SCÈNE V
LA MAPxQUISE, URBAIN.
URBAIN
Eh bien, ma mère, avez-vous arrêté mademoiselle de Saint- Geneix?
LA MARQUISE
Ne m'en parlez pas! Je suis dans le ra\is>ement, je crois qu'elle m'a ensorcelée!
URBAIN
Vraiment? Contez-moi ça.
LA MARQUISE
Je ne sais pas trop si je dois... J'ai peur de vous monter la tète aussi !
Quand même je serais capable de m'onflammer si vite, vous ne devez pas craindre que, chez vous...
LA MARQUISE
Je connais vos principes, mon fils! Je voulais seulement vous faire sourire et je n'ai pas réussi. Qu'avez-vous, Urbain? Vous ennuyez-vous ici? Aimez-vous une personne qui ne vous aime pas?
URBAIN
Non, puisque je vous aime.
LA MARQUISE
Oui, vous m'aimez ! vous le prouvez de reste, et moi, je viens encore d'augmenter les sacrifices continuels que vous me faites. J'ai promis à mademoiselle de Saint-Geneix...
URBAIN
S"est-elle donc fait marchander?
LA MARQUISE
Elle s'en est bien gardée, la pauvre petite 1 Elle se sacrifie pour sa famille; je me suis attendrie... et jo m'en répons presque: on n'a pas toujours le droit de faire le bien.
URBAIN
Ah ! ma mère! quand vous en serez à ce point de vous refuser la joie de l'aumône, je croirai que vous ne m^e sentez plus digne de votre atTection.
LA MARQUISE
Vous êtes le meilleur des fils elle plus généreux dos hommes. Vous êtes les trois quarts de ma vie.
ACTi: i'I{i:m[î:i{. r.)
URBAIN, s.jurinnt.
Ne dites pas cela, ma bonne mùre; mon frère a droit ii ki moitié, peut-ùtre à la plus doure moitié de voire âme.