PAYSAGE
t, CKUXELLE3.
54. LE MARTYRE DES SAINTS CÔME ET DAMIEN. — Miniature formant cadre. « Le proconsul Lilias, ayant appris quelle était la renommée des deux frères, les fit comparaître devant lui et demanda quel était leur pays, quelle fortune ils avaient (1). « Nos noms sont Côme et Damien et nous avons trois autres frères, qui se nomment Antinus, Léonce et Eutrope; notre pays est l’Arabie; mais les chrétiens ne savent pas ce que c’est que la fortune. » Alors le juge commanda qu’ils amenassent leurs frères et qu’ils sacrifiassent ensemble aux idoles, mais ils refusèrent fermement de sacrifier. Alors il ordonna qu’ils fussent cruellement tourmentés aux pieds et aux mains. Et comme ils méprisaient les tourments, il commanda qu’ils fussent liés d’une chaîne et jetés à la mer, mais ils furent délivrés par un ange. Ils furent mis ensuite sur un chevalet; mais, protégés par un ange, ils sortirent sains et saufs de l’épreuve. Ils furent ramenés devant le juge. Et il fit mettre en prison les trois frères de Côme et de Damien. Il ordonna que Côme et Damien fussent lapidés par le peuple, mais les pierres retournèrent sur ceux qui les jetaient et blessèrent plusieurs assistants. Alors le juge, rempli de fureur, fit mettre les trois frères auprès de la croix et il commanda que Côme et Damien fussent percés à coups de flèches par quatre soldats ; mais les flèches retournèrent en arrière et blessèrent des paysans, et elles ne firent aucun mal aux corps des saints martyrs. Quand le juge vit qu’il était vaincu en toutes choses, il fut troublé et fit couper la tête en même temps aux cinq frères. »
L’enlumineur a suivi ici une autre version, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par l’examen de la planche. Au surplus, il n’a eu en vue que le martyre de Côme et de Damien. Sur la miniature, les deux généreux confesseurs de la foi apparaissent sur un bûcher, attachés à un poteau. Les flammes épargnent les deux saints, mais elles rampent sur le sol, aveuglant et brûlant les bourreaux et les spectateurs. Les assistants cherchent un abri contre le feu qui s’attache à leurs pas.
(1) Voir la Légende dorée, par Jacques de Voragine, éditée par M. G. Brunet, Paris 1843.
A l’arrière-plan, à droite, le persécuteur, à cheval, est entouré d’une suite nombreuse. Furieux d’être mis en échec, le proconsul ordonne qu’on tranche la tête à Corne et Damien. Déjà l’un d’eux a été décapité ; le bourreau s’apprête à frapper la seconde victime.