ESQ. M. P
Mon cher Whitmoee ,
Je vous dédie cet ouvrage ; votre conduite, comme homme politique , a toujours été ferme et sans reproche, et personne n'a porté dans l'exercice de ses fonctions publiques un esprit moins faussé par les préjugés et plus philosophiquement jaloux d'arriver à la vérité. Ne vous mêlant jamais des haines de parti , et ne descendant pas à ces basses menées par \eaquelles on achète une popularité d'un moment , en
se couvrant de mépris , vous vous êtes sagement ci tenté <le mériter l'estime de vos concitoyens, en défendant leurs intérêts avec nu zèle éclairé et une persévérance inébranlable.
Si j'eusse cru qu'en écrivant sur les Etats-Unis, un motif quelconque eût pu ni 'influencer et ternir la pureté de mes intentions, vous scriei la dernière personne à laquelle j'eusse voulu en appeler. Qui , plus que vous , est en état d'ejamiuer sévèrement les propositions que j'avance, d'écarter Je la vérité les nuages du sophisme el delà déclamation. C'est donc en témoignage de ma sincère estime, que je joins ici votre nom ou livre que je publie. Vous y trouverez les vues d'un observateur indépendant ; l'examen les a mûries, et je les offre au public avec cette confiance de l'écrivain qui prétend exercer qitelqu' influence sur l'opinion.
Ce n'est qu'un an après mon retour, que je me décidai à publier mes observations sur les Etats-Unis. Il ne manque pas de voyages dans l'Amérique ; et c'est avec peine que je me stiis déterminé à mettre au jour des opinions qui ne pouvaient être regardées que comme offensantes pour un peuple dont je n'oublierai jamais l'hospitalité. J'aurais peut-être mieux fait de garder le silence , et de consacrer ces heures de paresse et d'oisiveté qui se rencontrent dans la vie de J'homme du monde, à une littérature plus légère, s élre plus attachante , eût été tmwïv m* bat-
j avec les goûts et les habitudes tle l'auteur.
Hais, quand ji
étaient publiquement prônées dans le parlement réformé ; qu'on les présentait comme des modèles pour la législation anglaise ; que les bavards qui débitaient ces erreurs étaient écoulés a vee patience, même avec admiration , lorsque le ridicule seul eût dû les accueillir; j'ai cru qu'il manquait un autre ouvrage sur l'Amérique, et j'ai entrepris une tàclie que des considérations d'un ordre intérieur m'avaient fait abandonner.
Je ne prétends pas dire jusqu'à quel point j«i été influencé, en écrivant sur le* EtatJ-Unis, par les préjugés naturels à un Anglais. Çni peut se flatter de s'être entièrement dégagé Jes habitudes de l'éducation et de l'enfance , et d'avoir échappé à toutes ces préoccupations secrètes qui envahissent le jugement des hommes les plus sages.
Mais, à part ces nécessités et ces influences connues, je crois métré délivré de tout ce qui pouvait me là ire porter un faux jugement sur la condition morale et sociale des Américains. J'ai visité leur pays sans antipathies ; et je ne doute pas que vous ne me rendiez la justice de dire que mes sentimens politiques n'ont jamais pu faire penser que je porterais un regard prévenu sur leur gouvernement. J'ai été reçu dans le* États-Unis avec bienveillance; j'y ai rentotA* tré de» personnes pour Jes.jueîles je conserver» tau-
s la plus profonde estime , et qui ont rendu mon séjour tout à la fois utile et agréable. Je n'étais pas sorti d'Angleterre avec les idées d'un visionnaire et d'un enthousiaste mécontent; je n'y suis donc pas revenu trompé dans mon attente et dans mes espérances. II y a long-temps que j'ai abdiqué toutes les prétentions ambitieuses de ce monde; je ne suis lié à aucun parti, et soumis à aucune opinion; j'ai visité plusieurs contrées, et je crois pouvoir réclamer les privilèges de tous les voyageurs.
Je laisse donc aux autres le soin de rechercher si un esprit Je parti quelconque a pu me porter à déverser injustement le blâme sur les manières , les mœurs et les instituions d'un peuple, si intimement lié au peuple anglais pa* des intérêts présens et une commune origine.
On a souvent répété que les narrations des voyageurs étaient nécessai rement mensongères; je l'admets; et je demande seulement qu'on me truite le plus favorablement possible. Le voyageur, dans ses observations, est généralement forcé de ne saisir que ces bagages futiles et légers qui flottent sur la surface de la société; il ne peut pénétrer dans ses trésors cachés. Ses sources d'information ne sont pas des plus sûres, et il ne peut que s'en rapporter à une expérience imparfaite. La plus grande partie des faits qu'il raeonle ne repose que aur le témoignage d'autrui. Oam Vnsuge ordinaire de la vie , \es tamuae» «s