‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 216 sur 338 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Eh bien, voyons! en deux mois!

En deux mois, soit : se méfier.

DIANE

De soi ou des autres?

URBAIN

Des autres et de soi.

DIANE

Voilà qui me paraît plus diiïîcile que la bot<inique.

URBAIN

Beaucoup plus difificile. On se laisse toujours prendre.

DIANE

Alors, vous êtes soupçonneux, jaloux peut-être! Vous qui pasfez pour si bon !

URBAIN

Réputation usurpée, mademoiselle. Il y a dos jours où je mo sens vindicatif et méchant.

DIANE

Vous êtes dans un de cesjours-Ia?

URBAIN

Peut-être.

DIANE, se levant.

Alors, je repasserai un autre jour; car je n'aime que le dévouement, et je trouve cela très- beau, moi, de faire des heureux!

URBAIN

Vous croyez cela facile ?

DIANE

le dédaigne les choses faciles.

URBAIN

Vous avez du cœur et du courage? Prenez garde! \o\is souffrirez beaucoup.

Je rerai des ingrats?

URBAIN

Oli! certainement.

DIANE

Même en donnant ma liberté, ma fortune, ma vie pour sauver quelqu'un?

URBAIN

IMademoiselle de Saintrailles, ne donnez tout cela qu'à un homme qui vous aimera passionnément.

DIANE

Et il ne sera pas ingrat, celui-là?

Peut-être que si; mais du moins il n'aura pas été lâche en

acceptant vos sacrifices, (n s'éloigne un peu à gauche.) DIA^E.

Monsieur de Yillemer, je vous remercie de votre franchise ; mais je suis destinée à vivre dans le monde et je ne le vois pas si noir que vous dites. Je me dévouerai, parce que c'est mon rêve, mon idéal, mon poëme; chacun a le sien! J'ai voulu tout de suite choisir le plus beau. Je ne m'inquiéterai pas de l'avenir; je suis peut-être une force que Dieu veut employer! J'irai droit devant moi, j'écouterai parler mon cœur, je guérirai au besoin celui des autres, et je serai heureuse, parce que je veux être bonne. Bonsoir, monsieur de Yillemer; merci pour vos herbiers, je les attends demain.

URBAIN, allant à Diane.

Vous les aurez. Pardonnez-moi de dire des choses tristes, et de vous avoir montré ma misanthropie. Voilà comme on fait le mal... en sachant que c'est le mal!

DIANE

A la bonne heure, je réponds de votre conversion.

URBAIN, inquiet.

Mais... que voulez-vous donc faire pour cela?

ACTK THOIsiKMi:. m

F)Iam;.

C'esl mon secrot; vous ne pouvoz pas le deviner, ne cherchez pas. Maintenant, j'ai quelque cliose à dire au duc d'Ah^ria. Croyez-vous qu'il ait été bien loin avec madenioiselle de Saint- Geneix?

un B A IX, vivement.

Je vais voir, (n remonte.)

C'est ça, allez! (Aiirt. Pauvre jeune homme! il est enchante de me quitter!

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