‹ Les Hyperglycémies Sans GlycosurieChapitre 22 sur 35 · MORE · texte numérisé non relu

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Les 45 p. 100 restant, c'est-à-dire les 152 autres malades, étaient soit des hyperazotémiques, soit des hypoazotémiques.

a) Hyperazotémie. — Pour les chiffres supérieurs à 0 gr. 40, nous avons relevé 140 cas (41 p. 100) dont :

69 coexistant avec une hyperglycémie légère ; 60 avec une hyperglycémie moyenne; 11 avec une hyperglycémie marquée!

d’où nous pouvons conclure que le degré de l'hyperazotémie est indépendant de celui de l'hyperglycémie.

b) Hypoazotémie. — Les 3,5 p. 100 restant, soit 12 malades, sont des hypoazotémiques. On sait que ce trouble du métabolisme des protéines est fréquent lorsque la déficience hépatique est profonde, ce qui s’observe notamment chez les cirrhotiques. Nous avons vu l'hypoazotémie [au-dessous de 0 gr. 25) se produire 6 fois chez des malades atteints d’une hyperglycémie légère, 5 fois chez des hyperglycémiques moyens, ! fois avec une hyperglycémie supérieure à 1 gr. 60.

2° Uricémie. — L'acide urique sanguin a été dosé par la méthode de Grigaut dont nous n'avons pas à rappeler ici la technique. A l’état normal, on le rencontre dans le sérum à la dose de 0 gr. 04 ou 0 gr. 045 par litre, et sur les éléments figurés à la dose de 0 gr. 09 à 0 ge. 10. Nous avons réservé la dénomination d'hyperuricémie aux cas où l'acide urique du sérum dépasse 0 g. 05 et il nous a paru nécessaire de reconnaître : {1° une hyperuricémie légère allant de 0 gr. 051 à 0 gr. 08; 2 une hyperuricémie forte, au-dessus de 0 gr. 08.

Sur 340 sujets hyperglycémiques, nous en avons trouvé 85, c'est-à-dire 25 p. 100 seulement, qui présentaient un chiffre normal d'acide urique. Les 255 autres, soit 75 p. 100, avaient une hyperuricémie plus ou moins élevée.

IL est intéressant de voir la répartition des malades de chacune de ces catégories comparativement avec la teneur de leur sang en glucose.

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a) Uricémies normales. — Sur 85 cas d’uricémie normale, nous avons noté :

53 cas chez des hyperglycémiques légers, soit 28 p. 100; 23 cas chez des hyperglycémiques moyens, soit 18 p.100; 9 cas chez des hyperglycémiques marqués, soit 3 p. 100.

b) Hyperuricémies modérées (de 0 gr. 051 à 0 gr. 08). — L'hyperuricémie s'est montrée modérée dans 228 cas, soit 67 p. 100. Elle a coexisté :

127 fois avec une hyperglycémie légère ; 84 fois avec une hyperglycémie moyenne ; 17 fois avec une hyperglycémie marquée,

c'est-à-dire avec une indépendance à peu près absolue vis-àvis de l'intensité du trouble glycorégulateur.

c) Hyperuricémies fortes (au-dessus de 0 gr. 08). — Nous en avons noté 27 cas, soit avec une fréquence de 8 p. 100 dont :

9 pour des hyperglycémies légères ; 16 pour des hyperglycémies moyennes ;:

2 pour des hyperglycémies marquées.

En résumé, le métabolisme de l'acide urique et celui du glucose sont fréquemment troublés concomitamment, mais il n°y a aucun parallélisme dans l'intensité de l’un et de l’autre trouble.

3° Cholestérinémie. — Le dosage en a été pratiqué d’après la méthode de Grigaut, qui donne en clinique des approximations suffisantes. Le taux normal de la cholestérine sanguine est d'environ 1 gr. 50 par litre. Cependant, en raison des causes d'erreurs toujours possibles dans l'emploi des méthodes colorimétriques, nous h'avons fait commencer l’hypercholestérinémie réelle qu’à partir de 1 gr. 75.

La dose normale (1 gr. 75 et au-dessous) a été trouvée 45 fois, c’est-à-dire dans une proportion de 13,2 p. 100 et avec une fréquence à peine un peu plus marquée chez les hypergly-

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cémiques légers (29 cas) que chez les hyperglycémiques moyens (13 cas) ou plus accentués (3 cas).

Quant aux 295 autres malades qui représentent 87 p. 100 des hyperglycémiques, ils avaient tous de l'hypercholestérinémie tantôt modérée, tantôt moyenne, tantôt forte.

a) Hypercholestérinémie modérée. — Nous avons considéré comme telle celle qui va de 1 gr. 76 à 2 gr. 20. Nous l’avons trouvée 119 fois, c'est-à-dire avec une proportion de 35 p. 100 sur l’ensemble des malades et avec une fréquence à peu près semblable dans Les trois catégories d'hyperglycémiques. En effet, elle s'est montrée :

65 fois coexistant avec une hyperglycémie légère ; 43 fois coexistant avec une hyperglycémie moyenne ; 11 fois coexistant avec une hyperglycémie marquée.

b) Hypercholestérinémie moyenne. — Nous rappelons qu'elle va de 2 gr. 21 à 2 gr. 75. Nous en avons compté 90, soit 26,4 p. 100 sur l'ensemble. Là encore, elle nous a paru indépendante de l'intensité de la glycérine car elle s'applique à :

56 hyperelycémiques légers ; 26 hyperglycémiques moyens; 8 hyperglycémiques marqués.

c) Hypercholestérinémie forte. — Au-dessus de 2 gr. 75 par litre de sérum, l'hypercholestérinémie des hyperglycémiques atteint encore 25 p. 100, puisque nous l'avons trouvée 86 fois, soit :

39 fois coexistant avec une hyperglycémie légère; AL fois avec une hyperglycémie moyenne; 6 fois avec une hyperglycémie marquée.

