‹ Les Houillères enChapitre 1 sur 15 · LIBRAIRIE POLYTECHNIQUE DE J. BAUDRY, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE POLYTECHNIQUE DE J. BAUDRY, ÉDITEUR

iS, Rae des Salnts-Péres

MÊME MAISON A L.IÉOE

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Le Comité des houillères a subi en 1869 des pertes douloureuses; trois de ses membres lui ont été successivement enlevés; il exprime ses regrets affectueux aux collègues qu'il a perdus en leur dédiant ce travail.

M. Jbak le BRET

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Un des fondateurs du Comité des }iQUiUdr<i|*

Pendant vingt-sept ans, M. Jean Le Bret a été régisseur gérant de 1% Gempagnie d'Aneia. Il prit sa retraite en 4866, et son successeur, M. G. de Marsilly, a résumé les services qu'il a rendus dans un éloge dont nous eiterons les passages relatifs à Tindustrie bouillère.

. c Tout son temps, toutes ses forces appartenaient à la compagnie d'Anzin, 11 s'agissait alors d'opérer une grande réforme; il fallait établir de grandes extractions par puits, dont l'Angleterre et la Belgi^e donnaient l'exemple ; il fallait avoir, au lieu de beaucoup de foiwes munies de faibles machines et produisant peu, un petit Qombre de puits largement installés et puissamment armés, de ma|iière à réduire les frais généraux et à appliquer les moyens de travail perfectionnés. Telle fut l'œuvre de transformation que de 1850 à 1862 entreprit et réalisa M. Le Bret, avec l'aide des ingénieurs distingués qui lui prêtaient un concours dévoué.

« Lorsque la supériorité des nouveaux procédés lui fut démontrée, il n'hésita point à les appliquer, malgré les grandes dépenses qu'exigeait leur installation. Pour faciliter l'écoulement des houilles menues, il fit construire Tune des plus grandes fabriques de briquettes qui existent en France et ériger des fours à coke en grand nombre. Tous ces travaux permirent à la production de la houille

d'atteindre un chiffre qu'aucane compagnie, ni en France ni à l'étranger, n'a encore atteint jusqu'à ce jour.

a Ce n'est que par un travail excessif, par un dévouement sans bornes aux intérêts qu'il représentait, que M. Le Bret pouvait supporter le poids des affaires qui allait toujours augmentant. L'âge se faisait sentir; ses forces physiques commençaient à trahir son courage; plusieurs fois il avait témoigné à ses collègues de la régie le désir de se retirer et de s'en tenir à la qualité de membre de la régie. Ils durent enfin céder à ses instances, et, dans leur délibération du 6 juin 1866, ils consignèrent ce bel éloge d'une carrière si bien remplie.

« Nous ne pouvons, dirent-ils, résister davantage au désir de (( repos que M. Le Bret nous avait plusieurs fois témoigné et que « nous avons longtemps combattu. Les regrets que nous inspire (( sa retraite après une gestion si longue, si honorable, si prosa père, ne sont atténués que par la pensée de le conserver comme « collègue dans la régie. »

(( Les nombreuses occupations de M. Le Bret ne Pavaient point empêché de continuer à se dévouer aux intérêts publics ; il avait été nommé membre du conseil général en 1852 pour le canton'de Bouchain, et réélu par lui en 1858. Il apporta dans la défense des intérêts de son canton l'activité, l'intelligence et le dévouement qu'il apportait dans la défense de tous les intérêts qui lui étaient confiés, et il fut au sein du conseil général du Nord le représentant le plus écouté de l'industrie houillère. — Le besoin de repos ne lui permit pas de se représenter en 1867, à l'expiration de son mandat. Déjà sa santé était ébranlée par suite des fatigues d'un travail assidu; ses forces s'épuisaient lentement, et quoique rien ne flt prévoir une fin si prochaine, on voyait que malheureusement elle ne pouvait être éloignée. Il le sentait lui-même, et dans ses dernières années il s'était rapproché d'une religion qu'il avait toujours honorée et respectée; la dernière fois qu'il a paru au milieu de nous, c'était pour assister à l'inauguration que M>' l'archevêque de Cambrai faisait naguère de l'église érigée par la Compagnie d'Anzin pour ses mineurs à Saint-Yaast, et tous avaient remarqué son visage calme et recueilli, comme si l'approche de la mort préparait déjà l'âme que Dieu allait appeler à lui.

« Le tableau que j'ai tracé de cette vie si laborieuse et si utile serait incomplet, messieurs^ si je ne vous parlais de la bienfaisance de M. Le Bret envers tous ceux qui recouraient à lui, et de sa bienveillance et de sa bonté vis-à-vis le personnel nombreux de la compagnie.

