‹ Les Huguenots, grand opéra en cinq actesChapitre 7 sur 49 · ENSEMBLE. — CHOEUR · texte numérisé non relu

ENSEMBLE. — CHOEUR

Tons LES CONVIVES.

L'aventure est singulière; Tout lui cède, et sûr de plaire.

Son destin est des plus beaux.

Du silence! il faut nous taire I Mais de ce galant mystère Que ne suis-je le héros !

MARCEL

Dieu puissant ! que je révère, Pourrais-tu voir sans colère De semblables attentats ?

De celte jeunesse impie Voilà donc quelle est la vie !

Et ion bras ne tonne pas!

DE TAVANNES

Mais quelle est donc cette belle?

DE COSSÉ

Je voudrais bien le savoir!

DE RETZ

Ne peul-on s'approcher d'elle?

DE THORE

Ne peut-on Papercevoir?

DE TAVANNES

J'en sais un moyen peut-être, Et qui n'offre aucun danger;

Montrant k gauche.

Vous voyez cette fenêtre Que ferme un rideau léger :

Par là, sur son oratoire On l'a vue.

TOUS, voulant X courir.

Ah! quel bonheur!

DE TAVANNES, Ics retenant.

Du projet je suis l'auteur, El je dois avoir la gloire!

Il court près de la croisée et tire le rideau.

TOUS

Eh bien ! donc ?

DE TAVANIIES.

Je Taperçoi.

TOUS

Est-elle bien ?

DE TAVANNES

Elle est charmante.

DE cossÉ prend sa place.

C'est à mon tour.

DE RETZ et LES AUTRES, s^approchatit.

Ah ! je la voi !

DE THORÉ

Attraits divins !

MERU.

Taille élégante I

DE TAVANSES.

La connais-tu ?

MERU.

Non pas !

DE RETZ

Ni moi!

TOUS

Ni moi, ni moi, ni moi !

Mais que de charmes, de jeunesse, Et que de Nevers est heureux D'avoir une telle maîtresse !

DE TAVANNES, à JRaOUl,

Eh! quoi, vous seul n'êtes pas curieux? Craignez-vous donc qu'un tel aspect ne blesse D'un chaste huguenot le cœur religieux?

RAOUL, souriant et se dirigeant vers la fenêtre. Vous nous jugez trop bien, et la preuve... Regardant.

Ah I grands dieux !

TOUS

Qu*a-t-il donc?

RAOUL, vivement, à Marcel, Cette fille, et si jeune et si belle, Que mon bras a sauvée et dont je leur parlais*. •

M4BGEL.

Eh bien ! donc, achevez i

RAOUL

C'est elle !

C'est elle! je la reconnais !

ENSEMBLE, TOUS, entre eux et souriant. Reprise du premier chœur»

L'aventure est plus piquante; La rencontre est amusante ; Voilà celle qu'il aimait !

Pauvre amant ! Dans son ivresse, Il croyait à sa sagesse, Dont un autre a le secret.

MARCEL

Dieu puissant! que je révère, etc.

D'une injure aussi sanglante La douleur est accablante ; C'est oser trop m'ouirager!

La parfide! oui, je l'ai vue, Pour un autre elle est venue ; Le mépris doit m'en venger.

TOUS , s* approchant de tavawnes , retz et de Raoul et souriant. cossé.

Quelle folie ! Point de tristesse!

Femme jolie Qu'une niaîlresse,

Ici l'oublie! Moi, me délaisse,

Point de courroux! Eh bien ! tant mieux!

Lorsque les belles Sans plainte aucune,

Sont infidèles, Si la fortune

Faisons comme elles, Nous en prend une^ Consolons-nous ! Prenons-en deux !

tous.

Par la folie Que notre vie Soit embellie !

Point de courroux?

Lorsque l€s belles, etc.

TOUS

Je les eiilèfids !

BAOtJL.

C'est elle !

Je veux la voir, lui dire à quel point je la hais... TOUS, le retenant, A l'hospitalité fidèle, Du maître du château respectez les secrets.

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