‹ Les historiettes de M. le chanoine de FabryChapitre 103 sur 121 · I. Mario-Tliércse, mère do Mario-AntoinoUo · texte numérisé non relu

I. Mario-Tliércse, mère do Mario-AntoinoUo

noblesse française, et, la veille du jour où devait se donner la fêle, les dames de la Cour, piquées de ce que l'on voulait donner le pas sur elles à une princesse étrangère, formèrent la lésolution de ne pas se rendre à cette fête.

Le roi en fut instruit. Au lieu de faire appeler les maris et de leur dire qu'il les rendra responsables de cette mutinerie de leurs femmes et qu'ils seront tous, ainsi qu'elles, chassés de la Cour et privés de leurs charges, il rassemble ses ministres et délibère avec eux sur celte imporlanle alTaire.

Ceux-ci ne trouvèrent rien de mieux que de donner au loi le conseil d'écrire à cliacune des dames de la Cour une lettre, où il déclarait que l'honneur qu'il ferait à la princesse serait sans conséquences. Ainsi fut fait et les dames françaises assistèrent à la fête.

L'une d'elles, soit en son propre nom, soit y étant autorisée par les autres, n'eut rien de plus empressé que de témoigner à Madame la Dauphine la douleur qu'elle avait ressentie de cette pelite contestation, dont elle la suppliait de ne pas savoir mauvais gré à la noblesse française.

La dauphine, un peu piquée, lui dit qu'elle ne pouvait s'empêcher de convenir que la noblesse française était très aimal)le mais aussi fort « insolente ». Peut-être ignorait-elle la force du terme, ainsi qu'autrefois avait paru l'ignorer le cardinal

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Mazarin,qui préteiulait n'entendre par cela qu'a insolite ».

Quoi qu'il en soit, le mot fut saisi dans toute la ibice de sa signification par les dames qui l'entendirent, et qui le répétèrent tout basa celles qui ne l'avaient pas entendu. Il en résulta qu'elles furent courroucées au point que, s'étant mises à table quelques instants après, elle ne mangèrent point et eurent l'air de ne prendre aucune part à la fête.

La dauphine ne tarda pas à s'apercevoir de leur mécontentement, el, comme elle était fort jeune, elle ne craignit pas de l'augmenter en se permettant, avec ses favorites d'alors, quelques petites gaietés sur la contenance de celle-ci, les manières de celle-là, etc.. Les dames en furent outrées.

De là l'espèce d'inimitié qu'elles lui vouèrent et les torts criminels qu'elles ont supposés à celle princesse qui, du reste, y donna assez lieu par son inconsidération. De là encore la prévention conçue par elle contre la noblesse française et dont elle n'est jamais revenue, à ce que l'on i)rélend.

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