‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 35 sur 154 · Bulletin, t. I, p · texte numérisé non relu

Bulletin, t. I, p

L'inslructioii religieuse à laquelle (nous venons de le faire remarquer) assistaient parfois les adultes, se donnait avec le plus grand soin. A la suite d'un psautier de 1560, se trouve imprimé un catéchisme précédé de cet Avis au lecteur: «iÇ'a été une chose que toujours l'ÉgUse a eue en singulière lecommandation d'instruire les petits enfants en la doctrine chrétienne. Et pour ce faire, non-seulement ou avait anciennement les écoles et commandait-on à un chacun de hien endoctriner sa famille, mais aussi l'ordre puhlic était par les temples d'examiner les petits enfants sur les points ijui doivent être communs entre tous les chrétiens.... Depuis, le diable, en dissipant l'Église et faisant l'horrible ruine dont on voit encore les enseignes en la plupart du monde, a distrait cette sainte police, et n'a laissé que je ne sais quelles reliques, qui ne peuvent sinon engendrer superstition, sans aucunement édifier'.» Ainsi, sur ce point encore, la Réforme ne voulut (jue remettre en pratique les usages de la primitive Eghse.

Les prédications étaient fréquentes. Henri IV écrit à Duplessis-Mornay, le 7 novembre 1589, qu'il n'a point omis l'exercice de la religion partout où il a été: «tellement que telle semahie sept prêches se sont faits à Dieppe par le sieur d'Amours*».

D'où donc venait cette singulière ardeur d'assister à un culte si froid en apparence, dans des sanctuaires où l'on ne voyait ni tableaux, ni statues, rien de ce qui ailleurs charme les regards et séduit, dit-on, l'imagination?

Nous l'avons dit: tout d'abord, les besoins intellectuels y étaient lai'gement satisfaits. Mais encore l'art n'en était pas

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