Partie avec orgueil
Des vagues d'or qui allument ton seuil,
Ne cingla vers la mer!
Hélas! qu'il te fallut longtemps attendre Avant qu'un cri ne soulevât tes Flandres
Googk
Si farouches jadis pour soutenir leurs droits. Escaut, tu n'étais plus qu'une meute captive
De flots hurlants entre deux ripes.
Dont trafiquaient en leurs traités, les rois.
Qu'un deux luttât pour t'affranchir, sitôt les haines
Se redressaient et aggravaient le poids des chaînes
Que tu traînais en gémissant.
Enfin, après des ans, et puis encor des ans,
Lhomme d'ombre et de gloire,
Bonaparte, mêla ta vie à sa victoire
Et assouplit ton cours hautain
Superbement, aux méandres de son destin.
Alors, tu fus géant comme naguère,
Tes solides bassins de pierre
Serrèrent,
Entre leurs bords.
Tous les butins de fièvre et d'or
Qui s'en venaient du bout des mers et de la terre,
Et sur la robe de tes eaux
Scintillèrent tous les anciens joyaux ;
Et sur l'avant de tes coques bien arrimées,
Les déesses aux seins squammeux
Projetèrent^ comme autrefois, ton nom fameux. Dans le buccin des Renommées.
Escaut/ Escaut/
Tu es le geste clair
Que la patrie entière
Pour gagner r infini fait vers la mer.
Tous les canaux de Flandre et toutes ses rivières
Aboutissent, ainsi que des veines d'ardeur,
Jusqu'à ton cœur.
Tu es r ample auxiliaire et la force féconde
D'un peuple ardu, farouche et violent,
Qui veut tailler sa part dans la splendeur du monde.
Tes bords puissants et gras, ton cours profond et lent
Sont limage de sa ténacité vivace.
L'homme d'ici, sa famille, sa race,
Ses tristesses, ses volontés, ses vœux
Se retrouvent en tes aspects silencieux.
deux tragiques, deux exaltés, deux monotones,
Escaut d'hiver, Escaut d'Eté, Escaut dautomne.
Tout notre être changeant se reconnaît en toi;
Vainqueurs, tu nous soutiens; vaincus, tu nous délivres.
Googk
Et ce sera toujours et chaque fois
Par toi
Que le pays foulé, gémissant et pantois.
Redressera sa force et voudra vivre et vivre !
Goo^C^87l5
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