‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 129 sur 154 · France protestante , t. Il, article BfczE · texte numérisé non relu

France protestante , t. Il, article BfczE

CIIAP. II. — DÉTAILS. 280

bras duquel il rendit le dernier soupir (1591), est l'un des plus émouvants que nous connaissions. « Il commença à prier Dieu ardenmient, el avec les yeux élevés au ciel, sanglots et soupirs, attirait la miséricorde de Dieu. La j)arole et la connaissance lui continuèrent jusques un bon quart d'heure devant sa mort, bien qu'il y eût peine à l'enlendre, el peu devant mourir pleura, et avec le doigt proche du petit essuyait ses larmes, et du reste de la main les couvrait. Alors lui commencèrent les convulsions, et les agonies de la mort le pressèrent, et ledit sieur de Monlmartin lui dit en lui tenant la main: Souvenez-vous, Monsieur, du passage de Job qui dit : je sais que mon Rédempteur vit et qu'il se tiendra le dernier sur la terre, et que mes os et ma chair verront mon Dieu en sa face. Et en le pinçant sur la main , lui dit : Monsieur, vos os et votre chair le verront, ne le croyez-vous pas? Alors il leva la main au ciel et la tint longtemps en l'air, allongeant le maîlre-doigt , et nous regardant du même œil qu'il nous menait à la guerre et aussitôt rendit l'esprit \» Ce vieux guerrier pleurant et sanglotant, non de peur, — il ne la connaissait pas, — mais d'émotion d'avoir à quitter ses amis et à paraître devant son Dieu; puis, quand la parole lui fait défaut, levant la main au ciel et la tenant longtemps en l'air pour attester, par ce geste suprême, sa foi en l'immortalité: nous ne connaissons point de scène plus digne d'être reproduite par (juelque grand artiste ni plus propre à faire paraître, dans tout leur éclat, les sentiments avec lesquels mouraient nos ancêtres calvinistes.

Mais il y a la mort naturelle et il y a le martyre.

0 glorieux martyrs de l'Église protestante, vous tous qui

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