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Je prendrai le drap mortuaire Dans l'obscurité du cercueil, Les noires ombres pour mon deuil, Et pour crêpe noir le suaire'.
En 1630, trois mois après sa propre mort, sa seconde femme, qui l'aimait sincèrement bien qu'il eût parfois le langage âpre et que son caractère ne fût pas toujours facile, écrivit : «Je n'oublierai jamais celui de qui j'ai eu l'honneur d'être si chèrement aimée, et à qui je ne puis penser que je ne jette un ruisseau de larmes.»
Quand Calvin eut perdu Idelette de Bure, il versa tout son chagrin dans le cœur de ses amis Viret et Farel.
Au premier, il écrivit : «J'ai perdu l'excellente compagne de ma vie, celle qui ne m'eût jamais quitté ni dans l'exil, ni dans la misère , ni dans la mort — Je comprime ma douleur tant que je puis; mes amis font leur devoir; mais eux et moi, nous gagnons peu de chose. Tu connais la tendresse de mon cœur, pour ne pas dire sa faiblesse. Je succomberais, si je ne faisais un effort sur moi-même pour modérer mon affliction.» Au second: «Que Dieu te dirige par son Esprit et m'assiste dans mon épreuve. Je n'aurais pas résisté à ce coup, s'il ne m'avait pas tendu la main du haut du ciel. C'est lui qui relève les cœurs abattus , qui console les âraes brisées , qui fortifie les genoux tremblants. »
Idelette était digne de si profonds regrets. Pauvre des biens de la terre, a dit le dernier de ses biographes ^ mais riche de ceux du ciel, elle avait apporté en dot au réformateur une tendresse vigilante, une foi austère, une âme, enfin, à la hauteur de tous les sacrifices, capable d'affronter