs alarmés S'esquivèrent : mais, lorsqu'ils S'aperçurent qu'ils n'étaient pas poursuivis, Ils rôdèrent pendant trois jours comme des loups aux alentours du fort sans cependant oser approcher, car de temps à autre un balle abattait celui qui se risquait à tenter l'escalade.
Ce qui aussimenta leur surprise c’est qu'ils ne virent en dedans du fort aucun être vivant autre qu'une femme: mais cette femme était si active, st intrépide, si ubiquiste, qu'elle semblait se prodiguer partout en méme temps. Et son feu mortel ne cessait pas tant qu'il v avait un ennemi en vue. Cette belliqueuse gardienne du fort était Mademoiselle de VERCHERES, alors dans la douzième année de son âge. Cela avait lieu en 1690.
Deux ans plus turd, les froquois revinrent en plus grand nombre fondre sournoisement sut le fort pendant que les colons étaient occupés à défricher le sol.
Mademoiselle de VERCIHERES, alors âgée de quatorze ans, se promenait lentement sur le bord de la rivière, lorsqu'elle S'aperçut qu'un de ces féroces Froquois Lx couchait en joue.
donnait des ailes à
L'Indien était un fort coureur, mais la terreur
la jeune fille. Le tomahawk à lt main, le sauvage la gagnait gra-
duellement et allait la rejoindre sous les palissades du fort comme la jeune fille allait y entrer. Faisant un dernier effort l'ndien fitun bond et arrêta Mademoiselle de Vercheres par le mouchoir qu'elle avait autour du cou. Aussi rapide que F1 pensée, pendant que le barbare levait son arme pour frapper le coup fatal, elle défit le nœud qui retenait le mouchoir et entra dans le fort dont elle ferma lestement la porte, laissant derrière elle l'Iroquois ébahi.
— Aux armes! Aux armes !
Sans s'occuper des cris de douleur des pauvres femmes voyant leurs maris faits prisonniers par les sauvages, elle courut au bastion, où était l'unique sentinelle, saisit un mousquet et un képi et ordonna une grande décharge afin de faire croire aux sauvages que le fort était bien défendu, Elie chargea ensuite une petite pitee de cumpagne et, à défaut de bourre, elle y fourra une touaxille ou serviette qu'elle déchargea sur ennemi.
Cette résistance inattendue remplit les maraudeurs de terreur.
Ainsi armée, et avec laide d'un seul soldat, elle continua le feu.
L'alarme se propagea vite dans les environs de Montreal, et un intrépide officier, le chevalier de Crisast, frère du marquis de Crisasi alors gouverneur de Frois-Rivières, vint au secours du fort Vercheres à la tête d'une escouade d'élite: mais les sanivages avaient fait leur retraite avec trois prisonniers. Après trois jours de poursuite, de Crisasi les trouva fortement retranchés sur les bords du lac Cham plain. foflicier français les mit en complète déroute et les tailla en pieces,
Les prisonniers furent relâchés et toute la Nouvelle-France retentit de l'exploit de Mile. de Verchères, qui mérite bien le titre d'héroïne.
Un autre exemple d'héroïsme de sa part qui lui valut la réputation de son mâle couragr,
Un commandant français, M. de La Naudiere de la Pérade, poursuivait les Froquois dans les environs de la rivière Richelieu, selon les uns où dans le voisinage de la rivière Ste. Anne d'après les autres, lorsque tout à coup sortit des buissons un véritable essaim de féroces Iroquois,.
Pris par surprise, M, de la Pérade allait tomber victime de cette ambuscade lorsque Mile. de Verchères S'emparant d'un mousquet, se précipita sur lennemi à la tête de quelques hommes résolus et réussit à sauver le commandant du tomahawk indien.
Elle acheva la conquête ou pour mieux dire elle devint la conquise de celui auquel elle avait sauvé la vie. A partir de cette époque, l'héroïne de Vercheres porte dans l'histoire le nom d'un seigneur influent : Madame de La Naudière de la Pérade.
Le renom de cette héroïne fitécho sur les bords de la Seine, et Louis XIV ordonna à son vice-roy, en la Nouvelle-France, de la
faire demander et d'avoir sa propre version de ses hauts faits. Le
°s voyant 1 bastion, t ordonna we Île fort le campa-
serviette
reur.
le feu.
et un inde Crisasi
Verchèaient fait rsuite, de ac Cham
tailla en
ce retentit l'héroïne.
réputation
ide, pourieu, selon »s es au-
essaim de
e de cette usquet, se
is ct réus-
la conquie époque, iwneur in-
| Seine, et ice, de la
faits. Le
simple compte-rendu qu’il en fit plût beaucoup au monarque français.
