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SCÈNE IV

MARCEL; puis RAOUL, SAINT-BRïS et quatre Témoins; — puis MAUREVERT, Hommes armés, Étudiants, Catholiques et Protestants.

MARCEL, seul.

Un danger I... sans vouloir dire lequel... Alerte I Et veillons pour sauver Benjamin de sa perte.

(Voyant Tenir Raoul, Saint-Bris et 1«« témoin*.)

C'est lui I... ciel ! et Judas I

SAINT-BRIS, à Raoul.

En même temps que nous Se trouver au combat... c'est bien!

RAOUL, arec fierté.

Quoi! doutiez-vous De mon exactitude?

MARCEL, à part, regardant Saint-Bria.

Et comment de ce traître Déjouer les desseins?

BAOUL, l'apercevant, et lui tendant la main.

C'est Marcel !

MARCEL

Oui, mon maître.

(A demi-voix.)

En d'autres lieux, en d'autres temps Remettez ce combat!

RAOUL, étonné.

Est-ce toi que j'entends?

MARCEL

Un ange est apparu, m'annonçant la tempête; Un piège est *ous vos pas.

RAOUL

Allons... perds-tu la tête

(Se tournant vira lei témoins.)

De ce loyal co/nbat, dont vous êtes témoins, uéglez les lois, messieurs, je m'en fie à vos soins. SEPTUOR DU DUEL.

Ensemble.

SAINT-BRIS, RAOUL tt LES TÉMOINS.

En mon bon droit j'ai confiance.

Four me venger de son offense Que le fer seul juge entre nous.

Je veux raison de son outrage, Et bonne èpée et bon courage, Chacun pour soi, le ciel pour toug.

MARCEL, à part.

Àhl quel chagrin pour ma vieillesse!

Pleure, Marcel, Dieu nous délaisse!

Pauvre Raoul! ah! j'en frémis!

Pitié, mon Dieu! sauvez mon fils!

(Saint-Bris et Raoul restent à l'écart, l'un à droite et fautr* à gauche di

tàéétre. Les quatre témoins s'avancent au milieu et disent à Toix basse.)

LES QUATRE TÉMOINS

Quoi qu'il advienne ou qu'il arrive Marchant l'un sur l'autre à la fois, A nombre égal, trois contre trois, Jusqu'à ce que la mort s'ensuive, Nous nous battrons.

TOUS

C'est convenu, C'est entendu.

LES QUATRE TÉMOINS, toujours à demi roi».

Que nul autre que nous ne puisse Au combat ici prendre par».

TOUS, répétant.

Que nul autre que nous ne puisse Au combat ici prendre part.

LES QUATRE TÉMOINS

Des coribauanis les seuie» armet Seront l'épée et le poignard.

TOUS, répétant.

Des combattants les seules arme»

Seront l'épee et le poignard.

LES QUATRE TÉMOINS

A qui tombera sous le glaive Ni quartier, ni merci, ni trêva.

TOUS, répétant.

A qui tombera sous le glaive Ni quartier, ni merci, ni trêve :

C'est convenu,

C'est entendu.

En mon bon droit j'ai confiance; Pour me venger de son offense, Que le fer seul juge entre nous.

Je veux raison de son outrage, Et bonne épée et bon courage, Chacun pour soi, le ciel pour tous.

(Pendant cet ensemble on a distribué des armes aux champions. ) LES QUATRE TÉMOINS.

Mesurons maintenant et le champ et les armes 1

(Deux témoins mesurent Les épées et les deux autres marquent UDe distance de sept ou huit pas.)

MARCEL, qui est à droite et près de Raoul.

Je sens à chaque instant redoubler mes alarmes! Entendez-vous ces pas? — On s'avance vers nous ! Mon maître, regardez !

RAOUL, qui essaie son épée et son poignard.

Eh! laisse-moi!

MARCEL, regardant vers le fond et voyant Maurevert et quelque» hommes armés.

Dans l'ombre Je ne puis distinguer leur force ni leur nombre !

^Tirant son épée et s'avançant vers eux.)

Vous qui marcnez de nuit, ici que voulez-vous?

MAUREVERT et deux hommes armés descendant à gauche et du côté de Saint-Bris.

Que t'importe?

rcel est desoendu à droite et se tient près de son maître l'épé* à la

main. — Maurevert, regardant et désignant Marcel, Raoul et ses témoins.)

Que vois-je? et quelle perfidie !

Des huguenots dont la fureur impie Ose à nombre inégal attaquer dans ce lieu Un des nôtres !...

(Criant à voix haute.)

A moi, défenseurs du vrai Dieu !

(Ine douzaine d'hommes armés de bâtons et d'épieux, et qui étaient en embuscade derrière le gros chêne, s'élancent et entourent Raoul ei ses deui témoins. Marcel se serre contre son maître, et les quatre huguenots, adossés l'un à l'autre, cherchent à faire face aux ennemis qui les pressent de tous cotés. Au moment où ils vont succomber sous le nombre, on entend dans le cabaret à droite les soldats protestants qui chantent en chœur Veor chanson de la première scène.)

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