‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 114 sur 338 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, LIONEL

LIONEL, saluant tour à tour la comtesse et le comte. Veuillez agréer tous mes respects, (ils s'assoient tous trois.) Admis chez vous depuis huit jours, sur la recommandation de mon ami Froment, j'ai peut-être abusé de l'hospitalité que vous vouliez bien m'accorder.

LE COMTE

Loin delà, monsieur le marquis. C'est nous qui vous sommes reconnaissants de vos gracieuses visites.

LIONEL

Malgré votre bon accueil et le plaisir que j'y trouvais d'ailleurs, elles eussent été moins nombreuses, moins longues, si un attrait invincible ne m'eût amené tous les jours et retenu le plus tard possible au sein de votre famille. L'amour a triomphé de la discrétion. Vous

connaissez ma pensée. Si vous ne me jugez pas indigne d'aspirer à votre alliance, je vous demanderai l'autorisation de présenter tous mes hommages à mademoiselle d'Apremont.

LE COMTE

Comme chef de famille, je ne puis que me féliciter de l'honneur que vous nous faites. Trésignan rappelle Lusignan; votre fortune est en rapport avec votre naissance; et tout sera pour le mieux si ma fille, à qui je laisse la plus complète liberté, partage vos sentiments.

LIONEL

La voilà. Voulez-vous me permettre de l'interroger?

A votre aise. En famille, l'entretien n'en sera que plus convenable, sans être moins sincère.

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