L’héroïne de Verchères mourut à Ste Anne de la Pérade le 7 août
Pour faire suite aux trois héroïnes de la Nouvelle-France mention nées dans la conférence de M. J. M. LeMoince je m'empresse de vous offrir la primeur d'un important document que j'ai eu le bonheur d'obtenir d'un antiquaire érudit, l'honorable juge Babv, au sujet de Madame de la Pérade, Phéroïne de Verchères.
Ce mémoire, en dehors de sa valeur historique, contient d'intéressantes données sur la vie seigneuriale de cette époque-lt, c'est pour quoi je puise de longs extraits dans cette relique de famille (#).
‘Plusieurs années après son mariage avec Farieu de La Naudicre, —dit le mémoire que je cite textuellement, Mile faret de Vercheres sauva la vie à son mari pour la seconde fois. Les Froquois, qui ne pardonnent rien, leur avaient juré une grande haine à raison des afronts que l’un et l'autre leur avaient infligés, Aussi, ne laissuientils jamais, chaque fois qu'ils passaient à Ste. Anne de la Pérade, que de leur donner quelques marques de leur ressentiment, Un jour, croyant sans doute que M. de La Naudière ctuit absent où qu'elle pourrait tomber à limproviste, une forte bände de ces cruels sauva-
(*) Ce récit ajoute le juge Baby, je le tiens de ma vieille tante, Mlle, de La Naudière, petite fille de l'héroïne, mort: à Québec le 17 novembre 19359, à l'âze patriareal de Sr ans.
La vénérable Mile, de La Naudière fut pendant plusieurs anuéss à Québec, Ta borne, Ha li mite vivantes entre le passé et le présent: sa mémoire, sa conversation agréable et ses réparties la faisaient rechercher par les plus hauts placés dans laristocrstie, Ses manières dignes ét courtoises nous faisaient penser à l’ancienne école, à l'ancienne noblesse française, EE fut plus d’une fois l'hôtesse ds gouverneurs-wéaéraux et de leurs familles, Parmi ceux-là étaient
Lord Elgin, Sir Edmund Walker Head, Lord Monck, Après: son départ, Lord Elgin entretint une correspondance amicale avec elle jusqu'à sa mort
ges se présente au manoir seigneurial au coucher du soleil, dans le mois de septembre, avec l'intention évidente de faire un mauvais parti à ses habitants.
‘“Situce à une faible distance des bords du St, Laurent, cette résidence se trouvait assez éloignée des autres habitations et les grands arbres séculaires qui l'environnaient en rendait l'isolement encore plus complet. M, de La Naudière retenu au lit par un mal aigü et dangereux, un vieillard de quatre-vingts ans, une jeune servante de seize printemps à peine et la dame de céans en étaient les seuls occupants dans le moment. Tous les canots cachés dans les joncs,
le chef et trois de ses sanguinaires compagnons se dirigent en courant vers la maison tandis que les autres s'empressent de se tapir derrière les arbres attendant sournoisement le dénouement de leur trame.
‘/adelon de Verchères, bien heureusement, vit venir ces misérables ét connaissant parfaitement leurs roucries, s'empressa de fermer la porte du logis, de la barricader du mieux possible, pendant que la jeune fille sur ses ordres lui apporta et plaçu à ses côtés les deux seuls fusils à leur disposition, les serviteurs absents avant cimportés les autres.
“Ainsi préparée elle attend de pied ferme, bien décidée à ne pas les laisser entrer dans la place, S'il est possible.
“A peine le chef et les siens étaient-ils parvenus au haut du large perren qui ornait la devanture de Lai maison, que, sans attendre aucune interpellation de leur part, elle leur demanda, dans leur lingue qu'elle connaissait passablement bien, ce qu'ils voulaient.
‘Le chef, un peu surpris de se voir apostropher de la sorte par une femme, de lui répondre doucereusement qu'il avait aflaire à M. de La Naudière, et devait lui communiquer des choses de grande importance, ajoutant de plus que lui etses compagons avaient faim et soif et qu'ils savaient M. de La Naudière assez généreux pour Îles recevoir et surtout leur faire distribuer un peu ‘d’eau de feu.”
