SCENE PREMIERE
BARANTIX, V. LMOREAU.
V A L M 0 R E A U , gaiement.
Je ne me trompe pas, comme on dit dans les comédies. :'est bien à M. Barantin que j'ai l'honneur de parler.
B ARANTIN.
A lui-même, mauvais sujet.
VALMOREAU.
Vous arrivez ?
BARAXTIN.
Et VOUS ?
VALMOREAU.
Moi, je suis ici depuis trois jours.
Moi, dppuis quinze.
VALMOREAU.
Comment ne vous ai-je pas rencontré une seule fois?
BAKANTIN.
J'habite sur la hauteur, à coté d'Étennemare, en pleine campagne, auprès d'un petit bois ravissant, et je ne suis presque pas sorti depuis mon arrivée. Je travaille beaucoup.
VALMOREAU.
Vous venez aux bains de mer pour travailler?
BARANTIN.
Non, mais je travaille partout oii je vais.
VALMOREAU.
Il faut bien se reposer, cependant.
BAR AN TIN
Si je me repose maintenant, qu'est-ce que je ferai quand je serai mort ?
VALMOREAU.
Toujours des livres sérieux concernant l'industrie, le travail, le progrès, l'économie politique?
Toujours.
Je vois ça de temps en temps sur les murs. De grandes affiches bleues; chez Didier, quai des Augustins, un gros volume, sept francs. C'est raide. Et vous êtes seul ici?
BARANTIN.
Je suis avec des amis et avec ma fille.
VALMOREAU.
Vous avez une fille ?
Do quinze ans.
VALMOREAU.
Tiens, tiens, tiens! je vous croyais garçon.