‹ Les HuguenotsChapitre 13 sur 71 · CAVATINE · texte numérisé non relu

CAVATINE

Une dame noble et sage, Et dont les rois seraient jaloux, M'a chargé de ce message Pour l'un de vous.

Sans qu'on la nomme, Honneur ici Au gentilhomme Qu'elle a choisi !

L'on peut m'en croire, Oui, nul seigneur N'eut tant de gloire Ni de bonheur I

DE NEVERS, nonchalamment.

Trop de mérite aussi quelquefois importune ; Mais puisque enfin, mes chers amis,

On ne peut se soustraire aux coups de la fortune,

(A Urbain, tendant la main.)

Donne donc !

URBAIN

Seriez-vous sir Raoul de Nangis ?

DE NEVERS

Que dis-tu?

URBAIN

C'est à lui que ce billet s'adresse.

TOUS

Ah ! grand Dieu!

MARCEL, avec fierté.

C'est mon maître ; il est là, le voici.

RAOUL

Qui? moi? c'est une erreur : je ne connais ici Personne dont le cœur à mon sort s'intéresse.

URBAIN, souriant.

C'est pour vous, cependant.

RAOUL, lisant après avoir rompu le cachet.

« Vers le milieu du jour, « On viendra vous chercher en ce riant séjour; « Alors, les yeux voilés, discret et sans rien dire,

« Obéissez et laissez-vous conduire.

« Raoul, l'oserez-vous ? » Allons, à mes dépens

Je vois que l'on veut rire.

Il en peut coûter cher... Eh bien ! soit... j'y consens.

(A Neyers, lui donnant le billet.)

Lisez vous-même.

(Les convives se rassemblent tons en groupe. j DE NEVERS, jetant les yeux sur la lettre et la passant a Tavannes.

Ah ! grands Dieux !

TAVANNES, de même, la passant à de Hetz.

0 surprise)

DE RETZ, de même, la passant à Cossé.

Son cachet !

COSSÉ, de même, la passant à Thoré.

Sa devise !

THORÉ, de même, la passant à Méru.

Est-il vrai ?

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