‹ Les Hommes illustres de l'Orléanais (volume 2)Chapitre 58 sur 85 · DE LUCHET · texte numérisé non relu

DE LUCHET

M. le marquis de Luchet de la Roche du Maine , né à Orléans vers 1720 et mort après 1776, n'y est guère connu que par le premier volume d'une Histoire d'Orléans , qui fit une grande sensation dans la province lors de son apparition.

On sait seulement qu'il avait été officier de cavalerie , qu'il excellait dans Fart de l'escrime et au jeu de paume , et qu'ayant fait de trèsbonnes études , il occupait ses loisirs a l'étude de l'histoire et a des essais littéraires insérés dans des recueils du temps.

Après avoir réuni des matériaux pour écrire une histoire de l'Orléanais, il fit part de son projet au duc d'Orléans et au corps de la

TKOISIEML SÉRIE. — SAVANTS ET LITTÉRATEURS. 2ol

ville. Les maire et échevins lui promirent 6,000 francs d'indemnité, si son ouvrage avait seulement trois volumes in-4° , et 8,000 francs s'il en avait cinq. Le duc d'Orléans s'engagea aussi à lui remettre une indemnité de deux a trois mille francs.

Le premier volume, quoique sous la rubrique d'Amsterdam, parut a Paris en 1766. Le public l'accueillit bien , mais le corps de ville goûta peu le ton frondeur, critique et impie de ce livre, dit un écrivain du temps. Il était encore trop tôt pour parler le langage de la raison, a écrit un autre auteur; le clergé, surtout, ajoute-t-il, s'éleva contre le peu de respect qu'il montre pour lui, et contre les doutes élevés sur la mission divine de Jeanne oVArc, &c.

Le duc d'Orléans engagea l'auteur à ne point continuer ses publications, et lui donna à cet effet 2,000 fr., en retirant du commerce le plus d'exemplaires possible ; d'un autre côté , le corps de ville se dégagea en lui payant 3,000 fr. La seule trace de ces faits traditionnels existe dans une quittance conservée aux archives de l'Hôtel-de- Ville et assez singulière pour être publiée ici , pour la première fois , nous le croyons :

« Je soussigné, reconnais avoir reçu de MM. les maire et échevins « de la ville d'Orléans la somme de quinze cents livres, qui, avec « une pareille somme de quinze cents livres que j'ai déjà reçue, en « deux fois, desdits sieurs, fait celle de trois mille livres, dont je me « contente, au lieu de celle de six mille livres qui devaient m'être « payées parla ville d'Orléans, en exécution d'une délibération en a date du 10 janvier 1764, laquelle demeure nulle et de nul effet.

« À Paris, le 10 janvier 1766. Signé : le marquis de Luchet. »

Le seul volume qui ait paru est aujourd'hui très-rare et bon à consulter, surtout pour les pièces justificatives qui sont a la fin.

La même année, 1766, parut une critique sévère et trop passionnée de cet ouvrage (voir M. Jousse). M. de Luchet y répondit en 1767, et il nous a été impossible, jusqu'ici, de nous procurer cet écrit trèsmordant, disent les contemporains.

Mais, en 1776 , M. de Luchet fit imprimer un in-8° de cent trente et une pages, extrêmement rare maintenant, et intitulé : Dissertation ' sur Jeanne d'Arc, &c; il est sans nom d'imprimeur et sans permis d'imprimer. Plusieurs des historiens de Jeanne d'Arc , et notamment

M. Lebrun des Cbarmettes , le plus complet et le plus exact de tous, en ont eu connaissance.

Le premier et seul volume de l'histoire de M. de Luchet, qui doit être compté comme le huitième historien de l'Orléanais , se termine à peu près à la mort de Jeanne d'Arc; le second était composé, mais il a été brûlé après sa mort, ainsi que des fragments du troisième.

RIPAULT-DÉSOBMEAUX (Joseph-Louis).

Il naquit a Orléans le 5 novembre 1724, y fit ses études, vint à Paris, fut bibliothécaire du prince de Condé, puis prevôt-général de l'infanterie française et étrangère. En 1771, il fut nommé membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et en 1772, historiographe de la maison de Bourbon. Il mourut le 21 mars 1795.

