I.A MA Hy II si:, soiiri.mt
Oh!
L|-OMi:.
Je veux pouvoir oslimiM' l'objet de mon choix.
LA MARQUISi:.
.MiKhime (J'Argiade , vous ailoz trop loin.
L i-: o mi:.
Aussi . je m'en vas.
LA -MA uy L I si:.
Irritée; pourquoi? Je n'en sais rien, mais le duc me le dira.
LKOMI-.
Il vous dit tout?
LA :\iAnQuisn.
Tout ce qu'on peut dire à sa mère.
LÉOME.
C'est d'un bon fils.
LA MARQUISE, s'ass^yant sur le cannpû.
Mais oui. Voyons, baronne, avouez que vous êtes jalouse de quelqu'un ici
LEONIE, riant et s'ass^'yant sjr une chaise près du canapi'-.
Jalouse, 'moi ? Et de qui donc, mon Dieu ? De mademoiselle de Saintraillcs ou de Caroline?
LA MARQUISE
Qu'est-ce que cett^ pauvre Caroline vient faire là, je vous lo demande?
LÉO NIE
Je croyais que le duc vous disait tout !
LA MARQUISE
Eh bien?
LÉOME.
Eh bien, vous n'ignorez pas que le duc aime Caroline?
Ii8 LK MAPxQUIS DK VILLEMER.
LA MARQUISE, apr^s un moment d'hésitation.
Je sais que le duc a été fort épris de mademoiselle de Saint- Genoix; il me le disjit tout à l'heure.
LÉO NIE
Ah !
LA MARQUISE
Oui; il a même ajouté qu'il avait eu l'intention sérieuse de 1 épouser.
LÉONIE
Pourquoi donc en épouse-t-il une autre?
LA MARQUISE
Parce que Caroline lui a refusé tout espoir.
LÉOXIE.
C'est sans doute cet espoir qu'il cherchait à reconquérir cette nuit?
LA MARQUISE, surprise, se contenant.
Cette nuit ?
LÉONIE
Je dis que, si le duc est res,té en conférence toute cette nuit avec Caroline, ce devait être dans l'espoir de vaincre sa résistance obstinée.
LA MARQUISE, froidement.
Comment savez-vous cela?
LÉONIE
Vous l'ignorez donc?
LA MARQUISE, sévère.
Je vous demande comment vous le savez?
LÉONIE
C'est bien simple. Toute la nuit, les portes de leurs appartements sont restées ouvertes. Inquiète de Caroline et la croyant •naïade, je l'ai cherchée. Elle était ici, dans cette pièce, enfermée avec quelqu'un. On parlait bas. Le matin seulement, le duc rentrait chez lui.
ACT1-: nrATnii:Mi<. 149
].\ MA UOLISi:.
Oui l'a vu ?
Li':()Mt:.
Moi; et Pierre aussi, s'il a voulu le \oir.
L\ MARQLISi:.
Vous le jurez ?
LKONIi:.
Je le jure.
LA MARQUISE, se levant et passant à gaïu-lie.
C'est bien, baronne. En vous interrogeant, j'ai voulu m'assurer d'une ebose qui m'afllige : c'est que, par tous les mjyens, vous vous emparez des secrets dont vous n'arrachez pas la confidence.
LÉOME, se levant.
C'est le hasard...
LA MARQUISE
Beaucoup de hasards comaie celui-ci motiveraient ce qu'on dit de vous.
LKONIE.
Personne ne peut me reprocher un mensonge.
LA MARQUISE
On le reconnaît, et c'est par là, dit-on, que vous êtes à craindre; vous vous servez du vrai pour voir le faux.
LÉO>IE
Enfin...
PIERRE, entrant par le fonrl .
Mademoiselle de Saint- Geneix demande si madame est seule.
LA MARQUISE
Dans un instant; priez-la de vouloir bien attendre, (pierre son
après avoir ôté la chaise qui est près du canapé.) EnÛn, me VOilà obligée
de VOUS dire que, si le duc implorait Caroline, ce n'était probablement pas pour lui-même, mais pour...
130 LE MARQUIS DE ViLLEMER.
LÉONIE
Pour qui donc? pour son frère?
LA MARQUISE
Je n'ai pas dit cela. Je vous dis que vous incriminez...
LIÎONIE.
Non certes, je n'incrimine pas; mais il m'est permis de croire que Caroline aime le duc en secret et qu'elle n'en épousera pas un autre.
Cela... c'est possible; je veux... et je vais le savoir, (euo
sonne.)
LÉONIE
Vous me pardonnoz ?
LA MARQUISE, s'asseyant à gauche.
Quoi donc? Ah ! le hasard! Je vous ai dit ce qu'on en pourrait conclure : vous réfléchirez. Adieu, baronne! (Caroline entre par
le fond.)
LÉONIE
Adieu, madame la marquise. (Elle remonte et dit à Caroline qui vient
d'entrer.) Allons, sois frauchc, et, quoi qu'il arrive, compte sur
moi. [Elle sort par le fond.)