‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 50 sur 249 · En friche, uncultivated · texte numérisé non relu

En friche, uncultivated

journaliers,1 bien peu qui n'eussent laissé au logis des enfants criant de faim. Mais ce pain, dont on avait tant de peine à obtenir un morceau, il était terreux, amer, il causait des inflammations de gorge et des ardeurs d'estomac.2

Les moulins à bras établis à l'École militaire ne fournissaient que des farines aigries, d'une couleur jaune, d'une odeur infecte, et formant des masses tellement dures que pour en détacher des portions, il fallait les frapper à coups de hache. Voilà quel était l'unique aliment du peuple ; et, comme la France entière souffrait, la capitale voyait à toute heure, entrer dans ses murs des bandes d'inconnus en guenilles, tenant à la main de longs bâtons et se traînant courbés sous leurs besaces vides, foule sans gîte et sans lendemain que la province en détresse rejetait sur Paris affamé. Ainsi la misère prenait d'épouvantables aspects; les marchés de plus en plus orageux, semblaient se dessiner en champs de bataille ; le long de la Seine, les soldats faisaient la haie3 sur la route des convois,4 mais l'anxiété universelle arrêtait les transports au point de départ, le parlement de Bourgogne,5 celui de Franche-Comté,6 celui de Nancy,7

J. Journaliers, day laborers.

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