On a de lui : 1° les 9 e et 10« volumes qui complètent V Histoire des Conjurations, de Duport-Du tertre ; ils traitent des Révolutions des Grandes-Indes; — 2° Y Abrégé chronologique de l'histoire d'Espagne et de Portugal, qu'on regarde comme son meilleur ouvrage (17i>8, 6 vol. in-12); — 3° Y Histoire du Maréchal de Luxembourg et de la Maison de Montmorency, il '04 (5 vol. in-12), ouvrage encore estimé; — 4° YHistoire de Louis H, prince de Condé, 1766-68 (4 vol.); — 5» YHistoire de la Maison de Bourbon, 1772-88 (5 vol. in-4°). La révolution arrêta la suite de cet ouvrage qui finit a Henri ni ; — 6° enfin plusieurs Mémoires relatifs a l'histoire de France, imprimés dans les recueils de l'Académie des Inscriptions.

Désormeaux sut remplir exactement les devoirs que ses diverses fonctions lui imposèrent; et il eut le mérite assez rare de rester fidèle a la maison de ses bienfaiteurs, après les malheurs qui la frappèrent lors de la révolution.

Comme historien, il a un ton de candeur et de vérité qui inspire la confiance ; mais on lui reproche les digressions et le défaut de critique; on trouve que son style manque généralement de force et de chaleur.

GUÉIUNEAU DE SAINT-PÉRAVY (Jean-Nicolas-Marcelin).

On dit bien, en parlant de Janville, en Beauce : la patrie de Colardeau, mais non la patrie de Saint-Péravy . N'avait-il donc aucun talent, celui qui a produit ces stances sur la Vie?

Toi qui m'as jeté nu sur l'océan du monde , Dieu qui t'assieds en paix sur les orbes des deux; Veille sur ton enfant errant au gré de l'onde , Et rapproche le port qui recule à mes yeux.

Guide-moi dans la nuit : sur cette mer sans rives , Je nage à la lueur des rapides éclairs; Sous mes bras énervés les vagues fugitives N'offrent en se brisant que des gouffres ouverts.

Mes frères, entourés de joyeuses compagnes, Ornent de soie et d'or leurs heureux pavillons, Et leur proue , effleurant les liquides campagnes , Vole, et me froisse encor de ses Tiers avirons.

Enlace, ô ma moitié, tes mains entre les miennes; Endormons-nous en paix sur les flots en courroux; La foudre qui détruit les superbes antennes , Sans nous apercevoir passera loin de nous.

Et pas un biographe n'a seulement indiqué le titre de ces beaux vers !

Né paresseux et fait pour le présent, — comme il dit , — il néglige l'avenir ; et l'aveu lui plait, car il y revient encore dans une autre épître :

Que m'importent à moi ces chefs-d'œuvre si beaux Produits dans les accès d'une céleste ivresse 1 Valent-ils les douceurs d'un indolent repos Et les rêves de ma paresse ?

Mais il faut vivre , et il écrit , en prose d'abord , sur l'horticulture, la politique, l'agronomie , sept volumes de loin en loin mis au jour, entre lesquels s'élancent de ses doigts — autant de fusées alors applaudies — odes, épîtres, stances, idylles, élégies, romances, épigrammes, productions poétiques, éparpillées de pièces pleines de sentiment, d'esprit, de mollesse et d'aisance, mais filles de l'insou-

ÎT>4 LES HOMMES ILLlSTtlES DE L'ORLÉA*AlS.

ciance et inégales comme elle. Un conte de lui , Y Optique, est tenu à toute force pour l'œuvre de l'auteur de Candide, et cela par J.-B. Rousseau lui-même. Collaborateur des Dupont, des Mirabeau au Journal de Y Agriculture et du Commerce, Guérineau pouvait voir de beaux jours, peut-être, quand, vers 1779, une affaire d'honneur lui fit quitter la France et brisa son avenir. Liège fut le lieu de son refuge , triste , à en croire ses plaintes dans sa gentille épitre à M. le comte de : Plus de sel auique, plut de bons mots, s'ecrie-t-il :

A leur place j'ai rencontré, Sous un costume très-gothique , L'ennui bien gros , bien rembourré

De dos bons et loyaux Flamands J'admire fort la courtoisie :

Mais... rumfonnité m'ennuie.

