‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 59 sur 154 · I. l-'ranre protestante , t. Y!, p · texte numérisé non relu

I. l-'ranre protestante , t. Y!, p

138 ir PARTIE, — LA VIE DES HUGUENOTS.

Réforme sur ses terres. Mais nous n'avons pas dit, en détail, le pathétique épisode de son emprisonnement dans le château de Melun, épisode qui l'appelle quelques-unes des scènes de rFlgliso primitive et dont les phases ont été retracées tout l'écemmentd'après des documents inédits pour la plupart'. On ne peut lire, sans y trouver le plus vif intérêt, les lettres de Calvin et des ministres de l'église de Paris à l'illuslre captif pour le fortifier dans les douloureuses luttes qu'il eut à soutenir, et celles de Dandelot lui-même, où brillent, avec la loyale fidélité d'un sujet à son roi, les témoignages d'une foi héroïque et sincère. Il est vrai que la constance du prisonnier, sur lequel étaient en ce moment fixés les regards avec les espérances des églises réformées, ne se soutint pas jusqu'au bout. A^aincu, après plusieurs mois de captivité, par les prières de son oncle, le connétable de Montmorency, par les instances du cardinal de Chàtillon, son frère, et les larmes de sa femme, Claude de Rieux, il écrivit une lettre de soumission au roi et consentit à entendre la messe, sans aucune abjuration verbale, «ce que, néanmoins , dit Bèze , il l'econnut depuis çivoir fait par grande infirmité qu'il a toujours condamnée jusqu'à la mort, et amenda par tous les effets qu'il est possible de désirer». Les documents qui suivent nous montrent Dandelot dans ses alternatives de faiblesse et de force, dans son attitude héroïque et dans sa défaite, que répara du moins un prompt repentir.

Ainsi, il écrit à l'église de Paris (1*"" juillet 1558) : «Je prie à mon Dieu qu'il me donne en la bouche de quoi répondre toujours à l'augmentation de sa gloire... Christ sera édifié en mon corps, soit par vie ou par mort, car il m'est

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