‹ Les hommes du jour [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 7 · CT UE · texte numérisé non relu

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ples exigences de sa profession, le Dr. Tupper avait trouvé moyen de s'intéresser aux affaires publiques et de donner une idée de l’étoffe dont il était fait Ses sympathies étaient pour les conservateurs ; mais ses vues étaient tellement progressives, et son programme, si hardi, que le parti conservateur dut modifier son nom pour les rencontrer. M. Howe était un rude joûteur et n’était pas facile à vaincre. Parmi les conservateurs, on savait qu’il n’y avait qu’un adversaire possible contre lui : le Dr. Tupper. Aussi lui demanda-t-on d’accepter la nomination comme l’un des candidats dans cette élection. Cette offre était flatteuse, sans doute, mais n'était guère séduisante. Entrer en lice avec un aussi formidable adversaire que M. Howe, c'était entreprendre une lutte de géant, d’abord, sans compter l’incertitude du résultat, la clientèle qui se disperse et, même après le succès, l'intérêt professionnel compromis au bénéfice de la politique. Néanmoins, il donna son consentement, quoiqu’un peu à contrecœur, et, une fois dans la lutte, il se jeta de l'avant avec toute l'énergie de sa forte nature. Il était encore novice dans l’art de parler en public ; mais, dans ce combat contre le plus éloquent et le plus sympathique orateur de la province, il ne faiblit pas un moment ; et, lorsque le scrutin fut dépouillé, l’on constata qu’il avait remporté un triomphe éclatant, autant peut-être à sa propre surprise qu'à la joie de ses amis et au désappointement de ses adversaires. Un incident significatif, à ce propos. Quand M. Howe retourna à Halifax et qu’on lui demanda son opinion sur le jeune médecin qui venait de lui infliger cette défaite, il répondit, avec cette franchise et cet empressement à rendre justice même à un adversaire victorieux, qui n'étaient pas les moindres de ses nobles qualités : ‘‘ Vous verrez bientôt que j'ai été défait par le /eader du parti conservateur.” Cette prédiction ne fut pas longue à se réaliser. Malgré l'élection du Dr. Tupper, le parti conservateur avait été écrasé. Dans une chambre de cinquante-deux députés, les conservateurs en comptaient seulement seize. Au-premier caucus tenu à Halifax, le jeune député de Cumberland fut appelé à donner son opinion sur les causes de ce désastre. Bien que le dernier arrivé, le Dr. Tupper avait le courage de ses opinions, et il indiqua immédiatement les questions sur lesquelles il croyait que son parti se trouvait du mauvais côté, et qui lui seraient toujours fatales.

Le programme conservateur d'alors aliénait au parti le support

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