ACTE I)FUX1^:MR
en AVEN A V, surpris.
Tiens, vous savez?
r. LKMENCE.
Vous me croyez donc bien sotte! (eiio remonte.)
CIIAVENAY. à Du Bourg, assis (^ flroite rlevnnt le pinno.
Échantillon de ses grâces!...
NANTYA, à Rebeccn.
Et cette chère santé, madame?
REBECCA, assise au fond, sur la causeuse de droite.
Ah! ne m'en parlez pas! J'ai une migraine, ce soir!...
CLÉMENCE, !\ Xantya.
Monsieur de Chavonay aurait dû nous faire savoir plus tôt que vous étiez-là !
C H A V E N A Y, à Du Bour?.
Monsieur de Chavenay!... Autrefois j'étais ^«.<?^o??...
DU BOURG, de même.
Rebecca m'appelle toujours Anatole.
CIIAVENAY.
Ça ne prouve pas grand'chose non plus, va! SCÈNE IV.
Les Précédents, TROENES, entrant par la mémo porte que les dames.
CHAVENAY.
Oh! voici Troènes qui vient de fumer... A'nntya et Iroi^nes se serrent la main.j
TROENES, ennuyé.
Il faut bien tuer le temps!... On a oublié de m' interdire ça!
CIIAVENAY, à Du Bourg.
Il n'a pas encore digéré l'interdiction ! ,11 remonte rers les dames.
TROENES, à Xantya ^.
S'il croit que je m'amuse chez lui!...
N A NT Y A
Vous ne manquez pourtant pas de personnes assez aimables!
TROENES, surpris, regardant derrière lui.
Ah !... des femmes comme ça! merci ! —Vous les trouvez drôles, vous?
NANTYA.
Drôles! non! mais...
TROENES.
Quand je pense aux parties que je faisais avec Florine, Crevette et Cocotte! Voilà des femmes qui étaient drôles!
NANTYA, railleur
Oh! je le pense bien!...
TROENES.
Mais des femmes honnêtes!..,
NANTYA.
Eh bien, et madame de Troènes ! Vous ne la trouvez donc pas charmante?
TROENES, indifféremment.
Si... si, elle est charmante!
NANTYA.
Et jolie?
TROENES.
Si... si... elle est jolie!
NANTYA. .
Et bonne, et douce, et?...
TROENES.
Tout ça, oui, mais elle n'est pas drôle!
NANTYA, à lni-m.*'me.
Comme Cre\ette : (ll remonte vers le groupe de tous à la rheminée tandis
1, Nantya, Troènes.
ACTI'! DKl'XIK MK. ly,]
que Troënps, qui remontp nvniii lui, v/i s nsscoir à In petite inhlo de droite, et s'instnlle devant l'échiquier, le dos tourné h tout le monde. )
RKBKr. (;V. à In cheminée, continiinnt In conv-nsntion.
Comment, ce roman-Iii ne vous plnît pa> ?
c II A V i; N A V.
Peuli !
Quel roman ?
KEBECCA.
Celui que m'a prêté M. de Mortcmcr!
NANTYA.
Ail ! vous avez revu ce monsieur?
c H A V !•: N A V, redesren.lant.
Oui, quelquefois... le soir!
NANTYA, railleur.
Il quête toujours?...
c II AV E X A i', debout derrière le piano, près de Du Bours: qui feuillette toujours un album.
.Alais oui, les suffrages de ces dames. (Bas h Du Bour?. ) Écoute ça !
LOL'ISE, assise, à la table du milieu de face.
Eh bien, il a conquis le mien d'abord ! (Regardant son mari qui fait
des petits châteaux avec les échecs, en lui tournant le dos.) Il n'est pas pOSSible
d'être plus distingué, plus gai, mieux élevé, enfin plus charmant!
c n A V E N A V, bas, à Du Bourg.
Voilà pour Troènes.
c L E M E N C E, assise à droite de la table et prenant son ouvrage.
C'est un homme, assurément, avec lequel il n'y a pas moyen de s'ennuyer un instant!
c. H A V E N A V. même jeu, à Du Bourg.
Voilà pour moi !
UEBECCA, descf-ndant pour s'asseoir à droite, et prenant la laine de sa tapisserie.
Et quel feu dans ses yeux !..." tous les orages de la vie!...
Comme on comprend bien que cet homme ait fait des passions.
(EUe s'assied.)
Cil A V E N A Y, à Du Bourg.
Et voilà pour toi!... nous autres, vois-tu, les passions... pas moyen !
DU BOURG
Je ne peux pourtant pas enlever Rebecca.
\ANTYA, derrière les dames.
Et croyez-vous que nous verrons ce monsieur, ce soir?
CLÉMENCE
jMais oui, je pense, avec M. de Clavières et le cousin.
CFIAVENAY," regardant sa montre, à Du Bourg.
Neuf heures!... L'ennemi n'est pas loin.
DU BOURG, debout, à demi-voix.
Alors, achève et dis-moi ce que tu comptes faire avec ta curiosité.
C H A V E N A V, ('coûtant toujours.
Quand ils seront arrivés!...
DU BOURG
Tu les entends?
c II AVEN A Y, de même.
Je les flaire ! (La porte s'ouvre.) A nos pièces, Du Bourg !... vdici le camp des célibataires !