SCÈNE YIII
Les Mêmes, CAMILLE.
CAMILLE
Pardon, madame, je viens chercher la musique que vous a\ ez bien voulu prêter à ma mère et qu'elle a oubliée ici.
JEANNINE, retrouvant la musique sur le piano.
La voici, monsieur.
Ma mère m'a dit que vous nous feriez l'honneur de venir passer la soirée avec nous.
o2 LES IDÉES DE MADAME AUBRAV.
JEANNINE
En effet.
CAMILLE
Votre maison est un peu éloignée de la nôtre, les jours commencent à diminuer, voulez-vous me permettre de venir vous chercher, madame?
JEANNINE
j\Ierci, monsieur, je ne suis pas peureuse de si bonne heure.
CAMILLE
Alors, madame, laissez-moi embrasser cet enfant ; car je suis si content, que j'ai besoin d'embrasser quelqu'un.
JEANNINE
Et pourquoi etes-vous si content, monsieur?
CAMILLE, tenant Gaston dans ses bras.
Parce que je viens d'apprendre une bonne nouvelle de la bouche de ma mère, qui ne saurait mentir, et à qui on ne ment pas; parce que, depuis un an, j'avais un sefret que je ne pouvais dire à personne, et que, grâce à cette nouvelle, je vais pouvoir le dire.
JEANNINE
Prenez garde, monsieur, il ne faut pas trop se hâter de dire ses secrets.
C'est selon à qui. (ii dépose renfant à terre.) A 06 soir, madame.
JEANNINE
A ce soir, monsieur. ( camiue sort.) . 1