Enlevèrent, took by storm
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ment de la mère-patrie qui leur envoyait en abondance soldats et vaisseaux. Nos Canadiens, délaissés du gouvernement français, et appuyés seulement par un excellent chef militaire, Montcalm,1 et par une poignée de braves soldats décidés à mourir avec eux, étaient dévorés par d'indignes administrateurs civils qui, jusqu'au dernier jour, s'enrichirent de la ruine publique. Lueurs alliés les Peaux-Rouges, sentant la catastrophe inévitable, les avaient presque tous abandonnés.
Les Canadiens se levèrent jusqu'au dernier homme, abandonnant la culture de leurs champs, au risque de mourir de faim. Ils concentrèrent treize ou quatorze mille combattants sur le Saint-Laurent, près de Québec, leur chef- lieu. Les faibles détachements qui défendaient au loin les postes des lacs furent refoulés par trois corps anglo-américains ; mais l'armée de Québec repoussa victorieusement, durant deux mois et demi, toutes les attaques d'un corps d'armée qui avait remonté le Saint-Laurent sous l'escorte de vingt vaisseaux de ligne.
Montcalm détacha quelques troupes pour arrêter les autres corps anglais qui s'avançaient par le haut du Saint-Laurent. Beaucoup de Canadiens, croyant Québec sauvé pour cette année, s'en allèrent couper leurs blés. Le général Wolf tenta un nouvel effort, et parvint à débarquer par surprise sur la rive gauche du fleuve. Montcalm fondit sur l'ennemi ; lui et Wolf tombèrent presque en même temps blessés à mort . Les Français,
1. Montcalm, one of the bravest French soldiers ever known and whos© memory is still dear to the French, was born at Candiac, in Southern France. He was killed while defending Québec in 1759.
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fort réduits en nombre, furent repoussés, évacuèrent1 leurs positions, et Québec capitula quelques jours après.
L' armée canadienne ne songea point à traiter. L' hiver lui donna quelque répit. Au printemps, sept mille Canadiens essayèrent de reprendre Québec, attaquèrent, sans artillerie, la forte garnison anglaise sortie à leur rencontre, la battirent, lui enlevèrent ses canons (1760), la rejetèrent dans Québec et l'y assiégèrent. Ils ne pouvaient se résigner à la pensée d'être abandonnés de la France. Ils regardaient toujours vers le bas du Saint-Laurent, croyant voir arriver une flotte française. Ce fut la flotte anglaise qui reparut.
Il fallut lever le siège. Tout espoir était perdu. Les Canadiens résistèrent plusieurs mois encore. Deux cents d'entre eux, enfermés dans un fort, arrêtèrent douze jours onze mille ennemis qui arrivaient par le haut du Saint-Laurent. Toutes les forces anglo-américaines se réunirent enfin contre Montréal, dernier refuge des Canadiens. Le 8 septembre 1760 fut signée la capitulation par laquelle le Canada cessa d'être la Nouvelle- France, comme on l'appelait depuis sa découverte, et devint une province anglaise . Les Canadiens conservèrent leurs propriétés, leur religion, leur langue et leurs coutumes ; aujourd'hui encore, quoique mêlés de nombreux colons anglais ou écossais, ils sont encore Français de sentiment et de tradition, mais des Français du temps de Louis XIV plutôt que des Français modernes.
Henri Martin.