‹ Les Huguenots, grand opéra en cinq actesChapitre 27 sur 49 · SCÈNE ni · texte numérisé non relu

SCÈNE ni

VALENTINE, paraissant à la porte de la chapelle. Derrière ce pilier, cachée à tous ies yeux, Que viens-je, hélas.' d'entendre... et de quel piège affreux Ses jours sont menacés... Ah! je dois l'y soustraire, Non pas pour lui, mon Dieu ! mais pour Thonneur d'un Et comment prévenir Raoul ? [père.

MARCEL, entrant par la gauche.

Je l'attendrai !

Je serai du combat, et s'il meurt, je mourrai!

On vient, c'est lui peut-être.

Est-ce vous, mon bon maître?

Qui va là ?

VALENTINE

Juste ciel!

Oui, j'ai cru reconnaitre La voix du bon Marcel.

Appelant à demi-voix.

Marcel i

MARCEL

A cette heure, Qui prononce mon nom?... qui va là ?

VALENTINE

Viens ici.

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MARCEL

Halle-là!

Le mot (l'ordre ! on qu'on meure'

VALEx\TlNE.

Ah ! Raoul !

MARCEL

Bien cela !

Avancez ! Une femme î Et voilée!... ahl Seigneur!

Il y va de mon âme!

VALEPiTINE.

As-tu peur?

MARCEL

Moi, Marcel!... moi, peur!...

VALENTINE

Écoute-moi!.., Raoul en ce lieu va se rendre.

MARCEL

C'est vrai.

VALENTîNE.

Pour un duel.

MARCEL

C'est vrai... contre un damné, Pour venger son honneur... Dieu saura le défendre.

VALENTI.\E

Qu'il ne vienne au combat (pie bien accompagné.

MARCEL

0 ciel ! de quels périls est-il environné? Achève !

VALENTINE

Je ne puis, mais tu dois me comprendre ; Qu'il ne vienne au combat que bien accompagné. Marcel effrayé, s'éloigne vivement.

VALENTINE, SBUle.

L'ingrat d'une offense mortelle A blessé mon cœur fidèle, Et malgré moi, son image cruelle, Règne encore dans ce cœm-, objet de ses mépris.

MARCEL, rentrant et à part.

Je courais avertir mon maître et le défendre, Insensé, j'oubliais î... il n'est plus au logis î

En Sortant, dans ces lieux il m'a dit de rattendre,

Où le joindre?... et comment lui donner cet avis?

Cherchons-le... qn'ai-jedit? si pendant mon absence

Contre lui, d'assassins une troupe s'élance,

Par le fer meurtrier assailli... sans défense...

En appelant Marcel à son aide... il mourra!

Restons... restons j)lutôt? mais, seul... que peut mon zèle?

Mourir à ses côtés, en serviteur fidèle,

Dieu puissant, vois mes pleurs et ma crainte mortelle,

Prends pitié d'un vieillard qui toujours t'adora !

VALENTiNE, Vaperccvant et courant à lui. Tu m'as compris?

MARCEL

Un mot : cet avis, qui le donne ?

VAI-ESTINE.

Fais-en bien ton profit.

Adieu, cela suffit.

MARCEL

Trahison! Quelle est-lu? parle, je te l'ordonne.

VALENTINE

Je ne le puis !

MARCEL

Je m'attache à tes pas !

D'où vient un tel avis ?

VALENTINE

Tu ne le sauras pas!

MARCEL

Qui donc es-tu? réponds .' ou par le ciel lui-même... VALENTiNE, tremblante,

A demi-voix.

Grands dieux!... Eh bien! je suis une femme qui l'aime, Qui s'expose pour lui, qui veille sur ses jours, Et qui doit désormais Toublier pour toujours.

MARCEL, attendri.

Vraiment?

VALENTINE

Ah ! tu ne peux éprouver ni comprendre Ces tourments, ces combats , que nul mot ne sait rendre, Où tour à tour triomphe ou l'amour ou Thonneur !

A part.

Pour sauver du trépas une lête si chère, Malgré moi je trahis ei l'honneur et mon père !

Montrant l'église.

Mais je viens de tout dire à Dieu même, et j'espère Mon pardon de ce Dieu, qui doit lire en mon cœur. MARCEL, la regrrdant avec attendrissement. Ne le repens point, noble fille, D'un dévoûmenl où Thonneur brille; Ne pleurs pas; Marcel, ma fille.

Te bénit du fond du cœur ; Oui, pour toi, que je révère, Je prierai ma vie entière, Et d'un vieillard la prière A toujours porté bonheur.

Il vient encore interroger Valeniine qui s'échappe et se réfugie dans l'église.

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