‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 160 sur 338 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LA MAPxQUISE, URBAIN.

URBAIN

Eh bien, ma mère, avez-vous arrêté mademoiselle de Saint- Geneix?

LA MARQUISE

Ne m'en parlez pas! Je suis dans le ra\is>ement, je crois qu'elle m'a ensorcelée!

URBAIN

Vraiment? Contez-moi ça.

LA MARQUISE

Je ne sais pas trop si je dois... J'ai peur de vous monter la tète aussi !

Quand même je serais capable de m'onflammer si vite, vous ne devez pas craindre que, chez vous...

LA MARQUISE

Je connais vos principes, mon fils! Je voulais seulement vous faire sourire et je n'ai pas réussi. Qu'avez-vous, Urbain? Vous ennuyez-vous ici? Aimez-vous une personne qui ne vous aime pas?

URBAIN

Non, puisque je vous aime.

LA MARQUISE

Oui, vous m'aimez ! vous le prouvez de reste, et moi, je viens encore d'augmenter les sacrifices continuels que vous me faites. J'ai promis à mademoiselle de Saint-Geneix...

URBAIN

S"est-elle donc fait marchander?

LA MARQUISE

Elle s'en est bien gardée, la pauvre petite 1 Elle se sacrifie pour sa famille; je me suis attendrie... et jo m'en répons presque: on n'a pas toujours le droit de faire le bien.

URBAIN

Ah ! ma mère! quand vous en serez à ce point de vous refuser la joie de l'aumône, je croirai que vous ne m^e sentez plus digne de votre atTection.

LA MARQUISE

Vous êtes le meilleur des fils elle plus généreux dos hommes. Vous êtes les trois quarts de ma vie.

ACTi: i'I{i:m[î:i{. r.)

URBAIN, s.jurinnt.

Ne dites pas cela, ma bonne mùre; mon frère a droit ii ki moitié, peut-ùtre à la plus doure moitié de voire âme.

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