‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 99 sur 249 · Voulurent nous prévenir, tried to attack us flrst · texte numérisé non relu

Voulurent nous prévenir, tried to attack us flrst

DU XIXe SIECLE. 145

dans la plaine, entre le Nil et notre droite, furent fusillés ou poussés dans le fleuve. Les colonnes d'attaque abordèrent vivement Embabeh, s'en emparèrent, et jetèrent dans le Nil la multitude des fellahs et des janissaires. Beaucoup se noyèrent ; mais comme les Égyptiens sont excellents nageurs, le plus grand nombre d'entre eux parvint à se sauver. La journée était finie. Les Arabes qui étaient près des pyramides et qui attendaient la victoire, s'enfoncèrent dans le désert. Mourad, avec les débris de sa cavalerie, et le visage tout sanglant, se retira vers la haute Egypte. Ibrahim, qui de l'autre rive contemplait ce désastre, s'enfonça vers Belbeys pour se retirer en Syrie. Les Mameluks mirent aussitôt le feu aux djermes1 qui portaient leurs richesses. Cette proie nous échappa, et nos soldats virent pendant toute la nuit les flammes dévorer un riche butin.

Bonaparte plaça son quartier général à Giseh, sur les bords du Nil, où Mourad-Bey avait une superbe habitation. On trouva, soit à Giseh, soit à Embabeh, des provisions considérables, et nos soldats purent se dédommager de leurs longues privations. Ils trouvèrent des vignes couvertes de magnifiques raisins dans les jardins de Giseh, et les eurent bientôt vendangées. Mais ils firent sur le champ de bataille un butin d'une autre espèce, c'étaient des châles magnifiques, de belles armes, des chevaux et des bourses qui renfermaient jusqu'à deux ou trois cents pièces d'or ; car les Mamelucks portaient toutes leurs richesses avec eux. Ils passèrent la soirée, la nuit et le lendemain à recueillir des dépouilles. Cinq à six cents Mamelucks avaient été tués. Plus de mille étaient noyés dans le Nil. Les

l. Djermes, a kind of Turkish boat

soldats se mirent à les pêcher pour les dépouiller, et employèrent plusieurs jours encore à ce genre de recherche .

. L,a bataille nous avait à peine coûté une centaine de morts ou blessés ; car si la défaite est terrible pour des carrés enfoncés, la perte est nulle pour des carrés victorieux. Les Mameluks avaient perdu leurs meilleurs cavaliers par le feu ou par les flots. Leurs forces étaient dispersées, et la possession du Caire nous était assurée. Le surlendemain Bonaparte y entra, et alla prendre possession du palais de Mourad-Bey.

A. Thiers.

Sur mer, nos armes furent malheureuses. Une flotte anglaise détruisit dans la rade d'Aboukir l'escadre qui avait amené nos troupes.

Bonaparte pensa un moment à porter la guerre dans les Indes; mais depuis sa brillante campagne d'Italie, il était tourmenté de l'idée de s'emparer du pouvoir. Il savait que le gouvernement du Directoire n'était pas solide, il savait aussi que la France était menacée d'une invasion : il résolut donc de rentrer à Paris et, après avoir confié à Kléber1 le commandement de son armée, il s'embarqua pour l'Europe.

Nos frontières avaient été menacées ; heureusement une armée anglaise qui avait débarqué en Hollande fut battue à Bergen, et Masséna2 vainquit à Zurich une armée suisse.

La situation financière était mauvaise, les coups d'État succédaient aux coups d'État. Du Directoire et des deux assemblées, c'était à qui violerait les droits de l'autre.3 D'un autre côté, les complots royalistes et jacobins se succédaient sans cesse. Bonaparte résolut alors de mettre ses projets à exécution, ce qu'il fit le 18 brumaire (9 novembre 1799).

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