G78. — 11 JANVIER
Protestation du recteur des Bordes contre une relapse.
Le 11 janvier 1678, aux Bordes, en Foix, sénéchaussée de Pamiers, diocèse de Rieux, devant notaire, comparaît M'' Laurent Viguier, docteur en théologie, curé des Bordes : « lequel ne « pouvant avoir la présence d'Izabeau Chiquote, femme à Pol « Dedieu, habitante de la ville des Bordes, luy a signiffié qu'il y a « environ dix à douze années que lad. Chicote auroit abjuré « l'hérésie de la religion dont elle avoit vescu, et du despuis « profifessé la religion catholique, appostolique, romaine, jusques à « présent, et despuis dix moys ou environ que lad. Chicote, par un « mespris extraordinaire, auroit abandonné lad. religion et repris c( celle du calvinisme, faisant journellement des actions publiques c( de ceste religion, allant au presche, et aultres actions qui « marquent évidemment le mespris qu'elle faict de celle de l'Eglize « romaine, n'ayant pas satisfaict au devoir de la paroisse à la « dernière feste de Pasques, ny acisté du despuis aux divins « oflâces qui se célèbrent en l'églize romaine desd. Bordes...
« A raison de quoy led. s^ Viguier, pour satisfaire au debvoir de ce sa charge et pour procurer en tant qu'il luy est possible le salut « de l'âme de lad. Chicote et qu'elle ne tombe dans le risque « d'encourir les peines portées par les éditz et déclarations du Roy « contre les relaps, a sommé et requis lad. Chicote de vouloir « satisfaire au devoir de la paroisse en venant à chasque feste de « Pasques et aultres, suivant que les véritables catholiques, appos- « toliques et romains [le font], pratiquer le sacrement de « pénitence et autres cérémonies qui sont exercées dans icelles et « ne point retourner au presche, ny faire des actions quy puissent
(( induire ui prouver qu'elle reste dans lad. religion prétliendue « réformée, luy déclarant que si elle ne satisfait pas au précepte de (?, l'Eglise romaine qu'il portera plainte de sa prévarication et de « la faire déclarer véritable relapse et, comme telle, coulpable des « peines portées par les éditz et déclarations du Roy... » Témoins : M*^ Nicolas Lauta, prebtre de Campagne et Jean Laforge, ftiiseurs de peignes, habitant des Bordes. — Gaugnières, notaire.
Acte signifié le 11 janvier susdit à lad. Chicote par Pierre Charrié, « baile pour M. le comte de Rabat ». — Reçu au contrôle des registres du Mas-d'Azil le même jour.
(Arch. de la Haute-Garonne : Évêché de Rieux).
A PROPOS DE LA CONVERSION DE M. DE GoTY.
La présente lettre, dont le destinataire nous est inconnu, roule sur la prétendue conversion de noble Pierre de Goty, seigneur de Roquebrune et habitant du Mas-d'Azil. Ce haut personnage avait réussi à échapper, au mois de janvier et de mars 1678, aux poursuites de Jean Rougé, huissier-audiencier du viguier de Toulouse, armé contre lui d'une sentence du Parlement. Impossible de « le prendre « et capturer prisonnier », car il avait fui. Impossible également de faire « saisie et annotation » de son mobilier, car le logis était fermé. L'huissier s'était contenté de faire prévenir, à son de trompe et cri public, Pierre de Goty d'avoir à se constituer prisonnier en la conciergerie de Toulouse. Il préféra se confesser au curé de Tramesaigues ^ et communier. Dans l'abbaye de Boulbonne on doutait de la sincérité de sa conversion.