D UNIE R ES
Très-gai, très-enfant, un peu rom.anesque; elle a de l'esprit, de l'imagination; elle sait ce qu'elle vaut; elle rêve de paladins et de châtelaines; elle se sent riche et libre : elle n'épousera qu'un homme de son choix. Elle nous a souvent entendu parler ' de vous d'abord, et de vos deux fils. Moi, je ne vous cache pas que j'aime bien le duc ! il est gai, ii me r.geunit; mais madcsme de
Diinières, qui esl une personne grave, préfère le marquis; si bien qu'en faisant à nous deux l'éloge de l'un et de l'autre, nous avons rendu Diane fort curieuse de les connaître.
LA MARQUISE
Il sera bien difficile de persuader à Urbain de se montrer chez vous. Vous voyez toute la terre, et il n'aime pas à sortir de la vie intime.
D U N I È R E s , en remontant.
Nous le surprendrons! Nous amènerons Diane ici, et, quand votre fils l'aura vue, il ne fuira pas l'occasion de la revoir.
LA MARQUISE
Et puis, en Bourbonnais, puisque nous sommes voisins! vous y \ iendrez bien cet été?
DUMÈRES.
Oui, certes! Quand partez-vous pour Séval?
LA MARQUISE
Quand vous partirez pour Dunières.
D UNI ÈRE s.
A la On de juin?
LA MARQUISE
A la fin de juin, soit! Et vous espérez?...
DUNIÈRES.
Pourquoi non? Ils sont charmants, nos jeunes gens! dès qu'ils se voient ici, ils se plaisent; ils se connaissent à la campagne, ils s'aiment, nous les bénissons, et ils se marient.
LA MARQUISE, aUant à la cheminée.
Vous me rappelez M. de Florian!
DUNIÈRES.
Il avait du bon quelquefois!... Allons, il me sourit de mettre ma pupille dans le giron d'une femme comme vous, (n va prts de la marquise.) Car, cutrc uuus, marquisc, la vertu des femmes devient rare !
LA MARQUISE
C'est vrai, mais il ne faut pas le dire, (urbain entre du fona.)
ACTK PREMIER. 5