‹ Les Hypertendus: à tension maxima variable Contribution à l'étude de la forme de la pulsation chez les hypertendusChapitre 5 sur 81 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous avons été, dès le début de nos études, intéressé par les questions de cardiologie qui nous attiraient surtout par leur problème dynamique, et nous sommes heureux d’être de la génération où la vulgarisation de recherche des méthodes tensionnelles donne au médecin au chevet d’un cardiaque un moyen précis de doser, en quelque sorte d’un jour à l’autre, l’effort du cœur en présence des résistances périphériques.

Sans avoir eu la chance de pouvoir passer de longues semaines dans le service de M. GALLAVARDIN, nous avons pourtant à plusieurs reprises au cours de nos études suivi sa visite, et cela vient d’être pour nous un plaisir fructueux, dans le poste de campagne où nous sommes amené déjà à exercer, que de passer de longues soirées à relire son livre, aujourd’hui tout à fait classique, sur la tension artérielle.

Aussi bien le sujet de thèse que nous devons à M. BARBIER et que, sous sa direction, nous avons étudié

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depuis plusieurs mois, est-il directement inspiré d’une thèse d’un élève de M. GALLAVARDIN, la thèse de POULAIN sur « la labilité tensionnelle systolique ».

Reprenant l'étude du phénomène curieux de la courbe auscultatoire décrit par TIXIER (de Nevers) sous le nom de Trou auscultatoire, POULAIN, dans cette thèse inspirée directement par M. GALLAVARDIN montrait que les malades présentant ce phénomène du trou auscultatoire étaient sujets à de brusques dénivellations de leur tension systolique.

Les recherches de POULAIN se bornaient à ce moment-là, à des malades présentant un rétrécissement aortique. Un peu plus tard, MM. GALLAVARDIN et BARBIER montraient la fréquence, en’ réalité, plus graride de ce trou auscultatoire et, par l’étude des conditions de production de ce phénomène, ils arrivaient à conclure que le trou auscultatoire est toujours associé à une forme spéciale de la pulsation artérielle : le pouls anacrote.

Puis M. BARBIER apportait un nouveau moyen, plus simple encore, de dépister au lit du malade l’anacrotisme de la pulsation; il donnait à ce procédé, sur lequel nous aurons à revenir, le nom de retard provoqué du pouls radial.

Îl y a déjà deux ans que, assistant à ses recherches, nous lui demandions de nous réserver comme sujet de thèse l’application pratique de ce signe à l’examen des hypertendus. Et quoi que depuis cette date nous ayons de notre côté étudié avec intérêt les hypertendus que nous rencontrions sur notre route, tous les faits que nous apportons aujourd’hui comme obser-

vations cliniques, sont puisés dans les documents personnels qu’il a bien voulu nous confier.

En le remerciant de nous permettre de donner ainsi à notre travail les bases cliniques qui, sans cela, nous | manqueraient, nous nous permettons de lui dire très simplement que nous avons été conquis par la simplicité de recherche de ce petit signe qu'il a préconisé et que, dans notre pratique médicale, nous ne manquerons jamais d'utiliser.

Au surplus, cette étude se trouve rendue plus intéressante, semble-t-il, par le fait qu’à l'heure actuelle, après avoir étudié surtout les éléments qui font de la tension artérielle quelque chose de stable, les auteurs contemporains se sont tournés vers l’étude des sujets, plus nombreux qu’on ne le croyait au début, chez qui la tension artérielle, au moins Mx, présente une assez grande variabilité.

Décrites par PAL, bien étudiées par VAQUEZ, les crises hyperthensives ont fait depuis, l’objet de nombreux travaux, dont nous rapportons quelques-uns. Nous nous excusons ici auprès des auteurs que nous n'avons pas mentionnés: la publication. des études relatives aux variations tensionnelles dépasse le cadre de notre travail, dont le volume, d’ailleurs, ne suffirait pas à les réunir. Sans oublier les noms de Paz, VAQUEZ, HEITZ, LAUBRY, MÉNÉTRIER, DONZE- LOT, NOBÉCOURT, LiAN... etc., nous avons particulièrement puisé dans l’œuvre de MM. les Docteurs GALLAVARDIN (La Tension Artérielle en Clinique), A. Dumas (La circulation périphérique et ses troubles), et Jean BARBIER (La méthode auscultatoire dans l’explo-

ration cardio-vasculaire. — L'étude clinique de la paroi artérielle. — Publications diverses).

Pour M. GALLAVARDIN, les crises vasculaires sont des phénomènes rares, greffés sur un fond d’ FUPEE tension variable.

M. le Docteur JEAN BARBIER, qui a particulièrement bien étudié « les hypertendus à tension maxima-variable » et qui, avec M. le Docteur JOSSERAND, a publié les premiers résultats de ses recherches, dans le Journal de Médecine de Lyon (20 janvier 1928) après en avoir déjà mentionné deux cas dans sa thèse sur « la méthode auscultatoire » (1921), aboutit aux cons- (oE suivantes :

’étude de la pulsation artérielle Ne ces hypertendus variables permet de constater que les crises hypertensives sont réalisées par la constitution d’une sorte de « clocher de surtension », au-dessus de la base stable de la pression maxima habituelle : le pouls prend alors le caractère du pouls anacrote.

Ces « clochers » constituent des phénomènes instables, variables d’un jour à l’autre, et ainsi se trouvent expliqués trois ordres de faits cliniques :

Les crises passagères de surtension au cours des hyperthensions modérées.

Les crises d’hypotension relatives chez certains grands hypertendus chroniques.

Les alternatives de surtension et de tension modérée dans la première phase de certaines hypertensions progressives.

Ces constatations, publiées en 1928 (Journal de Médecine de Lyon, 20 janvier) se sont enrichies de faits

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nouveaux. Nous appuyant sur tous les faits connus, nous étudierons les modifications de la pulsation au cours des crises hypertensives, ou lorsque varie le chiffre de tension des hypertendus. Et nous nous proposons de montrer l’intérêt de cette étude de la forme de la pulsation au cours des hypertensions variables.

La bien modeste contribution que nous avons voulu apporter à l’étude de la méthode sphygmomanométrique nous a permis de connaître ce que nous devions à M. le Docteur BARBIER. Qu'il veuille bien trouver ici, le profond hommage de notre gratitude.

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