SCENE PREMIERE
BAPTISTE, JEAN, GLAVIÈRES.
Au lever du rideau, Jean est étendu sur le canapé de gauche. A gauche Baptiste, derrière, cause avec lui.
CLAVIERES, entrant, et descendant, morfondu, le nez dans son cachenez, les mains dans son paletot.
Ouh! bouh! quel froid! (sans les voir.) Et personne là-haut pour m'ouvrir chez moi!... Ici, c'est différent', toutes les portes ouvertes! Gredins de domestiques, va!
BAPTISTE
Monsieur!
CLAVIÎÎRE s.
Ah! vous voiià ici, vous, au lieu d'être chez moi!... Et il dormait, je parie!
BAPTISTE, brossant avec frénésie.
Non, monsieur; je brosse monsieur.
CLAVIERES.
Dans le salon de Mortemer!... Allons! ce feu, voyons; vite!... Une bûche, je grelotte.
BAPTISTE
Oui, monsieur.
ACTH TilOISIKMi:. 83
CLAVIÈRES, assis sur 1<» rfmnp»'- devant lo fou.
Mortcmor nVst pas levé?
IJ A P T I s T !•: , iiiettnnt uiio l,ûcho.
Je ne crois pas, monsieur, ni M. de Veaiicourtois non plus, car je ne l'ai pas entendu marcher sur ma tète.
CL AVI tu ES.
Qu'est-ce que vous faites ici. à on/,i' lieurcis du matin, au lieu de monter faire ma chandjro?
BAPTISTi:.
Je ferai oi)server :i monsieur...
CLAVliiRES.
Allons, c'est bon! En voilà assez! [tandis qun Bnj.tistp «on. Ei ça se mêle encore de raisonner!
JEAN, debout, avec importance.
Je serais désolé de voir mes opinions en désaccord avec celles
de monsieur...
C F>.\V 1 1: R ES, se n'toiirnnnt. les pincettes h la mnin.
Hein? D'oij sort-il celui-là?
■I E .\ N , continuant.
Mais j'oserai dire, pour justifier mon confrère, que Baptiste ne peut pas faire la chambn^ de monsieur?
CLAVIÈRES
Parce que?
.lEAX.
Parce qu'il y a quelqu'un lii-liaut, endormi sur le canapé de monsieur.