Les absents ont toujours tort, même aux yeux de la renommée; Guérineau ne tarda pas a s'en apercevoir. Dégoûts , malheur, échecs de tout genre, au théâtre, dans le journalisme, en poésie; la détresse, la mort, voilà ce qui l'attendait à l'étranger; et quand il s'y éteignait, épuisé d'inutiles efforts, c'était le triomphe de ses idées politiques! 89 avait sonné !

Cet exil de dix années , les dernières de sa vie , expliquerait à lui seul l'oubli dans lequel est tombé Saint-Péravy. n était aussi riche de son propre fonds que d'autres plus hedreux qui ont eu le temps de recueillir eux-mêmes et de rentrer avec soin leur petite moisson poétique et littéraire. L'oubli à son égard est encore plus absolu dans son pays natal qu'ailleurs. Une seule personne subsiste encore qui se rappelle bien Guérineau , pour l'avoir vu , s'être appuyé une fois par hasard sur son bras dans leur mutuelle jeunesse , mais qui ne connut jamais en lui l'écrivain. Commesisa mauvaise étoile, enfin, ne devait pas l'abandonner, la plupart des biographes sont restes muets sur son compte , et si quelques-uns lui ont fait l'aumône d'un souvenir, ç'a été pour torturer son nom ou fausser sou acte de naissance (1).

(I) Cet acte, retrouvé à Janville, constate que Guérineau de Saint-Pératy naquit, d'une houorable famille de robe , le 12 octobre 173», trois ans, jour pour jour, après son compatriote Colardoau

DELOYNES D'AUTROCHE (Claude).

Ce littérateur distiDgué naquit à Orléans le 1 er janvier 1744. Dès sa jeunesse, il fut épris de l'amour des beaux-arts : ce goût lui fit entreprendre un voyage en Italie; il parcourut en poète et en artiste cette belle contrée, où les traces du génie sont empreintes a chaque pas. Il visita aussi, à Ferney, le patriarche de la littérature, et il déclara, a son retour, que ses entretiens avec Voltaire l'avaient rendu plus chrétien qu'il n'était auparavant.

Revenu de son pèlerinage en Italie, d'Autroche se maria et se retira à sa campagne de La Porte , à quelque dislance d'Orléans. Là son temps se partagea entre la poésie et les soins qu'il donnait a rembellissement de sa propriété. D se plaisait dans cette agréable et studieuse retraite , qu'il ne quittait presque jamais.

C'est là qu'il traduisit, en vers, Y Enéide, le Paradis perdu, la Jérusalem délivrée. Les deux derniers de ces ouvrages ont été publiés en 1808 et en 1810. On lui doit la traduction en vers des Psautnes et celle des Odes d'Horace, dont M. Daru disait (trop modestement peut-être) que s'il l'avait connue, il n'aurait pas entrepris la sienne. D'Autroche composa encore plusieurs ouvrages qui n'ont pas été publiés : nous avons trouvé cependant quelques autres pièces, par exempte, les Voyageurs, petit poëme empreint du sentiment religieux, et VEpUre à la Critique, dans laquelle, loin de se plaindre du fiel que ses censeurs avaient distillé contre lui , il se félicite de leurs attaques qui ont redoublé son courage et l'ont poussé à produire de nouvelles œuvres. On y remarque ces vers qui indiquent l'ordre dans lequel il a composé ses traductions :

A l'élégant Horace a succédé Virgile ; Virgile dénigré m'a fait hausser le ton , Et ma trompette épique a reproduit Milton ; Milton , plus maltraité, Tient d'enfanter le Tasse , Digne rirai, dit-on, de Virgile et d'Horace.

D'Autroche a publié, en 1767, un Mémoire sur l'amélioration de la Sologne qui contient des vues utiles.

