PERSONNEL MÉDICAL
Les médecins sont nommés par la commission, sur leurs titres tant professionnels que sociaux. Ils sont aujourd'hui au nombre de onze, dont un médecinchef (chirurgien), un chirurgien suppléant et un médecin militaire.
L'Histoire se doit d'enregistrer qu’ils sont annoncés par un timbre électrique qui frappe un nombre de coups différent pour chacun, que la voix harmonieuse de ce timbre n’est pas perçue au delà de 30 mètres et que le malheureux interne fait les frais de cette insuffisance…
Le maigre traitement des médecins de l'Hôpital en
fait pratiquement un poste bénévole.
“te poste d’interne n'existe que depuis janvier 193: : on pourra trouver la liste complète de ses titulaires sur les murs du réfectoire, délicatement décorés par leurs soins.
Les internes sont nommés par la Commission, nourris, et parfois logés. Depuis 1933, l'Hôpital compte deux internes ; quand fonctionnera le nouveau pavillon il devra probablement en nommer un troisième, qui
me serait déjà pas de trop dès maintenant. Notons en passant qu’il ne serait pas superflu de leur donner uné salle de garde et surtout une salle d'examen leur per= mettant d'établir un diagnostic sommaire, afin de pouvoir diriger tout de suite les entrants dans le’service approprié.
Interne... Tous ceux qui ont été, comme nous, < internes de province », comprendront notre émotion au souvenir de ce poste qu’ils occupèrent aussi. On le postule parce que les concours de Faculté sont difficiles, — parce que, après eux, il conduit à la meilleure formation médicale, — parce que la vie en Faculté est onéreuse — parce que, souvent, il vous rapproche de votre terroir, vous aide à connaître vos futurs confrères... On le postule pour vingt raisons, eton l’aime davantage à mesure qu’on y avance.
L’interne, ce n’est plus le stagiaire anonyme : c’est l’apprenti de jadis, qui suit les leçons socratiques du maître, auquel il est lié par cette camaraderie un peu distante du « patron», dont l’indulgence veut bien diminuer la distance qui les sépare : âge, titres, expépérience.
C’est la liaison entre les malades et le chef du service ; c’est à lui qu’on se confie parce qu’on n’est pas sûr de pouvoir oser telle démarche, parce qu’on connaît bien « son » interne et ses réactions et qu’on sait que lui aussi vous connaît bien. C'est la liaison aussi, plus délicate et plus noble, entre le malade et l'aumônier, quand il faut faire entendre au pauvre diable que
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la médecine ne peut plus rien. Il faut avoir lu dans
les pauvres yeux embués le douloureux et timide
reproche qu’ils semblent alors adresser à la Science impuissante, cette résignation et cette incrédulité à la fois vis-à-vis du verdict qu’Elle a rendu, cet ultime désir de vous voir rester là jusqu’à la fin, comme si cette présence devait intimider et retarder, peut-être, la Mort.