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les-ci. Elle fut faite dans deux de nos observations et montra nettement une tumeur dans les deux cas. Dans un autre cas, la tumeur fut découverte en faisant une cystostomie et dans le dernier cas, au moment de pratiquer le deuxième temps de la prostatectomie.
Il s’agit là en fait de cas assez rares, auxquels il fau-
dra pourtant penser en présence d’hématuries sponta-
- nées d’allure néoplasique. Toutefois il faudra s'assurer
qu'il s’agit bien’ d’une hypertrophie prostatique; Duplay el Peclus discutent le diagnoctic de tumeur papillomateuse du col simulant l’hypertrophie prostatique, Zuckerkandi note que les tumeurs polypeuses de la vessie sont susceptibles de produire de la rétention d’urine pouvant faire croire à une hypertrophie prostatique, mais seulement quand ces tumeurs siègent dans la région du col. Le diagnostic devra donc s'appuyer non seulement sur le toucher rectal, mais encore sur l'examen de l’urètre, et sur la constatation des troubles fonctionnels habituels de . l’hypertrophie prostatique. |
Notons enfin que d’après Motz et Montfort, une certaine quantité (qui atteindrait 35 % d’après Montfort) des
tumeurs de la vessie, seraient d’origine prostatique.
HÉMATURIES D'ORIGINE PROSTATIQUE
Hématuries au cours de l’hypertrophie prostatique au début de la transformation néoplasique
Nous venons de voir les différents cas où l’hématurie qui survient au cours de l’hypertrophie prostatique, pro vient en réalité de la vessie ét nous avons étudié les différents cas qui peuvent se présenter, |
Avant de conclure à une hématurie d’origine prostatique, il convient d'éliminer l’hématurie signalant une transformation néoplasique de l’hypertrophie prostatique, transformation aujourd’hui bien connue grâce à de très nombreux travaux modernes, notamment ceux d’Albarran et Hallé, d'Hallopeau, de Motz, etc.
Cette transformation est d’ailleurs relativement fréquente et le devient d'avantage à mesure qu'elle est mieux recherchée. Il y a quelques années, la plupart de ces néoplasies étaient encore prises pour des hypertrophies, prostatiques. Albarran et Hallé la rencontrent quatorze fois pour cent prostates hypertrophiées.
Freyer trouve 171 cas sur 1276 hypertrophies prostatiques.
Gebelete remarque, qu’elle fournit 38 % des affections de la prostate.
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Pour le professeur Marion on rencontrerait 7 néo-prostatiques pour 100 prostatiques « et cela sans tenir compte des prostates ou seul l'examen histologique peut démontrer la transformation néoplasique. »
Or cette transformation peut s’annoncer par des hématuries. Etant donné l'intérêt chirurgical primordial qui s'attache à reconnaître le plus rapidement possible cette transformation, ces hématuries prennent un grand inté-
rêt clinique, aussi nous étendrons-nous plus longuement
sur beur description.
L’'hématurie a ici l’allure des hématuries d’origine néoplasique : elle est donc spontanée dans son apparition, apparaissant en dehors de toute cause traumatique, survenant aussi bien le jour que la nuit.
Elle est ordinairement initiake, à moins que le sang n'ait reflué vers la vessie. Elle se montre parfois sous forme de caillots moulés dans l’urètre et expulsés par le premier jet, plus souvent c’est une hématurie des premières gouttes, discrète et répétée. :
Elle est rarement abondante. Parfois cependant elle est assez copieuse pour entraîner la formation de caillots, mais cela surtout à la période d’ulcération de la tumeur, où le diagnostic est déjà nettement posé. Notons aussi la possibilité d'hématuries plus ou moins abondantes, initiales ou terminales, survenant après le passage d’instru-
ments dans le canal, et dont. la constatation pourra faire
penser au néoplasme vésical ou prostatique.
Ces caractères présenteraient donc uné grande valeur
au point de vue du diagnostic, constituant une véritable
hématurie d’alarme, amenant spontanément le malade à se faire examiner. h ( Toutefois, il faut bien reconnaître que l’hématurie n’est pas fréquente : Hallopeau déclare he l'avoir rencontrée que dans la moitié des observations rapportées dans sa
thèse. Walcker ne trouve des hématuries comme signe de
début que trois fois sur 16 cas et Hampton Young 15 fois
sur 145 cas.
Nous même en feuilletant les observations du service Civiale, portant sur 6 années, ne l'avons rencontré que dans quelques cas seulement.
Enfin les hématuries ne surviennent pas toujours au début de l'affection et Gardner constate que ce signe serait très rare au début. La constatation d’hématuries légères, initiales, spontanées pourra donc faire penser au néoprostatique, mais le diagnostic au début n’en reste pas moins extrêmement difficile et l’on devra rechercher soigneusement en même temps les signes physiques de l'affection. Hallopeau indique comme signes de début, un certain changement de consistance de la prostate, une modification de sa sensibilité, parfois une irrégularité de sa surface, un accroissement plus rapide et irrégulier à tendance postérieure, mais de l'avis même d'Hallopeau, ces signes ne constituent qu’un ensemble de phénomènes fugaces, d’où erreurs assez fréquentes.
Albarran et Hallé d'autre part constatent que 14 fois . sur cent, la prostate en voie de dégénérescence ne présente ni la dureté, ni la diffusion indiquant la dégénéresœænce épithéliale,
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D'autre part il existe assez souvent de petites nodosités dans la prostate des prostatiques ayant gardé la sonde à demeure.
Wolff note l'impossibilité pour ces malades, contrairement aux prostatiques, de supporter la sonde à demeure, mais pour Hallopeau ce signe n'a rien de caractéristique.
Le professeur Marion a insisté dernièrement sur la constatation de l'empâtement douloureux d'une vésicule séminale chez le prostatique, signe qui par sa seule présénce et quel que soit l’aspect de la lésion de la prostate, doit éveiller l'idée de cancer.
On pourra encore s’aider de l'examen du sang, qui, d’après Legueu et Morel, montre une éosinophilie caractéristique dans l’hypertrophie prostatique, une forte polynucléose dans le cas de néoplasme et d’autre part, de la cystoscopie qui d’après Harrison et Young montre la prostate dégénérée présentant dans la vessie des contours irré-
guliers.
Hématuries provenant de la prostate elle-même au cours de l’hypertrophie prostatique
Toutes les causes d’hématuries que nous avons vues ayant été successivement rejetées, on sera alors, mais alors seulement, en droit de penser à une hématurie provenant de la prostate hypertrophiée elle-même, malgré la très grande rareté de ces hématuries.
Elles s’observent chez des prostatiques en état de réten-
tion complète, aiguë ou de rétention incomplète chro-
nique, sans distension, — elles sont ordinairement initi.les, assgz peu. abondantes, apparaissant spontanément. Ces hématuries relèvent d’une congestion intense de la prostate, au niveau de la partie postérieure de l’urètre, congestion relevant d’une véritable transformation angio-
mateuse qui s’est produite à ce niveau.