II mourut le 17 novembre 1825, dans les sentiments de piété profonde qui avaient été ceux de toute sa vie.

FARIAU DE SAINT-ANGE (Ange-François).

11 naquit a Blois, le 13 octobre 1747, de Fariau de Coulommiers, conseiller du roi : il quitta sa ville natale à la suppression du collège des Jésuites, où il avait commencé ses études, et vint à Paris les continuer, a titre de boursier, dans rétablissement de Sainte-Barbe. Ce fut la qu'il essaya ses forces poétiques. En 1768, lors de la présence du roideDanemarck a Paris, U présenta à ce prince une pièce de vers français. Des vers français ne faisaient pas le compte de l'Université : Saint-Ange fut mis au régime des vers latins, avec la permission de cultiver le vers grec, comme distraction.

Mais au sortir du collège , libre de suivre sa vocation , notre poète se livra tout entier au culte des Muses et se fit d'abord connaître par la traduction qu'il donna en vers français de deux morceaux d'Ovide : les Amours de Biblis et Vertumne et Pomone. Il y avait du tact et de l'habileté dans le choix de ce modèle. En Tan de grâce 1771 la philosophie n'avait pas encore coupé les ailes a la poésie mythologique, les riantes fictions de la fable étaient respectées de Voltaire luimême, et un bouquet a Chloris galamment tourné suffisait pour passionner la frivolité de la cour et de la ville. Ce fut le Mercure de France qui se chargea d'annoncer a ses abonnés ravis que le XVffl e siècle comptait un poète de plus. La Harpe y fit paraître (décembre 1771 ) les deux essais de Saint- Ange et les accompagna d'un article fort louangeur qui appelait sur leur auteur l'attention des bons juges et invitait les littérateurs honnêtes et paisibles a goûter dans le silence de leur cabinet celte facilité harmonieuse et ces gracieuses fantaisies, renouvelées de l'antiquité. Voltaire lui-même écrivit de Ferney au jeune poète, ce billet aussi malin qu'aimable : « \je vieillard pres- « que octogénaire et très-malade à qui M. de Saint-Ange a bien a voulu envoyer sa traduction de Y Aventure de Biblis, lui doit bien « des remerciments. C'est un élixir qui l'a un peu ranimé dans « le triste état où il est. Les vers de M. de Saint-Ange sont d'un très- « bon poète : le vieux malade prend la liberté de lui donner sa bé- « nédiction, in quantum potest.

Turgot s'intéressa à un poète si riche d'avenir et lui fit obtenir au

contrôle-général une place changée ensuite en une pension sur Y Almanaeh royal. Une pareille fortune était le Pactole pour les goûts simples et modestes de Saint- Ange ; mais il ne lui suffisait pas d'obtenir les faveurs de Plutus, il voulut, par de sérieuses études, mériter celles d'Apollon. Assouplir la langue poétique, ménager au style de nouvelles ressources et agrandir le champ de la littérature, tel est le but qu'il s'est proposé. Pour ce dessein, Ovide était fort heureusement choisi : la flexibilité de son langage, la grande variété des sujets où s'est jouée sa muse, la richesse des détails qu'il a jetés avec une éblouissante profusion , l'art de nuancer les couleurs suivant que son pinceau fait rayonner le palais du soleil ou esquisse la riante simplicité de la cabane de Philémon, toutes ces belles qualités devaient être pour Je traducteur le sujet d'une émulation féconde. Les défauts mêmes du « brillant dissipateur des trésors poétiques », ses redites ingénieuses, le luxe toujours renaissant de ses développements, en donnant à la lutte plus d'opiniâtreté la rendaient aussi plus profitable à notre langue.

Saint-Ange se mit résolument à l'œuvre, et a travers mille alternatives de découragement et d'espérance, commença, interrompit, reprit, acheva enûn la traduction des Métamorphoses qu'il dédia aux mânes de son bienfaiteur. Une fidélité scrupuleuse en est le premier mérite. Quant à la pureté de l'expression, a la facilité du tour, a l'aisance du style, ce sont des dons heureux qu'il semble avoir dérobés à son modèle. S'il n'a pas laissé à Ovide tout son esprit, il a remplacé par une élégance d'un goût simple l'éclat de l'original , et la muse d'Ovide n'a rien perdu de la souplesse de sa taille à revêtir uu costume étranger.

