A. DUPONT
17* arrondissement. — 3,450 voix.
A. Dupont est âgé de trente ans à peine, il est de taille moyenne, chevelure et moustaches blondes , sa figure et toute sa personne révèlent un homme bien élevé et de manières distinguées.
C'était avant le procès de Blois un simple employé du Crédit foncier, qui s'occupait des ques-
lions politiques et sociales. Son avocat, M® É. Arago, a fait à l'audience ce portrait assez flatté de son client : « Qu'est-ce que Dupont ? Appartenant à la plus honnête famille, il a vingt-huit ans; il est marié, il est père; il a une femme charmante, pleine de qualités, des enfants qui font toute sa joie, et c'est par un travail opiniâtre qu'il subvient à toutes ses charges. »
C'est chez Dupont, rue Brochant, auxBaliguoUes, que furent arrêtés, on se le rappelle, la plupart des inculpés du procès de Blois. Dupont avait eu la naïveté de se laisser entraîner dans un complot tramé par des agents de police, et les provocateurs avaient fait de sa maison une véritable souricière dans laquelle il se trouva pris.
La tenue et la défense de Dupont au procès furent assez dignes, elles prouvèrent, si ce n*est pas l'esprit et la perspicacité de l'accusé, tout au moins sa résignation. Dupont fut condamné à quinze ans de prison.
La Révolution du 4 septembre le rendit à la liberté quelques jours après sa condamnation prononcée au mois de juillet 1870. Presque aussitôt Dupont fut nommé commissaire de police du quartier des Champs-Elysées.
Au 18 mars, Dupont vit arriver au pouvoir ses amis et complices du procès de Blois; il fut nommé chef de la police municipale et se porta candidat aux élections complémentaires du 17*' arrondissement.
Elu membre de la Commune, Dupont fut placé par ses collègues dans la Commission de sûreté générale, qui absorba alors tout son temps.
Dupont était un homme réservé et froid dans toute sa personne; sa crédulité, sa confiance, dont on a pu juger au procès de Blois, n'avaient pas diminué même depuis la terrible leçon qu'il avait reçue. Ces défauts faisaient de lui un bien médiocre homme politique.
Il n'a pas hésité, en effet, à se jeter dans le mouvement communal, même quand il était complètement dévoyé et qu'il semblait déjà perdu. De la part d'un autre que Dupont, cela pourrait passer pour un acte de courage, chez lui c'est le manque d'intelligence et l'ambition qui le poussèrent comme beaucoup d'autres dans un parti où il vit des titres et des honneurs inespérés à recueillir, sans songer aux conséquences terribles qu'entraîneraient pour lui l'acceptation des fonctions qu'il remplissait sous la Commune.
On n'a pas revu A. Dupont depuis lo moment où les fédérés ont évacué la Préfecture de police.