‹ Les hommages divinsChapitre 59 sur 88 · LA FEMME A LA ROSE · texte numérisé non relu

LA FEMME A LA ROSE

J'aime te comparer au Dieu que je préfère, Au Bacchus qu'à Venise a peint le Tintoret. Te rendrai-je plus belle, enfant, quand je t'aurai Vantée en quelques vers qui ne pourront te plaire.

Si Ronsard t'avait vue, ô ma jeune panthère, Il eut planté pour toi la vigne et le cyprès. Moi, qui chante après lui, demain, je planterai La rose pourpre, orgueil des jardins de la terre.

Prends cette fleur au cœur plus sombre que le vin !

Ivresse de mes nuits ! pose-la sur ton sein

Qu'un triste amour trouera de ses flèches funèbres ;

Car, plus sourde à ma voix qu'un récif sans échos. Tu détournas les yeux pour cacher des sanglots Que deux anges obscurs portaient dans les ténèbres.

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