TRE
Au voisinage de Mx, dans la portion où la pulsation se redresse et devient franchement ascendante, c’est un phénomène brusque, et par là-même percutant qui ouvrira l'artère, d’où l'existence de nouveaux bruits pariétaux, qui constituent la marge supérieure du trou auscultatoire.
Cette théorie s est montrée, dans un certain nombre de cas, très exacte; mais n’explique pas tous les trous auscultatoires : chez la majorité des sujets où nous rencontrons le trou, ncus le trouvons, en auscultant sous une pression progressivement croissante, sans marge supérieure. Or, nous savons que ceite auscul- tation faite à la montée a pour résultat de supprimer les tons sanguins (Docteur Jean BARBIER. La Méthode auscultatoire dans l’exploration cardio-vasculaire).
L'’explication du trou auscultatoire nous est donc, dans la majorité des cas, fournie par la conception de la double origine des bruits.
Vraie pour les trous auscultatoires primitifs, cette explication est également exacte pour les trous auscultatcires secondaires, lesquels sont fréquemment perçus après que l’on a entendu, dans la zone maintenant muette, des souffles intenses un instant auparavant. M. le docteur BARBIER a montré que les souffles exagérés sont liés à l'insuffisance des qualités percutantes de l’ondée sanguine incapable d'ouvrir assez largement l'artère. Or, le trou auscultatoire, c’est aussi la manifestation d’une zone où l'artère est insuffisamment ouverte, ou trop lentement ouverte pour faire entendre un bruit de claquement pariétal.
Ainsi, chaque fois que la quantité de sang mobilisée
RO
à chaque pulsation est trop faible, ce qui réalise souvent le rétrécissement aortique serré, ou lorsque la circulation périphérique est encombrée, nous constaterons à l'examen l'existence d’un trou auscultatoire primitif.
Les sujets dont le trou secondaire est marqué, au début, par des souffles intenses, sont, au contraire, des malades présentant aussi un pouls anacrote, mais réalisant de plus l’une ou l’autre des conditions favorables au souffle : c’est le cas pour les vieux hypertendus, mobilisant chaque fois, à travers des artères mal ouvertes par une ondée sanguine peu percutante, une quantité de sang beaucoup plus considérable qu'un sujet normal.
INTÉER
La courbe auscultatoire de la phase troublée et 18 tracé sphygmographique correspondant
La zone des souffles est manifestement trop étendue, et, parallèment, la ligne d’ascension du pouls devient plus oblique, Ce retard du sommet de la pulsation se manifeste,
Dans l’un ou l’autre cas, nous saurons, chaque fois qu'un trou auscultatoire nous sera révélé par l’examen, que nous sommes en présence d’un pouls anacrote, forme spéciale de la pulsation, qu’il nous est donc possible de révéler, au lit du malade, par la simple méthode auscultatoire.
M. BARBIER a montré, par des examens répétés, que
la réapparition des trous artériels au-dessous du trou
do
Superposition du schéma de la pulsation anacrote, et du trou ausculatoire qui lui correspond
Le trou correspond à la portion horizontale, au palier de l’anacrotisme.
auscultatoire permet, en notant à ce moment la pression sur le manomètre, de fixer la position exacte de ce plateau de la ligne d’ascension.
L'application de la méthode auscultatoire nous permettra donc, non seulement de connaître les chiffres tensionnels Mx et Mn, mais de révéler l'existence d’un anacrotisme du pouls, dont on pourra fixer la position exacte du plateau. Résultats que l’on peut représenter par ce schéma emprunté à M. BARBIER.
Ainsi que nous l'avons dit, ce phénomène du trou auscultatoire, avec tracé sphygmographique nettement anacrote, a été tout d’abord constaté chez dés sujets atteints de double lésion aortique : rétrécissement et
insuffisance.
M. le Docteur BARBIER a rapporté, dans sa thèse « La Méthode auscultatoire dans l'exploration cardiovasculaire », la constatation de ce phénomène chez des hypertendus de l’hospice du Perron, dont l'amplitude des variations tensionnelles, au cours d'épisodes infectieux, paraissait étonnante. Nous les rapporterons à notre tour dans le prochain chapitre de notre thèse, au cours duquel, d’ailleurs, un grand nombre de faits nouveaux montreront l'intérêt de cette étude, de la forme de la pulsation.
En résumé, on peut dire qu'il semble actuellement démontré que le trou auscultatoire est un moyen simple, pour tout médecin appliquant systématiquement la méthode auscultatoire dans la recherche de la tension artérielle, de dépister l'existence d’un pouls anacrote. De même, il lui suffira de noter très exactement le moment de réapparition des bruits à la partie inférieure du trou auscultatoire pour savoir où placer, dans cette pulsation anacrote, le plateau de l’anacrotisme.
Le trou auscultatoire dépiste l’anacrotisme et permet, en quelque sorte, de le doser.
B. — Oscillométrie et Anacrotisme.
Nous serons ‘plus brefs sur les services que peut rendre l'oscillométrie dans l’étude de la forme de la pulsation. |
Avec l'Ecole lyonnaise, nous avons une tendance à préférer le matériel plus léger, et partant plus transportable, que nécessitent les deux autres méthodes. Ce ne sont pas les quelques mois passés dans un poste d'altitude, à courir par les chemins de montagne, qui nous ferons changer d’avis sur la préférence à donner à ce matériel plus léger.
L'oscillométrie demande d’ailleurs un aide à qui dicter les résultats, un papier quadrillé sur lequel il faut ensuite reporter pas à pas les chiffres notés; tout cela est du domaine du service hospitalier, voire du cabinet du spécialiste, mais très peu à la portée du praticien.
Ceci dit, 1l faut bien reconnaître que l'oscillométrie, à condition de reconstruire ainsi la courbe oscillométrique, renseigne assez bien sur la forme de la pulsation.
Explorons à l'oscillomètre de Pachon la pulsation anacrote. Au voisinage de Mx, alors que seul le grêle clocher, au-dessus du plateau d’anacrotisme, franchit seul le brassard, l'oscillomètre ne nous donne que de
petites oscillations. Souvent, chez ce sujet, il est même difficile, sans la double manchette de GALLAVARDIN, de savoir à quel moment cette oscillation est suffisante pour admettre qu'on a franchi Mx. Si nous conüinuons à baisser la pression, dans le manomètre, il arrive un moment où, d'un seul coup, les oscillations deviennent beaucoup plus amples. À ce moment-là, comme il est facile de le comprendre, nous venons d'aborder la partie massive de la pulsation; nous avons franchi le plateau d’anacrotisme. Ainsi, sans aller plus loin, on peut admettre qu'une courbe oscil-
lométrique où survient brusquement une augmenta-
14 Pression Mx
Os it at umo
Notation oscillométrique mettant en évidence la forme de la pulsation et le plateau d'anacrotisme.
tion de l'amplitude des oscillations prouve par là
l'existence d’un pouls anacrote.