Outre les Métamorpfioses , il traduisit encore Y Art d'aimer, du même poète. Il est vrai de dire que la copie ne rappelle pas la vivacité du coloris et l'exquise délicatesse du poëme latin. Mais le chevalier romain ne doit sa supériorité qu'à sa longue expérience de l'art qu'il enseigne, et s'il excelle à donner le précepte, c'est qu'il parlait d'expérience et prêchait d'exemple. Pour nous peindre avec vérité les Grâces à la toilette de Corinne, il faut, comme Ovide, les y avoir vues. Or, la pureté des mœurs de Saint-Ange était un obstacle à la vérité do son inspiration, et rien dans sa vie ne nous laisse supposer qu'une Corinne nouvelle l'ait engagé à se faire le législateur des plaisirs.

TOMK i. m

2f>8 LES HOMMES ILLUSTRES DE I. ORLÉANAIS.

Le succès qui couronna ses efforts était si difficile à obtenir qu'un peu de vanité s'excuse chez notre auteur. La vanité , d'ailleurs , est accueillie avec un sourire indulgent, quand un certain air de bonhomie et de franchise en tempère l'expression. Aussi, lorsque j'entends Saint-Ange s'écrier dans sa naïve allégresse : « Quel talent ne faut-il « pas pour traduire Ovide ! combien cette délicatesse de détails m'a « coûté d'efforts! il faut rester fidèle à la rime, a la mesure et en « même temps à la pensée du modèle; on ne peut égaler les anciens « qu'à la condition de les surpasser, » je regrette simplement que l'auteur, devançant le jugement de la postérité, ne nous ait pas laissé le plaisir de lui faire nous-mêmes ce sincère compliment. A l'époque de la Révolution, Saint-Ange perdit sa place dans les finances, à cause de son modérantisme. Il se trouvait, en 1794, sans ressources et sans appui, et dut accepter une modique place dans l'agence et l'habillement des troupes. Nommé a la réorganisation de l'instruction publique professeur de grammaire générale, puis de belles-lettres, il occupa une chaire à l'école centrale de la rue Saint-Antoine (aujourd'hui collège Charlemagne). Le zèle qu'il apporta a ces fonctions, qui étaient en harmonie avec ses goûts, acheva d'ébranler une santé déjà faible, et il fut forcé de demander un suppléant ; son traitement lui ayant été conservé, il put dès lors, libre d'inquiétude, « se prêter au monde » et se livrer a la solitude.

Que fout-il à l'abeille? un asile de fleurs.

Les fleurs, elles naissaient pour lui au souffle poétique d'une imagination toujours facile, et sa chère solitude s'embellissait de leurs parfums.

Le traducteur d'Ovide s'était présenté plusieurs fois inutilement à l'Académie française. Soit qu'il lui répugnât de tendre les ressorts de l'intrigue pour déjouer des prétentions rivales, soit que la naïveté de son amour-propre indisposât contre lui, il ne fut admis qu'en septembre 1810, à la place de Domergue. Il était temps que cette consécration officielle de son talent vint honorer sa vieillesse souffrante : quatre mois après sa réception, le 8 décembre 1810, il mourut des suites d'une chute qu'il avait faite en se rendant à l'Institut.

Outre les Métamorphose* et Y Art d'aimer, il a encore traduit d'Ovide

le Remède d'Amour, avec quelques élégies et quelques héroïdes du même poète. Il a laissé aussi un petit volume de poésies fugitives. On lui doit encore : Y Homme sensible, roman moral, traduit de l'anglais, de Brook; Y Ecole des Pères ou l 'Heureux Echange , comédie en cinq actes en vers, qui n'a pas été représentée. En 1705, il publia les mémoires de Chabanon, dont il avait été l'ami, sous ce titre : Tableau de quelques circonstances de nui vie.

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