‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 12 sur 338 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mkmks, iiors LUCIENNE.

M AD AMI-: AUBRAY, présentant Camille à ValmoreoM.

Mon fils, monsieur.

Votre fils... d'adoption, madame.

MADAME AUDRAY.

Non pas; mon fils à moi, mon vrai fils... Cela vous étonne.''

VAI.MOR EA u.

.Mais oui, madame: monsieur a au moins vingt ans.

CAMILLE

Vingt-quatre.

VALMOREAU.

Mais alors... vous, madame?

MADAME AUBRAY

Moi, j'en ai quarante-deux.

VALMOREAU.

Vous en paraissez bien vingt-cinq.

Voilà comme nous sommes ici, personne ne paraît son àg>^

CAMILLE

C'esl que les âmes toujours pures font les visages toujours jeunes; c'est que la vertu triomphe même du temps. J'aime à entendre ce que vous venez de dire, monsieur, et je l'entends souvent ; je suis si fier de cette mère-là! On nous prend partout pour le frère et la sœur, et, si ça continue, dans quelques années on nous prend.-^a pour le pèi^e et la ûlie. J'ai déjà l'air plus vieux que toi. (n lui baise les mains.] Tu vas bientôt me devoir le respect.

n LES IDÉES DE MADAME AUBRAY.

MADAME AUBRAY

Mais je te respecte. N'es-tii pas le chef de la famille?

CAMILLE

Et elle a si grand' peur d'être accusée de coquetterie, qii''sl]3 fait tout ce qu'elle peut pour paraître vieille, cette vilaine maman. Comme elle se coiffe! Est-ce qu'une femme se coiffe ainsi, même quand ses cheveux sont à elle? [ii lui ébouriffe les cheveux.) Quelle différence tout de suite ! Quand on nous rencontre bras dessus bras dessous dans la rue, on dit : « Oh! le joli petit ménage! » — Oh! l'adorable maman! (ii l'embrasse.)

En voilà une famille !

BARAA'TIX.

Vous n'y êtes pas encore, vous on verrez bien d'autres.

VALMOREAU, à Tarantin.

La voici.

Qui?

Miss Capulet.

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