‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 68 sur 154 · Matliieu, Histoire de France, liv. VI, p · texte numérisé non relu

Matliieu, Histoire de France, liv. VI, p

166 iV PARTIE. — LA VIE DES HUGUENOTS.

huguenots. M."^^ la princesse et M"**^ l'amirale distribuèrent des échappes et des casaques blanches , des rubans et des panaches blancs. Le blanc était la couleur consacrée, la couleur sans tache qui représentait la pureté de la foi calviniste.... W^^ l'amirale parla aux soldats en prenant congé d'eux. «Nous retournons à Orléans, dit-elle, afin de consoler et de soigner les malades dans les hôpitaux militaires. Tandis que vous combattrez, nous intercéderons pour vous^..» Elle tint parole, on s'en souvient.

Antoinette d'Aubeterre, qui avait épousé, le 3 mai 1553, Jean de Parthenay-Larchevéque, illustré par sa défense de Lyon contre le duc de Nemours, en 1562, se montra animée d'un courage digne d'une matrone romaine. Pendant le blocus de la ville, elle apprit que la cour, pour vaincre la résistance de son époux , projetait de la faire conduire , avec sa fille unique Catherine, sous les murs de Lyon, et de les y faire poignarder si son mari refusait de capituler. Aussitôt elle lui écrivit de «les laisser toutes deux périr, plutôt que de ne pas demeurer fidèle^). Devenue veuve en 1566, elle reçut, à cette occasion, de la part des personnages les plus éminents dans le parti protestant, de touchantes Lettres consolatoires , dont nous parlerons plus loin.

On dresserait aisément une longue liste de femmes huguenotes qui , non contentes d'exciter l'enthousiasme guerrier par de nobles paroles, déployèrent, en combattant elles-mêmes, un admirable courage.

Au siège de Sisteron , que défendit , en 1562, M. de Beaujeu, elles rafraîchissaient de pain et de vin, à toutes heures, les combattants et retiraient les blessés «avec extrême diligence et sans aucune crainte» (Bèze); d'autres faisaient

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