VII. De la forêt où les famés conversoient
Ces titres suffisent pour prouver que c’est un roman rempli de fables, et non une traduction de l’histoire déjà si peu véridique de Quinte-Curce. L’auteur va même jusqu’à substituer quelquefois ou à ajouter aux exploits d’Alexandre les faits des règnes de Louis-le- Jcune et de Philippe-Auguste.
Il donne au roi de Macédoine douze pairs et un connétable , et , par un anachronisme qui dépasse les licences de la poésie, il fait broder sa tente par Isabelle de Hainaut, reine de France., Le style de Lambert Li-Cors a tant vieilli, qu’il serait malaisé au lecteur d’en déchiffrer une citation. On trouve cependant quelques vers du roman d’Alexandre qui joignent à la justesse des pensées un tour d’expression plus heureux et une harmonie plus régulière.
N’cst pas roi qui se fausse et sa rezon dément ?
Pire est riche mauvais que pauvres honourcz.
Voilà des maximes qui sont de tous les temps, et qu’on aime à entendre sortir de la bouche d’un poète dans un siècle d’oppression et de barbarie.