‹ Les HuguenotsChapitre 48 sur 71 · QUELQUES AUTRES SEIGNEURS CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

QUELQUES AUTRES SEIGNEURS CATHOLIQUES

SAINT-BRIS, aux seigneurs qui entrent arec lui et l'entourent.

Oui, l'ordre de la reine en ces lieux nous rassemble. L'heure est enfin venue où je dois à vos yeux Dévoiler des projets protégés par les cieux, Et dès longtemps conçus par Médicis.

VALENTINE

Je tremble.

SAINT-BRIS, àValentine.

Ma fille, laissez-nous.

DE NEVERS, retenant par la main Valentine qui reut sortir

Pourquoi donc?... Ses vertus, Son zèle ardent pour la foi catholique, Permettent qu'en ces lieux devant elle on explique De la reine et du ciel les ordres absolus.

CONJURATION et BÉNÉDICTION DES POIGNARDS.

SAINT-BRIS, s'adressantaux seigneurs.

Des troubles renaissants et d'une guerre impie Vous voulez, comme moi, délivrer le pays?

TOUS

C'est notre vœu.

SAINT-BRIS

Du roi, du ciel, de la patrie, Vous voulez, comme moi, frapper les ennemis Y

TOUS

Nous sommes prêts,

SAINT-BRIS

Eh bien ! du Dieu qui nous protège Le glaive menaçant est sur eux suspendu :

Des huguenots la race sacrilège Aura dès aujourd'hui pour jamais disparu.

RAOUL, soulevant la tapiiweri».

Qu'entends-je !

VALENTINE, i part.

0 ciel!

SAINT-BRIS

Entraînés dans le piège»

Ce soir même, à minuit, ils doivent périr tous !

DE NE VER S

Qui les condamne ?

SAINT-BRIS

Dieu!

DE NEVERS

Qui les frappera ?

SAINT-BRIS

Nous!

Ensemble.

SAINT-BRIS

Pour cette cause sainte, J'obéirai sans crainte A l'honneur, à mon roi i Comptez sur mon courage; Entre vos mains j'engage Mes serments et ma foi.

VALENTINE, à part.

D'une mùrteile crainte, Ah ! mon âme est atteinte I

LES HUGUENOTS i 51

Cachons-leur mon effroi !

Gomment tromper leur rage?

Dieu 1 soutiens mon courage Et prends pitié de moi !

DE NEVERS, A part.

De douleur et de crainte, Ah ! mon âme est atteinte !

Qu'exige-t-on de moi ? Quel est donc ce langage ?

A l'honneur seul j'engage Mes serments et ma foi !

SAINT-BRIS, aux seigneurs qui l'entoures».

Le roi peut-il compter sur vous ?

TOUS, excepté de Nerers.

Nous le jurons !

SAINT-BRIS

C'est moi qui dois guider vos pas.

TOUS, de même.

Nous vous suivrons l

SAINT-BRIS

Quoi I Nevers seul a gardé le silence 1

DE NEVERS

Frappons des ennemis, mais non pas sans défense ; Ce n'est pas le poignard qui doit percer leur sein.

SAINT-BRIS

Quand le roi le commande !

DE NEVER3

Il me commande en vain De flétrir de mon sang l'honneur et la bravoure.

(Montrant Jes portraits suspendus autour de l'appartement.^

Et parmi ces aïeux dont la gloire m'entoure, Je compte des soldats, et pas un assassin 1

152 OPÉRAS — bALLKTS

SAINT-BRIS, a de Nerera.

Quoi 1 par toi notre cause est trahie et trompée !

DE NE VERS

Non I mais du déshonneur je sauve mon épée.

(n la brise.)

Tiens ! la voici ! Que Dieu juge entre nous 1

VALENTINE, courant à de Neyera, et à demi-TOÎx.

Ah 1 d'aujourd'hui tout mon sang est à vous ! Vous saurez tout; venez!... oui, je dois vous apprendre...

(En ce moment ■' ouvrent les portée du fond. Paraissent dea qnarteftsert,

des écherins et dea chefs dn peuple armée.)

SAINT-BRIS, s'adressent a eux et leur montrant de Nerers.

Assurez-vous de lui, de Nevers, de mon gendre ; Jusqu'à demain vous m'en répondez tous.

Ensemble.

DE NEVERS

Ma cause est juste et sainte ; Je puis, je dois sans crainte Résister à mon roi.

Son ordre est un outrage ; A l'honneur seul j'engage Et mon bras et ma foi I

VALENTINE

D'une mortelle crainte, Ah ! mon âme est atteinte ; Cachons-leur mon effroi.

Comment tromper leur rage ?

Dieu ! soutiens mon courage Et prends pitié de moi 1

1AINT-BRIS SEIGNEURS, ECHEVINS, QUARTENIERS et CHEFi DU PEUPLE.

Pour cette cause sainte J'obéirai sans crainte

A l'honneur, à mon roi !

Comptez sur mon courage Entre vos mains j'engage Mes serments et ma foi !

(Plusieurs gen8 du peuple armés de hallebardes .mmènent de Nevers et sortent avec lui par la porte du fond. Valentiae, sur un geste de sou père, rentre par la porte à gauche.)

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