NA> T YA
Mais cet enfant saura bien...
ClIAVEXAY, l'arrêtant.
Pardon!... ceci nous regarde!... (à Mortemer, npr.'-s avoir fait passer
x.uitya à sa gauche.) Nous dircz-vous au moins pourquoi ce singulier refus.
Pourquoi?...
Oui!
MORTE M ER
Ah! c'est vrai!... Il faut bien vous le dire!... [Avec explosion., Eh bien, je ne veux pas! Je ne peux pas me battre, parce que...
XANTYA, entre ses deux téinoiiis, achevant pour lui.
Vous avez peur!...
MORTEMER, prêt à lui ouvrir ses bras.
Peur?... oui, j'ai peur... (De même, car je suis...
XANTYA, de même, malgré les elTorts de ses témoins pour le contenir.
Car vous êtes lâche avec les femmes, et lâche avec les hommes !...
M O R T E M E R , épouvanté.
Ah! mon Dieu, il ne me laissera pas lui dire...
jN'AXTYA, avec une colère croissante, de mùiue.
Ah! Pour vous décider à vous battre, il faut donc vous crier ce que je pense de vous ; et vous jeter à la face mon mépris et ma haine?
MORTEJIER, à Clavières, désespéré.
Ah! faites-le taire!... Qu'il se taise!
NANTYA, malgré les efforts de Chavenay pour le faire taire.
Un roué, capable d'attirer ici pour la séLluire...
MORTE MER
Oh! sur mon honneur! ce n'est pas vrai!
NANTYA , éclatant de rire et se dégageant de ses témoins .
Ah! ah! son honneur!... L'honneur de cet homme qui s'est fait toute sa vie un jeu de celui des autres!... L'honneur d'un JMortemer !
M 0 R T E M E R, frappé au cœur.
Ah!... c'est bien assez!... Je vous jure que c'est assez!
NANTYA.
Vous vous battrez donc, enfin?
MORTE MER, égaré.
Si je... non!... Ah! je ne sais plus!... Et moi qui allais lui
dire!... (Le regardant avec effroi.) Et VOilà CC qu'il pCIlSe de lUOi!...
mais c'est horrible, cela!... c'est horrible!
CHAVENAY.
Enfin, répondez donc, monsieur... refusez-vous toujours de nous rendre raison?
MORTE MER, brisé.
Je refuse, oui !
CLAVIÈRES
Quoi?
1. Veaucourtoi^, Clavières, Mortemer, C'iiavena}-, Du Bourg, Nautya.
ACTK OLATi;! IIMI- 445
Ati! laisse-moi, toi!... Mon Dieu, qu'on me laisse!...
(LA VI ÈRES
Mais explique-nous...
MORTEJIER, tombant désespéré sur 1'; canapé de (gauche.
C'est un enfant!... Je n'ai rien entendu!... Emmenez-le!... Hmmenez cet enfant!... Emmenez-le!... (sîience, musique, les témoins se
regardent avec stupeur, puis Chavenay se tourne vers Nantyn.) CHA VENAV.
Il ne nous reste plus qu'à nous retirer!... (chavenay .-t uu Bourg
remontent lentement, emmenant Nantya.)
NANTVA, après quelques p^s, se retournant, pâle et frémissant de colère contenue , vers Mortemer assis et qui se cache le visage.
Ainsi!... C'est bien résolu. Vous refusez encore?
MORTEMER, anéantu
Vous voyez bien que je ne veux pas répondre!... Par charité, aissez-moi !...
.NA.NTYA, éclatant.
Et je VOUS jure. moi... que je saurai bien vous forcer à vous
battre!... (Il lève la main pour le souffleter.)
MORTEMER, debout, l'arrêtant de la main et du geste.
Oli! malheureux!... malheureux enfant! (avec douieur.J Pas cela,
au moins!... Pas cela !... (Xantya le regarde, comme foudroyé par son regard, et se laisse entraîner par Chavenay et Du Bourg.,
CLAVIÈRES, à Mortemer.
Quoi, lu le laisses?
MORT i: MER. chancelant et balbutiant.
Pour Dieu, faites-le paiiirl... Qu'il s'en aille!... Je ne vois plus!... J'étouffe!... Qu'il parte! J'étouffe! ;ii retombe assis. ,
CLAViiùRES, lui montrant Nantya sur le seuil de la porte.
Mais lu n'as donc pas vu?... mais il t'a...
146 LES VIEUX GAUÇONS.
MORTEMER, à demi- voix.
Ah! mallitHireux fou!... Tais-toi donc!... C'est mon fils!..
CLAVIERES, saisi.
Ton fils!... oh!... (Il fait signe aux témoins d'emmener Nantya.) MORTEMER.
Ah! Seigneur Dieu! Le voilà le châtiment!... le voilà!... (Latoiie
tombe.)
FIN l^L' QLAlKJE.Mt ACTE.