‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 211 sur 338 · LE DUC, DIANE, CAROLINE · texte numérisé non relu

LE DUC, DIANE, CAROLINE

LE DUC

Chut! voici mademoiselle de Saintraillesl

DIANE, entrant gaiement.

Me voilà! [EUe embrasse Caroline.)

CAROLINE

Vous étiez ici ?

LE DUC

C'est ça, embrassez- vous et causons sérieusement! Mademoiselle de Saint-Geneix, nous avons besoin de vous, (a Diane. J Parlez I

DIANE

Non ! vous d'abord.

LE DUC

Alors, c'est solennel! écoutez bien. Mademoiselle Caroline, reconnaissez- vous qu'une jeune fille, belle, bonne, riche et de grande maison, telle que mademoiselle de Saintrailles, ait le droit de vouloir épouser un garçon charmant, vertueux et noblement ruiné, tel entin que le marquis de Villemer ? Répondez !

CAROLINE

J'approuve mademoiselle de Saintrailles et je l'estime d'autant plus pour cela.

DIANE

Vrai? bien vrai?

Aussi vrai que je vous aime.

DIANE, au duc.

Alors, continuez, dites votre opinion aussi.

LE DUC

Je continue, et mon opinion est que, lorsque par modestie.

ACTR troisH:mI':. ku

par fierté peut-être, le jeune homme ruiné se fait un [x-u prie;*, c'est à la jeune fille riche d'insister et de vaincre.

CAROLINt:.

Et, pour cela, que puis-je faire?

LE DUC

Le voici. J'ai fait prier Urbain d'aller trouver M. de hunières au salon; il va passer par ici, vous le retenez sous u:» prétexte, et moi, j'en trouve un autre pour vous emmener, afin que, restés seuls, mademoiselle et lui, ils puissent enfin s'expliquer franchement.

CA ROLINE.

Eh bien, rien de plus simple; nous allons dire que...

LE DUC

Qu'est-ce que vous avez donc ?

CAROLINE

Moi ? Je n'ai rien.

LE DUC

Si fait! vous êtes pâle.

Et elle a les mains glacées !

LE DUC

Mademoiselle de Saint-Geneix n'est pas forte, (on fait asseoir

Caroline sur le canapé. )

CAROLINE

Pardonnez-moi, monsieur le duc, je suis très-forte.

LE DUC. à Diane.

Ne la croyoz pas ; elle n'est forle que de volonté.

DIANE, à part.

Pauvre fille !

LE DUC

Elle travaille trop; elle devrait se promener, se... Ah! une idée ! voilà le prétexte !

DIANE

Voyons !

LE DUC, passant à gauche.

Oui, le voilà trouvé, (a Caroline.) Vous savez monter à cheval?

CAROLINE

Fort peu.

LE DUC

Eli bien, il faut apprendre. Je vais faire seller Jaquot. (ii remonte.)

Qu'est-ce que c'est que ça, Jaquot ?

LE DUC, descendant.

C'est le poney du terroir, la bête du bon Dieu, une chèvre à

queue ! (ll remonte.)

CAROLINE, se levant et passant à gauche.

Mais je n'ai pas la moindre envie de faire de l'équitation ce soir. Il va faire nuit.

LE DUC, passant à l'extrême droite.

Mais non, mais non I Je veux vous faire faire d'un seul coup

une sortie adroite et hygiénique. (A Diane, montrant la fenêtre de droite.)

Tenez, vous demandiez Jaquot! le voilà qui revient du pré. (Appelant par la fenêtre.) Eh ! là-bas ! VOUS autres ! attendcz-mol ! (A Diane et Caroline.) Je vais l'habiller, cc fougueux animal, l'entraîner un peu ; je reviens vous chercher, et dans cinq minutes

le tour est fait. (Il saute par la fenêtre.)

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