En résumé, l'augmentation de la cholestérine est de règle chez les hyperglycémiques, et cette augmentation se marque 32 fois sur 100 par un chiffre supérieur à 2 gr. 20.

Pour conclure, nous dirons que l'hyperglycémie n'existe jamais à l'état isolé en tant que trouble hépatique du métabolisme

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alimentaire. Nous ne l'avons jamais vue s'accompagner d'une formule sérologique normale par ailleurs. On conçoit, en effet, que la cellule hépatique ne puisse être touchée dans l’une quelconque de ses fonctions sans qu'il en résulte pour les autres fonctions une perturbation plus ou moins sensible. De celles-ci, la plus fréquemment atteinte est la fonction cholestérinique, puis la fonction uricolytique, puis la fonction uréopoiétique. C'est à la clinique plutôt qu'au laboratoire que nous avons demandé d'apprécier la valeur des fonctions biliaire, adipopexique, fibrinogénique, et nos examens nous ont conduite à des conclusions qui concordent pleinement avec celles que nous avons tirées des analyses sérologiques.

B. Cirrnoses. — IL est admis que le traitement thermal de Vichy n'exerce aucune action sur les lésions scléreuses. À peine peut-on lui demander de permettre aux malades de mieux utiliser les cellules hépatiques que l’envahissement par le tissu fibreux n'a pas encore frappées. Aussi les cirrhotiques sont-ils peu nombreux à Vichy, du moins à l'hôpital militaire, qui limite la faveur de ses admissions aux cas Les plus favorables. Cependant, nous avons pu rassembler {1 observations de cirrhose hépatique cliniquement certaines et ces 11 cas nous ont donné :

7 fois une hyperglycémie légère; { fois une hyperglycémie moyenne; 3 fois une hyperglycémie supérieure à 1 gr. 60.

[l s'agissait pour la plupart (exactement 7 fois) d'une cirrhose hypertrophique. Chez 3 autres malades, on à porté le diagnostic de cirrhose de Laënnec et chez un autre celui de cirrhose de Hanot.

C. Icrère ou suricrèee. — Nous n'avons voulu retenir que les cas de subictère ou d'ictère vraiment apparents et qui ne se bornent point à la présence d'une coloration jaunâtre sur la sclérotique. Dans ce but, nous avons recherché non seulement la pigmentation cutanée caractéristique, mais encore les autres

symptômes faisant partie du syndrome. Nous en avons observé 27 cas, soit 7,9 p. 100. Tous s’accompagnaient de cholurie avec réaction de Gmelin positive, à l'exception d'un seul cas où les urines donnaient seulement la réaction de Hay (ictère dissocié de Garban et Brûlé). Les autres signes classiques de l'ictère franc par rétention manquajient la plupart du temps, notamment la bradycardie et le prurit. Chez 3 malades, les selles étaient nettement décolorées. Chez les autres, elles marquaient seulement une tendance à la décoloration. Il ne nous a pas semblé que le syndrome jaunisse fût en rapport avec l'intensité de l’hyperglycémie, puisque sur les 27 cas relevés :

16 appartiennent à des hyperglycémies légères, soit 8,40 p. 100;

10 à des hyperglycémies moyennes, soit 8,1 p. 100; 1 à des hyperglycémies marquées, soit 3,5 p. 100.

D. CHoLÉCYSTITE OU ANGIOCHOLITE. — Les infections chroniques des voies biliaires constituent pour ainsi dire le triomphe de Vichy, et beaucoup de malades, chez qui fut pratiquée l'analyse du sang, n'avaient été soumis à la cure thermale qu'en raison des troubles qu'ils présentaient du côté de la vésicule ou des canaux intrahépatiques.

Nous ne serons donc pas surprise d’avoir rencontré 102 cas, soit 30 p. 100, de cholécystite ou d'angiocholite sur Îles 340 malades hyperglycémiques :

61 d'entre eux présentaient une hyperglycémie légère; 36 une hyperglycémie moyenne; 5 une hyperglycémie supérieure à 1 gr. 60.

Parmi eux, 8 avaient subi la cholécystectomie, intervention qui ne les mettait nullement à l'abri du trouble humoral hépatique primordial, et nous en avons eu la preuve par l'analyse sérologique, qui nous a révélé, outre la persistance d’une hypercholestérinémie marquée, la présence d'une hyperglycémie légère 5 fois et d’une hyperglycémie moyenne 3 fois. Aucun

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