« Les pauvres de Denain savent quelle était sa bienfaisance. Les ouvriers qui avaient besoin d'un conseil ne craignaient point d'aller le consulter; ils étaient écoutés et recevaient un avis aussi éclairé que bienveillant.

« Les employés de la Compagnie d'Anzin n'ont point oublié combien il était bon pour eux ; presque tous ceux qui se trouvent ici ont été nommés sur sa proposition ; plusieurs ont vieilli sous ses ordres; tous lui sont restés fidèles et sincèrement dévoués.

« Les ouvriers mineurs ont été l'objet de sa constante sollicitude ; il a, comme régisseur et comme gérant, contribué à Térection de nombreuses écoles pour étendre le bienfait de l'instruction parmi eux; il a participé à toutes les mesures qui leur assurent gratuitement, en cas d'accident ou de maladie, les secours du médecin et les remèdes du pbarmacien, à eux et à tous les membres de leur famille. La compagnie prend l'enfant du mineur au sortir du berceau ; elle le reçoit d'abord à la salle d'asile, l'instruit dans les écoles et lui donne ensuite un travail rémunérateur et assuré; plus tard, quand il est marié, elle soutient sa famille s'il est dans le besoin, et enfin, quand l'âge a glacé le sang dans ses veines, elle lui donne, sans lui avoir fait subir aucun prélèvement sur son salaire, une retraite qui lui permet de vivre au milieu de ses enfants sans tomber lourdement à leur charge. Entre l'ouvrier mineur et la compagnie existe un lien d'affection réciproque qui la fait considérer par celui-ci comme une bonne mère; entre les ouvriers mineurs et leur directeur général existe de temps immémorial, dans son acception la plus élevée, l'idée de patronage qui fait considérer celui-ci comme le père des ouvriers mineurs. C'est lui qui doit, au nom de la compagnie, veiller aux destinées de ces nombreuses familles qui vivent de la mine; c'est lui qui, partons les moyens qu'indiquent la science et l'expérience, écarte du mineur les dangers que présente le travail souterrain ; c'est lui qui doit assurer le pain des familles et leur donner en même temps

la haute direction morale* C'est à loi que s^adressent en toute confiance ceux que le malheur éprouve. Son déyouetnent pour ses ouvriers est celui d'un père pour ses enfants.

« Ces traditions, M. J. Le Bret les a noblement pratiquées pendant sa gestion ; il nous les a transmises, et nous les avons remues comme un glorieux héritage.

« Aussi est- ce le cœur rempli d'une douloureuse émotion que, au nom de tous les employés et de tous les ouvriers de la Goinpa«gnie des mines d'Anzin, nous venons aujourd'hui, sur celte tombe qui se ferme, rendre à M < Jean L« Bfet le derûiei' hommage et lui dire le suprême adieu, o

M. DE GHEPPE

▼ICB-PR£8IDBMT de la compagnie des WlflS DE LA LOIEB.

M. de Gheppe a fait partie de radministration des mines jusqu'en 1848; à cette époque il était chef de la division des mines et prit sa retraite au ministère des travaux publics.

M. de Gheppe dut chercher alors d'autres occupations que lui rendaient nécessaires son activité et son amour du travail ; en 1851, l'assemblée de la Société générale des mines de la Loire le nomma administrateur.

Il eut, en 1853 et 1854, à protéger la Société civile des mines de la Loire contre les attaques violentes et imméritées dont elle fut l'objet, contre les conséquences du décret d'octobre 1853, qui lui imposa le fractionnement en quatre sociétés anonymes.

La Société civile trouva dans M. de Gheppe un administrateur dévoué. Ses connaissances spéciales dans la législation et l'administration des mines lui permirent de prendre en main la défense d'une industrie méconnue et persécutée, devoir qu'il sut remplir avec d'autant plus d'autorité, qu'il s'appuyait sur la dignité des fonctions qu'il avait remplies et sur la compétence exceptionnelle que lui donnaient ces fonctions et son érudition.

Après le fractionnement de la Société civile, la Gompagnie anonyme des houillères de la Loire le nomma administrateur, et tout son temps fut désormais consacré aux intérêts d'une industrie que la lutte lui avait rendue chère.

Dans le Comité des houillères, il apporta une expérience précieuse. Les questions administratives étaient discutées et traitées par lui avec une supériorité toute spéciale>; son concours actif a démontré aux exploitants que Tadministration gouvernementale n'excluait pas sa sympathie pour leurs intérêts et pour leurs travaux.

Enlevé par une mort subite à ses travaux assidus, M. de Gheppe a laissé parmi nous les souvenirs les plus affectueux.

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