“D'une voix ferme qui ne traduisait en rien la crainte, de suite elle répond que son mari est trop occupé, dans le moment pour les recevoir, et qu'ils font bien mieux de porter leurs pas ailleurs. Convaincu alors qu'ils n'avait affaire qu'à une femme, ce rusé sauvage, après avoir échangé quelques paroles à voix basse avec les autres auprès de lui, élevant tout-à-coup le ton lui dit avec insolence d’avoir à lui ou.
dans le nauvais
te résigrands ore plus dangele seize cupants
joncs, se dipressent dénouce-
:S IISÉde ferpendant tés les
ant cin-
ne pits
u large dre au-
lingue
rte par re à M.
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vrir immédiacement, sans quoi il allait se frayer un passage lui-même, ajoutant :
‘Nous sommes les maîtres ici, puisque ton mari n’y est pas. ‘Cette femme courageuse savait, à n’en pas douter, le sort terrible qui leur était réservé à tous dans les cas où ces barbares eflectueraient leur entrée. Son mari, témoin auriculaire de ce qu se passe ne peut pas cependant lui venir en aide. Que faire? Elle implore Dieu, re-
monte son courage cet leur fait savoir on ne peut plus énergiquement
que la porte allait leur rester fermée au nez, et que s'ils ne déguerpis-
saient pas au plus vite, elle prendrait les moyens à l'instant même de les faire éconduire,
“Pleins de colère et sentant qu'ils ne pourraient réussir dans leur affreux dessein qu'en employant l’astuce pour la force, ils se mirent en voie d'y avoir recours. Tout d'abord ils tentérent d'enfoncer la porte, mais ne parvinrent qu'à l’ébranler quelque peu seulement. Rébutés ici, ils descendent précipitamment le perron en poussant des cris terribles et s'élancent vers une des fenêtres par laquelle ils comptent bien pénétrer à l’intérieur, sans doute. Tous ensemble ils v déchargent leur fusils dans la maison. Les carreaux volent en éclats et les balles et le plomb vont se loger dans les soliveaux et les cloisons. Ne donnant pas le temps à ses assaillants de s'assurer de leur feu, prompte comme l'éclair, armée de ses deux fusils, Madame de La Naudière se jette dans l'embrasure de la croisée et les tire successivement sur les deux sauvages qui surpris de voir rendre leur teu d’une manière si imprévue, crurent qu'en effet ils allaient avoir à rencontrer forte partie; ils hésitent, puis lichent pied emportant un des leurs légèrement blessé à la jambe.
“Notre héroïne témoin de ce mouvement, recharge prestement son arme et en vide le contenu surces barbares qu'elle à lindiscible plaisir de voir disparaitre à ses regards en pleine déroute, dans les ombres du soir. Ceux qui étaient restés en arrière entendant le bruit de la fusillade, sentirent d'instinct qu'il devait y avoir résistance au Manoir dont les maîtres étaient si bien connus et ce qu’ils avaient de mieux à faire était de retraiter sans perdre de temps.
‘En eflet, ce fut un sauve qui peut général vers les embarcations où ils furent tout aussitôt rejoint par leur chef et son escorte, et tous s'éloignent précipitamment du rivage sous l’impression que M. de La Naudière et les siens sont à leurs trousses ; c’est une véritable pani-
que, Mais les épreuves de Madame de La Naudière n'étaient pas encore finies, A peine les Froquois s'étaient-ils enfuis que la jeune domestique accourut aupres de sa maitresse et lui annonce avec effroi que la toiture esten feu. Ce sont deux sauvages qui l'y ont mis en lançant plusieurs Aeches enflammees avant de se retirer, Nouveau sujet de erainte et d'inquiétude pour cette épouse dévouée, au sujet de son mari.
+ Avait-il échappé aux Froquois pour devenir la proie des flammes ? D'ailleurs ces rusis et méchants hommes n'étaient que cachés dans le bois tout aupres pour revenir saisir leur proie du moment que l'incendie serait dans toute sa violence. Elle ignorait qu'ils étaient eux-
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mémes dans lé moment sous le coup d'une grande frayeur et se suuvaient dans le moment de toute li vitesse de leurs canots devant un ennemi imaginaire,
Cependant, sans hésitation aucunee, elle s'élanç à l'intérieur et d'un coup d'asilelle mesure étendue du danger qui les menace. Déjà les flamimes montent tranquillement sur letoit à-pie de l'édifice et sont méme sur le point de s'attaquer aux grosses pièces du comble.
