‹ Les hysteriquesChapitre 244 sur 265 · TRES GRANDS EXCÈS · texte numérisé non relu

TRES GRANDS EXCÈS

rapidement une lettre de deux ou trois pages. Elle coud, brode et fait de la tapisserie; mais, complètement dépourvue de sens moral, gourmande et lascive, voiià tout ; elle a toujours causé à sa Camille les plus grands chagrins et les plus tristes humiliations.

Malgré la surveillance dont elle était entourée, elle a eu plus d'un lien, et a cherché à séduire son père. C'est alors qu'on l'a l'ait enfermer.

Entre autres lettres écrites par elle pendant son séjour à la Salpélrière, en voici une qu'elle écrit à une fille de service de la division qu'elle vient de quitter : « Ma bonne chérie, tu crois probablement que je t'oublie. Oh ! je le voudrais que je ne le pourrais. Ton gracieux personnage est bien trop gravé dans mon cœur. Je ne sais pas si ton amitié est réciproque à la mienne, j'ose l'espérer pourtant. Oui, bonne Célina, je veux te forcer à m'ai mer; car depuis bien longtemps mon cœur ne battait plus pour personne, et tu l'as fait palpiter; tu es heureuse, bien heureuse.. Quel beau style! le plus gracieux des amoureux ne le ferait pas mieux. Si tu savais, l'autre jour j'ai failli me trouver mal en apprenant que tu étais malade; mais, oh '.bonheur sans pareil! on s'était trompé l'on avait pris une autre pour loi. Je ne veux pas te donner le droit de te plaindre que je ne te donne pas de doux noms. Mon bijou, imagine-toi que voici deux heures que je me creuse la cervelle pour en trouver de plus doux les uns que les autres. Ils ne pourront jamais te dire assez combien je t'aime. »

OBSERVATION VI*. — Nymphomanie. — Trè? grands excès. — Mariage. — Guérison. — Rechute.

Sophie appartient aune famille d'ouvriers où la morale la plus sévère a été la règle constante, et cependant, bien avant

t. Ren ludin, Archives cliniques, 1668.

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