SCENE PREMIERE
VALENTINE, assise sur un canapé.
Je suis seule chez moi! seule avec ma douleur I
(Elle reste an instant pensive et laisse tomber sa tète sur son sein.)
4 d'éternels tourments vous m'avez condamnée.
Mon père ! Un autre avait mon cœur,
Et pourtant vous m'avez donnée 1 Et vous que j'implorais en vain dans mon malheur, Vous qui l'avez permis, ce funeste hymènee, Mon Dieu, daignez du moins, pour alléger mes maux, Chasser un souvenir fatal à mon repos I ROMANCE.
De mon amour faut-il, triste victime, Dans la douleur voir s'éteindre mes jours? J'aime un ingrat, et l'aimer est un crime ;
J'ai pu le fuir, mais j'y pense toujours!
Hélas 1 du Dieu qui me contemple
En vain j'implore le secours !
Je vais priant sur les marbres du temple Pour l'oublier, et j'y pense toujours.