Les heures de l'amiral Prigent de Coëtivy
Le vendredi 12 mars 1897, un antiquaire de Florence, M. Giuseppe Pallotti, m’apportait un petit livre d’heures, orné de nombreuses peintures, qu’il était chargé de vendre et qu’il avait déjà présenté à plusieurs amateurs de Paris. Je n’eus qu’à l’ouvrir pour constater, non sans regret, que le prix qu’on pouvait légitimement espérer en tirer n’était pas en rapport avec les ressources delà Bibliothèque nationale. Je n’en demandai pas moins à l’antiquaire la permission de garder son volume pendant quelques heures pour m’en rendre un compte exact et pour voir si je n’aurais pas à lui indiquer un bibliophile auquel il pourrait le soumettre. Cette autorisation me fut gracieusement accordée, et, dans la soirée du vendredi, je pus en prendre une description sommaire que je retrouve dans mes papiers et que j’insère ici, bien qu’elle doive être bientôt annulée par une notice beaucoup plus complète que M. Gustave Pawlowski a préparée de son côté, sans avoir su que le manuscrit avait précédemment passé sous mes yeux.
Petit livre d’Heures, relié aux armes du comte de Bardi. — Volume assez épais, dont les feuillets, en parchemin très fin, mesurent 136 millimètres sur 97.
Le calendrier n’offre aucune particularité notable ; la nomenclature des fêtes est celle que nous offrent d’ordinaire les Heures écrites au xve siècle dans l’Ile-de-France.
Outre les prières et les offices qui forment le fond de presque tous les livres d’Heures de la fin du moyen âge, celui-ci contient plusieurs pièces de dévotion en vers français ou latins, dont le
dépouillement suivant permettra de reconnaître le sujet et le caractère :