C. BMINNB
(I) Le frère de Charles était ru ré de la paroisse de Saint-Paterne d'Orléans. (Soie communiquée par M. l.orin de Chaffin, maire de Deaugeney, parent de Charles) .
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LES HOMMES ILLUSTRES DE L OllLÉAMAIS.
LX)rBLET (François).
Le goût des Chartrains pour les arts libéraux ne date pas seulement d'aujourd'hui; un de nos vieux historiens a pu dire de Chartres: « Artium liberalium studiis habetur famosissima. » Historiens, poètes, littérateurs, avocats, &c. , ont concouru à former cette grande renommée; de son côté, la science médicale en revendique une bonne part. Dans un espace de quarante années (de 1711 à 1751 ) , nous comptons quatre illustrations dans la médecine ; parmi elles , deux docteurs-régents de l'ancienne Faculté de médecine de Paris, deux membres de l'Académie des Sciences, deux professeurs de médecine légale (1); Bouvard, Deschamps, Manon, vinrent les premiers; Doublet, le plus jeune de ses compatriotes, ne tarda pas à les rejoindre: il marcha vile; sa carrière fut courte, mais bien remplie. Moins heureux qu'eux , il mourait quand sa vie commençait à peine, quand l'avenir le plus brillant s'ouvrait devant lui.
François Doublet est né a Chartres, sur l'ancienne paroisse de Saint-Martin, le 50 juillet 1751 . Son père était procureur au bailliage. Il commença ses études dans sa ville natale. Les récits des histoires de voyage le séduisirent; il rêva le bonheur et la fortune au-delà des mers : sa jeune tête se remplit d'idées aussi ambitieuses qu'extravagantes. Lié d'une étroite amitié avec l'un de ses camarades , les conseils de celui-ci l'entraînèrent : Doublet quitta la maison paternelle. Le jour de son départ, de grand matin , il alla trouver son père pour lui annoncer une absence de quelques jours< Son hésitation, son embarras , son émotion , surtout, allaient le trahir ; il se jetta dans ses bras et s'enfuit sans proférer un mot. Il aimait trop son père pour le soumettre à une semblable épreuve: il partit n'osant lui dire adieu.
Doublet parcourut la Hollande, où il eut à courir mille dangers. L'étude qu'il Gt de ce pays décida de sa vocation pour la médecine. La Hollande a droit d'être fière d'avoir produit Van-Helmont , Driessen, Deiman, Vander-Linden et surtout Boërhaave, l'un des médecins les plus célèbres du XVIII 0 siècle.
(I) Gendron se distingua aussi comme professeur à la Faculté de médecine de Montpellier. H était né à Voves, arrondissement de Chartres.
Doublet ne tarda pas à abjurer ses erreurs de jeunesse ; il revint dans sa patrie consoler son vieux père. Il reprit le cours de ses études à Chartres, où il ût sa philosophie sous l'abbé Journais, de 1767 à 1768. Le 7 du mois d'octobre de cette année, il partit pour Paris et entra au collège Louis-le-Grand. Docile aux volontés paternelles , il fit son droit et fut reçu licencié le 15 juillet 1772. Corvisart avait ainsi commencé. Doublet, entraîné par sa vocation, prit ses inscriptions à la Faculté de médecine de Paris. Alors seulement il fit preuve d'une aptitude toute particulière pour ce nouveau genre de travail. Il ne se contentait pas de suivre assidûment les leçons de ses professeurs; il ajoutait aux idées qu'il avait retenues, les approfondissait en les développant. La clarté de son style , la précision sans stérilité de ses pensées , firent remarquer en lui le tact profond du praticien. Ses cahiers furent regardés comme de véritables traités. Au bout de trois ans d'exercice il fut nommé médecin de Y Hôpital de charité de Saint-Sulpke (hospice de M mo Necker).