“e[l fait calme plat heureusement. Avec l'aide de la jeune fille et les faibles efforts du vieillard dont j'ai parlé ci-dessus, une échelle est immédiatement appuyé sur le mur. On y est monté avee un peu d'eau. Mais que peuvent ces deux femmes contre l'élément dévorant déja entièrement hors de leur contrôle, Mme. de La Naudière voyait Le feu gagner peu à peu du terrain malgré ses eflorts surhumains pour ainsi dire, pour en arrèter Jes progrès, et il était déjà à l'intérieur lorsque soudain elle se rappelle que son mari loué sur un lit de douleur pouvait ètre exposé à un danger éminent. Elle se jette à terre pour ainsi dire et rentre. Déjà une épaisse fumée remplissait li maison, le craquement des pontres en partie embrasées et le pétillement des flammes se faisaient entendre. Elle se précipita dans la chambre où elle a laissé son mari quelques instants auparavant, appelant avec des cris de douleurs celui que son intrépidité avait fait échapper à la fureur des barbares, mais qui va périr maintenant peut-être dans un brasier ardent. D'un bond elle arrive auprès de lui et constate qu'il réalise parfaitement la position extrêmement critique dans laquelle il se trouve. Elle l'implore de vouloir bien faire un suprème eflort afin de se soustraire à une mort presqu'inévitable, en se sauvant en dehors avec elle.
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‘Non, je ne le puis pas, dit-il, car mes forces physiques m'on complètement abandonné ; mon sacrifice est fait, ajouta-t-il, et je suis prêt à me soumettre à la volonté de Dieu, qui après m'avoir sauvé du tomahawk, grâce à ton héroïsme, semble avoir décrété tout de même que ce jour sera le dernier de ma vie. Adieu, laisse-moi ici à mon propre sort,
“Ellele voyait là devant elle, calme et résigné,atte: lant l'instant suprêéme. Alors, cette femme réellement extraordinaire, puisant dans son amour le courage voulu et trouvant une force qu'elle ne s'était
jamais connue, enlève son mari dans ses bras, le traine en quelque
sorte au dehors et le dépose sur l'herbe à quelques pas de la porte où épuisée physiquement aussi bien que moralement, elle s'évanouit à ses côtés, Au même instant, une pluie qui menaçait déjà depuis quelques heures, éclate avec force et bientôt les flammes qui, le calme vidant, n'avaient pas trop fait de progrès, commencèrent à s'éteindre.
‘Les censitaires attirés par la réverbération de l'incendie accourent en toute hâte et bientôt sous les eénéreux efforts de leurs bras viwoureux les flammes sont tout à fait éteintes, Madame de La Naudière, qui avait bientôt repris ses sens, s’empresse auprès de son mari qui est rapporté soigneusement sur son lit Quelques semaines plus tard, il reprenait son train de vie ordinaire.”
C'est ainsi, —dit M. Baby,—que cette femme d’une bravoure éprouvée, et d'une force morale au-dessus de tout éloges sauva son mari deux fois dans la même année d’une mort qui semblait inévitable assurément. L’intention bien arrêtée des Iraquois était d'assassiner M. de La Naudière et son épouse aussi. Des sauvages amis leur en donnèrent l'assurance peu de temps après, et leur dévoilèrent tous les détails du complot. D’nn autre côté, si M. de La Naudière n’eût pas été transporté en dehors il aurait été tout probablement asphyxIé.
Ce simple récit, —ajoute encore M. Baby,—ima été fait par Mlle. Marguerite de La l'audière, petite-fille de Mile. de Verchères Cette demoiselle avait beaucoup de sa grand’mère; elle en tenait par maints côtés. La bravoure, la force de caractère, la franchise étaient des traits distinctifs chez elle, sans compter lPesprit servi par d’amples connaissances humaines.
À. mon tour, j'ajouterai que ce manuscrit inédit consigne des faits
LES HEKOINES DE LA NOUVELLEZ FRANCE.
qui ne sont pas racontés dns la relation de Mile. Marie Jaret de Verchères, ni aucune part dans les ouvrages sur l’histoire de la Nou-
velle-France. (*)