ENSEMBLE. — CHOEUR
Tons LES CONVIVES.
L'aventure est singulière; Tout lui cède, et sûr de plaire.
Son destin est des plus beaux.
Du silence! il faut nous taire I Mais de ce galant mystère Que ne suis-je le héros !
MARCEL
Dieu puissant ! que je révère, Pourrais-tu voir sans colère De semblables attentats ?
De celte jeunesse impie Voilà donc quelle est la vie !
Et ion bras ne tonne pas!
DE TAVANNES
Mais quelle est donc cette belle?
DE COSSÉ
Je voudrais bien le savoir!
DE RETZ
Ne peul-on s'approcher d'elle?
DE THORE
Ne peut-on Papercevoir?
DE TAVANNES
J'en sais un moyen peut-être, Et qui n'offre aucun danger;
Montrant k gauche.
Vous voyez cette fenêtre Que ferme un rideau léger :
Par là, sur son oratoire On l'a vue.
TOUS, voulant X courir.
Ah! quel bonheur!
DE TAVANNES, Ics retenant.
Du projet je suis l'auteur, El je dois avoir la gloire!
Il court près de la croisée et tire le rideau.
TOUS
Eh bien ! donc ?
DE TAVANIIES.
Je Taperçoi.
TOUS
Est-elle bien ?
DE TAVANNES
Elle est charmante.
DE cossÉ prend sa place.
C'est à mon tour.
DE RETZ et LES AUTRES, s^approchatit.
Ah ! je la voi !
DE THORÉ
Attraits divins !
MERU.
Taille élégante I
DE TAVANSES.
La connais-tu ?
MERU.
Non pas !
DE RETZ
Ni moi!
TOUS
Ni moi, ni moi, ni moi !
Mais que de charmes, de jeunesse, Et que de Nevers est heureux D'avoir une telle maîtresse !
DE TAVANNES, à JRaOUl,
Eh! quoi, vous seul n'êtes pas curieux? Craignez-vous donc qu'un tel aspect ne blesse D'un chaste huguenot le cœur religieux?
RAOUL, souriant et se dirigeant vers la fenêtre. Vous nous jugez trop bien, et la preuve... Regardant.
Ah I grands dieux !
TOUS
Qu*a-t-il donc?
RAOUL, vivement, à Marcel, Cette fille, et si jeune et si belle, Que mon bras a sauvée et dont je leur parlais*. •
M4BGEL.
Eh bien ! donc, achevez i
RAOUL
C'est elle !
C'est elle! je la reconnais !
ENSEMBLE, TOUS, entre eux et souriant. Reprise du premier chœur»
L'aventure est plus piquante; La rencontre est amusante ; Voilà celle qu'il aimait !
Pauvre amant ! Dans son ivresse, Il croyait à sa sagesse, Dont un autre a le secret.
MARCEL
Dieu puissant! que je révère, etc.
D'une injure aussi sanglante La douleur est accablante ; C'est oser trop m'ouirager!
La parfide! oui, je l'ai vue, Pour un autre elle est venue ; Le mépris doit m'en venger.
TOUS , s* approchant de tavawnes , retz et de Raoul et souriant. cossé.
Quelle folie ! Point de tristesse!
Femme jolie Qu'une niaîlresse,
Ici l'oublie! Moi, me délaisse,
Point de courroux! Eh bien ! tant mieux!
Lorsque les belles Sans plainte aucune,
Sont infidèles, Si la fortune
Faisons comme elles, Nous en prend une^ Consolons-nous ! Prenons-en deux !
tous.
Par la folie Que notre vie Soit embellie !
Point de courroux?
Lorsque l€s belles, etc.
TOUS
Je les eiilèfids !
BAOtJL.
C'est elle !
Je veux la voir, lui dire à quel point je la hais... TOUS, le retenant, A l'hospitalité fidèle, Du maître du château respectez les secrets.