Mortemer, Antoinette
ACTI. 1 UOlSlKMi:. Ml
-MO KTKMKU.
C'est un pou vieux !
ANTUINETTi:.
Oh!... ot trop noir! — Mon dieu! .losnn.iant. jcMOus demande pardon; je suis un peu indiscrète.
Eh bien! mais tant mieux...
.VNTOINKTTK.
Et d'une impatience !.... le ne puis pas tenir en place! — Ainsi, tout k l'heure, dans cette voiture, je me disais : mais fpi'est-ce qu'elle peut faire là-haut, et j'avais une ardenlu envio de monter! .M 0 R T E .M j: h .
11 fallait le faire...
ANTOINETTE
Ah! si j'avais su vous trouver,... tout de suite!...
MORTE MER
Ah!...
ANTOINETTE
Bien que vous ne soyez pas marié... et qu'il ne soit pas permis aux dames, à ce qu'il paraît, de rendre visite au.x garçons... Je l'ai appris ce malin à mes dépens. Je parlais à ma .sœur de voir en passant monsieur de Nantya à son hôtel pour l'inviter à diner, et j'ai vu que je venais de dire une énormité. M o il T E M E r. .
Dans un hôtel , bon î mais dans une maison honnête ! (Lui montrant
le canapé à gauche.) AsSCVeZ-VOUS donC.
ANTOINETTE
C'est ce qu'il me semble... ^s'asseyant.) Et puis, un jeune homme, bon ! — Mais vous!
MORTE M E R , derrirre le canapé.
Pourquoi cette distinction?
ANTOINETTE
Je ne sais... au fait!..'^ parce qu'il me semble... et... C'est vrai, vous avez raison, j'ai dit une chose (jui n'a pas de sens!
MORTEMER
C'est peut-être qu'un homme plus jeune vous inspirerait plus de crainte?
ANTOINETTE
Quelle crainte?
Que sais-je, moi?... On craint toujours quelque chose!... Une jeune fille surtout qui sort du couvent.
ANTOINETTE
Oh ! l'on m'a appris à n'avoir peur de rien ! je n'ai peur de rien !
MORTEMER
Ah!
ANTOINETTE
Et puis! dans la rue peut-être... ces voitures m'étourdissent... et ce bruit!... Je ne sais plus où j'en suis!... Mais ici, dans une chambre, avec vous!... quel danger?... Je ne vous comprends p;îs !...
MORTEMER
Vous ne comprenez pas! (a part.) Allons donc!...
ANTOINETTE
Non! Expliquez-moi !...
MORTEMER, vivement.
Non! non! vous avez mille fois raison. — Il n'y a rien à craindre, en effet: avec moi surtout!... Et...
ANTOINETTE
Pourtant, attendez!... Il paraît, au contraire, qu'il y a des réserves sur votre compte !
MORTEMER
Ah!
ANTOINETTE
Et même, je ne suis pas fâchée de vous demander des explications à ce sujet. [EUe lul fait place près d'eUe sur le canapé.)
ACTK THOISIKMH. 413
MORTK.M i;r. . s,.s^,.v„iit '.
Voyons !
J'ai enleiulu mon friTc. l'autre jour, dire à M. I)u Boiir.L' que vous étio/. un lionime fort d. miséreux.
MOllTKMKf,.
antoim:tti:.
Attendez... j'ai trouvé cela, en effet, bien sévère... parce que je ne vois de dangereux que les gens criminels, et vous n'êtes pas
un criminel assurément.
MORTEMER
Je ne suis pas un criminel; c'est clair!
ANTOINETTE
Mais il paraît que vous êtes un roué !
il 0 II T E -M E r. .
Un roué!
ANTOINETTE
Oui... qu'est-ce que c'est que ça, un roue'*
C'est votre frère qui ?.!.
ANTOINETTE
Qui le disait, oui !... Et comme je vous aime beaucoup et que je ne veux pas avoir d'arrière-pensée sur les personnes que j'aime...
Vous voulez savoir?
ANTOINETTE
Oui.
MORTEMER
Eh bien ! mais un roué .'... c'est un homme aimablf !