‹ Les Hyperglycémies Sans GlycosurieChapitre 29 sur 35 · LAN · texte numérisé non relu

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Il va de soi que la somme d'exercice à fournir sera en rapport avec la force musculaire du malade. Le sport accroît le coefficient d'assimilation des hydrates de carbone et peut aboutir à la guérison. Dans une première période de traitement, on cherchera à « faire des muscles » et à accroître la résistance du myocarde. On conseillera les mouvements des bras qui agissent sur la respiration. L'augmentation de la ventilation pulmonaire est éminemment propre à assurer une meilleure oxydation dans l'organisme. Lorsque les masses musculaires se seront développées, on passera aux exercices à l'aide d'appareils (haltères, élastiques). Mais en aucun cas le malade ne devra aller jusqu'à la fatigue, surtout à partir d'un certain âge.

La marche en montagne est recommandable à condition d'être graduelle et entourée des précautions visant à éviter les refroidissements. Pour les citadins, la fréquentation d'un gymnase peut être conseillée.

Il y a intérêt à compléter ces manœuvres par des pratiques hydrothérapiques régulières. Nous verrons plus loin qu'elles constituent un des éléments de la cure dans les stations thermales, mais elles peuvent également être réalisées à domicile. Elles doivent être de courte durée et suivies de frictions.

Outre les résultats heureux qu'elle apporte au point de vue de la nutrition, l'hydrothérapie assure encore un fonctionnement meilleur du revêtement cutané. L’hyperglycistie prédispose le malade à toutes les infections par voie épidermique. Le nettoyage fréquent des léguments réalisera une antisepsie parfaite, mais il conviendra d'éviter les refroidissements et de s'abstenir de révulsifs, topiques, vésicatoires qui peuvent servir de porte d'entrée aux germes infectieux.

L'aération doit également faire partie des prescriptions hygiéniques. Si la vie au grand air n'est pas à la portée de tous les malades, du moins la plupart d'entre eux, et à plus forte raison ceux qui jouissent d'un appareil respiratoire indemne, devront dormir la fenêtre ouverte en toute saison, les précautions nécessaires étant prises pour éviter les effets fâcheux des courants d'air et de l'humidité sur des bronches trop délicates,

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Il est utile, enfin, de recommander aux malades d'éviter les émotions morales, les préoccupations, le surmenage intellectuel. Ces facteurs ont été souvent invoqués pour expliquer l'apparition d'un diabète. À plus forte raison méritent:tls d'être envisagés lorsqu'il s'agit de sujets déjà hyperglycémiques.

*< \ Il. — Régimé alimentaire.

Puisque l'hyperglycémie traduit un trouble dans l’utilisation des hydrates de carbone, il paraît logique de limiter au strict nécessaire l'apport alimentaire en hydrocarbonés. En effet, une alimentation trop riche à ce point de vue serait susceptible de faire apparaître une glycosurie d'abord intermittente qui risquerait par la suite de prendre un caractère permanent. L'hyperglycémique deviendrait tôt ou tard un diabétique.

Nous savons également que l'hyperglycémie s'accompagne d'autres défaillances partielles du foie et que celles-ci, selon toute vraisemblance, retentissent sur celle-là. C’est donc la fonction hépatique tout entière qu'il convient de ménager et le régime devra tendre le plus possible à mettre le foie au repos.

Tels sont les deux principes qui doivent guider le praticien dans la détermination des prescriptions alimentaires. Mais on conçoit que tous les degrés sont possibles et que, par conséquent, on ne puisse a priori établir un régime omnibus convenant à tous les malades.

Pour restreindre l'apport hydrocarboné, point n’est besoin, comme pour le malade diabétique, d'étudier préalablement sa .« tolérance ». Il sera seulement prévenu que l'organisme fait du sucre surtout avec le pain, les farineux, les fruits, et qu'il lui suffira de restreindre la consommation de tel ou tel de ces aliments trop riche en hydrates de carbone, pour obtenir une diminution notable dans le taux de son glucose sanguin.

IL pourra sans inconvénients consommer à volonté des légumes verts (épinards, concombres, salades, asperges, chouxfleurs, aubergines, etc..), alors que les oignons, les haricots secs, les pois, Les lentilles, Les fèves, les pommes de terre frites,

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les artichauts, les topinambours, lui sont partiellement défendus. Le melon, les fraises, Le citron, les olives, les mandarines, les mûres, les oranges, les noisettes, les framboises, les amandes, les groseilles, les pommes, les pêches, les poires, pourront être permis, mais il y aura lieu d'interdire les confitures, le miel, les dattes, les pruneaux, les raisins secs, les figues, les abricots

secs, les marrons, les nèfles, les bananes, les raisins et les

prunes. La nécessité de consommer du pain spécial, au gluten ou à l’aleurone, ne paraît pas évidente, mais il sera bon de limiter l'usage du pain frais, du tapioca, des pâtes d'Italie, du riz, du macaroni, des nouilles.

Pour mettre le foie au repos, il suffira de proscrire :

Les œufs, trop riches en matières grasses et susceptibles d'être toxiques s'ils ne sont pas d’une extrême fraicheur ;

Les sauces et ragoûts, qui contiennent de la farine et qui incitent à manger des quantités de pain exagérées,

Les graisses, qui ralentissent les mouvements de l'estomac et.

entravent la sécrétion du suc gastrique;

Les viandes d'animaux jeunes, riches en acide urique et susceptibles de se putréfier dans le tube digestif;

Les gibiers faisandés, qui contiennent des ptomaïnes;

Les pâtisseries, qui renferment des œufs, des crèmes ou des substances grasses ;

Les poissons gras qui fatiguent le foie.

Par contre, on pourra recommander les légumes frais, sous les réserves exposées plus haut, les viandes grillées et rôties, les poissons maigres, les fruits peu sucrés.

Comme boisson, un peu de vin étendu d’eau. L'usage des vins généreux, des apéritifs et des alcools est essentiellement nuisible. Les boissons glacées devront être proscrites. L'usage du café et du thé peu sucrés est toléré.

Mais il ne suffit pas d'avoir signalé aux malades ce qui peut leur nuire. La prescription d'un régime doit comporter encore l'indication des quantités qui leur sont nécessaires et celles-ci devront être proportionnées au poids du sujet, à son âge, à son genre de vie, à l'état de ses organes éliminateurs.

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