‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 96 sur 249 · BATAILLE DES PYRAMIDES · texte numérisé non relu

BATAILLE DES PYRAMIDES

Le 3 Thermidor (21 juillet) 1798, l' armée française se mit en marche avant le jour. Elle savait qu'elle allait apercevoir le Caire et rencontrer l'ennemi. A la pointe 'du jour, elle découvrit enfin à sa gauche, au delà du fleuve, les hauts minarets de cette grande capitale, et à sa droite, dans le désert, les gigantesques pyramides dorées par le soleil. A la vue de ces monuments, elle s'arrêta comme saisie de curiosité et d'admiration. Le visage de Bonaparte était rayonnant d'enthousiasme ; il se mit à galoper devant les rangs des soldats, et leur montrant les pyramides : " Songez, s'écria-t-il, que du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent ! " On s'avança d'un pas rapide. On voyait, en s' approchant, s'élever les minarets du Caire, on voyait grandir les pyramides, on voyait fourmiller la multitude qui gardait Embabeh, on voyait étinceler les armes de ces dix mille cavaliers brillants d'or et d'acier, et formant une ligne immense. Bonaparte fit aussitôt ses dispositions, L'armée était partagée en cinq divisions. Les divisions Desaix1 et Reynier formaient la droite, vers le désert ; la division Dugua formait le centre ; les divisions Menou et Bon formaient la gauche, le long du Nil. Bonaparte, qui, depuis le combat de Chébreïss^ avait jugé le terrain de l'ennemi, fit ses dispositions en conséquence. Chaque division formait un carré ; chaque carré était sur six rangs. Derrière étaient les compagnies de grenadiers en pelotons, prêtes à renforcer les points d'attaque. L'artillerie était aux angles, les

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