En 1786, Doublet fut nommé associé ordinaire de la Société Royale de médecine, qui ne comptait que trente membres. Au mois de mai 1787, il fut choisi, avec M. Delaporte, pour aller a Lo rient étudier une maladie épidémique qui régnait dans les prisons de cette ville: ils s'acquittèrent avec honneur de cette mission périlleuse. En 1791 , ses Recherches sur la fièvre puerpérale furent publiées par ordre du roi. Nommé sous-impecteur des hôpitaux civils du royaume, il justifia ce choix par la publication de mémoires importants sur cette partie de l'administration. Il rédigeait aussi des feuilles d'observations pour le département des hôpitaux civils, auquel il était attaché depuis 1785 ; elles étaient insérées au Journal de médecine et distribuées a la fin de l'année par ordre du gouvernement.
En 1790, l'Assemblée nationale s'occupait d'une loi sur le régime sanitaire des prisons. Doublet adressa au président du comité de l'Assemblée un Mémoire sur la nécessité d'établir une réforme dans les prisons et sur les moyens de l'opérer. Ce mémoire éclaira l'Assemblée constituante et fit sensation dans le public.
Le 50 août 1791 , Doublet présenta , comme rapporteur, à la Société de médecine, un Etat de situation des prisons de Paris et des moyens de les rendre salubres. Appelé, en 1794, à faire partie despro-
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fesseurs élus pour former l'École de médecine de Paris, il fut chargé d'y enseigner la pathologie interne : ses deux dernières leçons traitaient de la mort. Doublet s'y éleva aux plus hautes considérations; sa philosophie rehaussa l'éclat de ses paroles; elles attiraient une foule empressée de l'entendre : c'était le chant du cygne. L'homme qui n'envisageait naguère la mort qu'avec dédain devait en être l'une des premières victimes ! En descendant de sa chaire , Doublet se mit au lit. Au bout du onzième jour de sa maladie , il succomba. Une lièvre ataxique cérébrale l'enleva aux sciences et à l'humanité , le 5 juin 1 795 , a une heure du soir ; il était a peine âgé de 44 ans.
La Convention avant ordonné la distribution d'une somme de 244,000 fr. , à titre de récompense nationale, a cent dix-huit hommes de lettres, artistes ou savants, M me Doublet y fut comprise pour une somme de 5,000 fr., en reconnaissance des travaux de son mari.
On connaît de Doublet les ouvrages suivants :
4° Mémoires sur les symptômes et les traitements des maladie* des enfants nouveau-nés , Paris , in-12, 1791 ;
2° Observations faites dans le déparlement des hôpitaux civils, 4 vol. in-8°, Paris, 1785, 86, 87 et 88;
5° Remarques sur la fièvre puerpérale, in-12, 1785. — Nouvelles recherches publiées par ordre du roi, in-12, 1791 ;
4° Mémoire sur la nécessité d'établir une réforme dans les prisons, et sur les moyens de l'opérer, suivi de la conclusion d'un rapport sur l'état des prisons de Paris , lue à la séance publique de la Société Royale de médecine, le 28 août 4794, in-8°;
5° En commun, avec M. Colombier, deux recueils de Mémoires sur les épidémies de la généralité de Paris , et une Bonne Instruction sur la manière de gouverner les itisensés et de travailler à leur guèrison dans les asiles qui leur sont destinés;
6° Dans Y Encyclopédie méthodique, les articles: Air météorologique, — Armées (maladie des), — Caractère du médecin, — Clinique, — Conseil, — Consultation, — Enfants (maladie des), — Expérience (1).
(1) Doublet s'était occupé d'une flistoire de In Médecine, depuis Hyppocrale jusqu'à nos jours Plus d'une fois, il emprunta la main de son frère (mon vénérable père) el du docteur Mongenot, son fils adoptif, pour écrire sous sa dictée Cet ouvrage, qui
Le portrait de Doublet, dessiné par Cochin, en 1787 , a été gravé par B. Roger, en 180ÉK — Au bas d'un autre portrait que nous possédons, Collin-Harleville écrivit ces vers :
A son aspect, déjà Ton renaît à demi; Son visage riant console , persuado, Il guérit , en un root , et son heureux malade A son tour le visite et reste son ami.